La staracadémisation de notre chanson

Dimanche soir, j’ai assisté impuissant au couronnement de Maxime Landry et de Marie Mai au Panthéon de la musique québécoise sur les ondes de notre télé publique.

Je ne vous ferai pas un rapport détaillé des bons et, surtout, des mauvais moments de cette soirée, mon excellente collègue Cécile Gladel en a parlé hier et il y a assez de talentueux journalistes télés qui l’ont fait avec brio dans vos médias préférés.

Sachez seulement que plusieurs fois je me suis demandé si TVA n’avait pas pris le contrôle de mon téléviseur… Mais non, j’avais bel et bien syntonisé Radio-Canada.

Sur mon petit écran, il n’y avait pas beaucoup de ces musiciens colorés qui font le charme et l’exception de la musique métissée contemporaine. Il n’y avait pas non plus de ces groupes et de ces chanteurs québécois qui rayonnent dans le monde entier mais qui ne chantent pas dans la langue de Michel Tremblay (Arcade Fire, Patrick Watson, Socalled,…). N’en déplaise aux auditeurs de FM 93 de Québec, il y a quand même eu un mini hommage à Lhasa de Sela. Mais sinon, il y avait surtout du bon beau blanc pure laine. C’était une sorte de gala folklorique aseptisé, pour ne pas dire stérilisé, à la sauce consensus où l’on a entendu plus de gags que de musique.

Sur Twitter, on ne se privait pas de critiquer le gala, ses couacs et ses gagnants. Ce qui n’a pas plus à @CloutierV qui a lâché un «Pus capable de voir des gens qui aiment des artistes moins "populaires" vomir sur les choix du public»

Votre serviteur a répliqué en 140 caractères : «Les prix, ça devrait souligner l’exception… Son prix, le public le donne en achetant le disque ou en allant au show»

@CloutierV m’a gentiment répondu : «C’est un bon point. Mais le gala doit attirer le public avec des vedettes s’il veut offrir une vitrine aux moins connus.»

Il n’y avait pas grand monde dans cette «vitrine aux moins connus» à part Bernard Adamus qui a raflé le prix de la révélation de l’année devant… Maxime-le-staracadémicien-Landry et Marc-opéra-Hervieux, deux poids lourds de la révélation commerciale.

Notez que les millions de téléspectateurs qui ont pu découvrir Adamus auront dû le juger sur sa chemise et non sur ses chansons. Ce qui est, avouons-le, un comble pour un gala de musique.

Chronique publiée sur BRANCHEZ-VOUS!

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A propos Pascal Henrard

Homme de mots. Auteur (HURTUBISE, ISATIS, PHOENIX). Chroniqueur (HUFFINGTON POST). Blogueur et collaborateur (URBANIA). Concepteur-rédacteur. Blogue-trotteur. Franco-fun. Vous trouverez ici les traces de mes divers écrits et contributions.
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