Depuis janvier, un printemps bourré d’attentes explose dans les grandes villes de la planète. Des hommes et des femmes indignés se mobilisent contre les injustices, la pollution, la corruption, les grandes corporations, la guerre, la flambée des prix, la police, les politiciens, name it…
Elles sont en effet loin, les révolutions d’octobre, les révoltes populaires qui ont bouté les monarchies hors du trône, les manifestations contre la guerre froide, les émeutes anti-missiles nucléaires, les mouvements contre le capitalisme sauvage… Mai 1968 n’aura pas changé grand-chose. La révolution tranquille aura été plus tranquille que révolutionnaire. Même la révolution sexuelle a rangé sa liberté dans un tiroir entre son dildo et ses boules chinoises.
Aujourd’hui, l’espoir a quitté le camp des désespérés.
Depuis trop longtemps les puissants mènent le monde où bon leur semble. Pour leur plus grand profit et celui de leurs comptes en banque. Ce sont eux, les plus riches parmi les riches, qui payent nos dirigeants. Il ne faut donc pas s’étonner que nos dirigeants, en bons chauffeurs de taxi, conduisent leurs clients les deux mains sur le volant là où ils désirent aller.
Des jeunes désœuvrés à travers le monde profitent de l’occasion et de l’été pour se lever afin d’exprimer, souvent maladroitement, leur ras-le-bol d’un futur sans avenir. C’est la seule façon qu’ils ont trouvée pour se faire entendre, se faire remarquer et, qui sait, se faire comprendre.
Difficile de dire si des cendres de Londres, des cadavres de Syrie, des élans de Madrid ou des protestations chinoises fleurira un meilleur avenir pour chacun. Mais ce n’est pas en restant assis que quelque chose peut arriver.
Et pendant que le monde se mobilise, le Québec s’immobilise devant des ministres plus friables qu’un bloc de béton.