On en a trop. Trop de choix, trop de films sur les écrans, trop de livres dans les bibliothèques, trop de disques dans les bacs, trop de concerts dans les salles, trop de spectacles à l’affiche, trop de chanteurs dans le top 10, trop de sites web à visiter, trop de projets à réaliser, trop de sorties, trop d’invitations, trop de destinations vacances, trop de chaînes de télé, trop de radios, trop de tout.
Trop, c’est comme pas assez. Ne vous est-il jamais arrivé de rester figé devant l’inventaire des possibles? D’être paralysé face à la multitude des options? On a dépassé depuis des lustres le stade du plan B, nous en sommes au plan T, U, V ou même au plan W…
Trop d’analystes, trop de spécialistes, trop d’éditorialistes, trop de columnistes, trop d’experts, trop de critiques. Pas assez d’idées.
Trop de jolies filles, trop de petites robes à fleurs, trop de jambes longues et lisses, trop décolletés pigeonnants, trop de désirs, trop d’envies. Pas étonnant que tant de couples éclatent. On passe sa vie à se demander si on a fait le bon choix.
Trop de jouets qu’on ne joue avec aucun. Trop de cadeaux qu’on ne sait plus dire merci. Trop de plats du jour qu’on mange toujours les mêmes poutines.
Il fut un temps où l’on mangeait tous les jours la même chose, quand on mangeait. Il n’y avait que les dimanches et les jours de fête qu’on avait droit à un morceau de viande avariée ou un bout de fruit pourri.
Aujourd’hui, même le dimanche ressemble à un lundi avec sa kyrielle de choix à faire. Pas étonnant qu’on déprime tous les jours de la semaine comme si c’était des lundis.
Il fut une époque où il n’y avait qu’un réseau de télévision, on le regardait religieusement en famille; qu’un seul plat du jour, on le commandait les yeux fermés; qu’un seul film en salle, c’était une fête d’aller au cinéma; qu’une seule jolie fille à marier, on l’épousait pour la vie.
Aujourd’hui, on a l’embarras des choix. Pourtant on ne devrait jamais vivre dans l’embarras.
Pendant ce temps, des milliards de personnes dans des centaines de pays n’ont pas le choix.
(Publié en juin 2008 dans le blogue d’opinion de BRANCHEZ-VOUS.com)