Vous m’excuserez. Je ne vous ai pas donné de nouvelles pendant deux semaines. J’étais en vacances. En voyage. Loin. Mais je vous ai envoyé des cartes postales.
Comment? Vous ne les avez pas encore reçues? Le petit mot personnalisé que j’avais griffonné à l’endos d’une belle image ensoleillée d’un paysage paradisiaque ne vous est pas encore parvenu? Le petit carton rectangulaire coloré au recto avec un timbre à l’effigie d’un roi que vous ne connaissiez pas et votre adresse proprement calligraphiée au verso n’est pas encore arrivé dans votre boîte?
Ça ne saurait tarder.
Ça prend toujours un peu de temps.
Il a fallu trouver des timbres. Denrée rare. Puis une boîte aux lettres. À l’heure d’Internet et l’ère des statuts instantanés sur Facebook ou sur Twitter, ça peut paraître suranné, ringard, un brin banal et, surtout, terriblement lent.
Mais quel charme. Vous ne trouvez pas?
Et puis la carte avait été choisie avec soin rien que pour vous. Je l’avais écrite à l’ombre des oliviers, sur la table bancale d’un petit café que les chats du quartier avaient envahi.
Contrairement aux statuts Facebook ou aux SMS, la carte postale peut se coller sur le frigo, s’afficher longtemps sur le piano, se glisser entre les pages d’un livre, comme une promesse de voyage, un gage d’amitié éternelle.
Dans quelques années, rangée dans une vieille boîte à chaussures, au milieu de ses congénères parvenus des quatre coins du monde (qui n’a pas de coins, je sais, puisqu’il est rond), ma carte postale fera sans doute rêver vos enfants. Qui sait, ils suivront peut-être mes traces, iront à la découverte de pays lointains et de traditions séculaires et écriront des cartes postales à leurs amis qui les recevront des semaines après leur retour.
Plogue:
Si vous ne pouvez pas attendre une carte postale pour avoir de mes nouvelles, vous pouvez passer me faire un petit coucou au Salon du livre de Montréal, je serai encore tous les jours jusque lundi au kiosque Hurtubise.
Chronique publiée dans Branchez-vous