Les récentes mésaventures de Pauline Marois soulèvent pour certains la question du sexe de la chef (cheffe ? cheftaine?) du Parti Québécois. Et n’y voyez rien de grivois.
Les féministes les plus engagées voient dans la déconfiture de Madame Marois du sexisme primaire. Les plus enragées, celles qui s’élèvent à chaque fois que quelqu’un lui fait des reproches, que ce soit justifié ou non, accusent les critiques de sexisme hostile. Et les plus modérés appellent ça du sexisme bienveillant…
Ce sexisme est certainement le plus vicieux, et je vous copie/colle ici la définition de la sexologue Jocelyne Robert qui le décrit bien : « sur un ton positif, voire affectueux et admiratif et sous des airs d’ouverture séduisante, il confine les femmes au terrain de jeu qui leur a été traditionnellement dévolu. Elles peuvent flirter un peu avec le monde du pouvoir mais pas trop près des sommets quand même… »
Oui, mais si Pauline avait été rousse? Si elle s’appelait Paul? Si elle était un homme noir? Un handicapé? Un aveugle?
Est-ce que les gens qui la trouvent incompétente seraient des roussophobes? Des racistes? Est-ce que les critiqueurs feraient tous du Paulisme?
Les choses ne sont pas aussi simples qu’un débat entre les vilains hommes et les gentilles femmes. La déconfiture du PQ ne se résume pas à une guerre des sexes.
Force est de constater que les membres du PQ sont certainement, du moins à priori, les plus ouverts de tous les membres en règle de partis politiques au pays. Ils ont nommé à leur tête un gai, rappelez-vous. Il n’a pas fait long feu. Mais il avait été plébiscité par la majorité des péquistes. Ils ont ensuite élu une femme de tête avec beaucoup d’expérience.
Mais puisque c’est une femme, certains estiment qu’on n’a pas le droit de dire qu’elle ressemble à la Castafiore ou qu’elle s’habille comme un ensemble fauteuils de chez Léon sous peine de se faire traiter de sexiste. Alors qu’on traite bien Charest de mouton insignifiant, Harper de Playmobil en Téflon et Legault de girouette ambitieuse. Mais il est vrai que ces trois-là sont des hommes tout ce qu’il y a de plus trivial.
Hier, Pauline Marois a repris du poil de la bête et a mis son parti en mode attaque. Mais n’allez pas croire que je vais la critiquer… je ne voudrais pas passer pour un sexiste.
Notez que si Pauline s’appelait Paulette, ça ne serait pas très différent. Mais ce serait plus rigolo.
Texte publié dans Branchez-vous!