Scott Gomez a marqué! Après 60 matchs sans un seul petit but, le millionnaire payé à ne rien faire vient enfin de scorer. Ce qui fait, si je compte bien, un but qui vaut au salaire annuel de 7,3 millions, attendez que je sorte ma calculette…
Ça ne vaut même plus la peine de compter, je voulais dire de calculer. Parce qu’on compte tous sur Gomez pour qu’il continuer à compter. Je sais, ça fait beaucoup de cons dans la même phrase.
L’attaquant moins productif qu’un col bleu de la ville de Montréal au travail a enfin mis fin à une longue léthargie. Telle la marmotte, Scott est sorti de son trou. Et s’il n’a pas vu son ombre ni celle d’un doute, il a profité d’un avantage numérique pour lancer de toute ces forces la rondelle dans les buts de Nabokov, Evgeni de son prénom, à ne pas confondre avec Vladimir, célèbre écrivain américain, né en Russie, mais peu connu des amateurs de hockey.
Honnis pas plus tard qu’il y a quelques heures, moqué sur toutes les tribunes, la honte des réseaux sociaux, le mal-aimé des estrades, l’objet de toutes les railleries des partisans du Canadien a réussi à effacer la triste ardoise qu’il traînait derrière lui grâce à un microscopique petit but à côté des trois qu’a enfilé Max Pacioretty. Malheureusement pour ce dernier, c’est le tir de Gomez dont on se souviendra.
Les Islanders ont failli jeter tous les espoirs d’une nation au filet lorsqu’ils ont marqué deux fois dans les trois dernières minutes de la partie. Heureusement pour l’honneur de Gomez et la gloire des Glorieux, ils se sont arrêtés à deux.
Avant-hier, Gomez valait moins que rien, à 7,3 millions par an, je le rappelle. Hier, les fidèles partisans priaient pour qu’un miracle arrive. Aujourd’hui le maudit est un Sauveur. Demain, s’il en met un autre, gageons qu’on se convertira tous à lui.
Ainsi soit-il dans le monde merveilleux du hockey.
Texte publié dans BRANCHEZ-VOUS.