Aujourd’hui, c’est la rentrée à l’Assemblée Nationale. C’est aussi la St-Valentin. Il n’y a aucun lien entre ces deux événements. Même que ce serait plutôt le contraire.
Vous ne trouvez pas qu’ils ont la belle vie, nos députés ? Alors que ça fait plus d’un mois que, vous et moi, nous sommes tous rentrés au boulot, eux, ils reprennent seulement aujourd’hui le chemin des écoliers. Et ce n’est pas parce que c’est aussi la fête des amoureux qu’ils vont se chanter mutuellement la pomme. Ils risquent plutôt de s’envoyer des tomates.
Il plane à Québec comme un parfum préélectoral. Une odeur nauséabonde de coups bas. Les partis en présence sont sur le point de se jeter dans l’arène. C’est une question de jours, d’heures, de minutes peut-être. Jean Charest a annoncé jeudi qu’il y aura des élections quand «ce sera dans l’intérêt des Québécois». Il joue avec nos nerfs, quand ce n’est pas avec nos pieds, savourant le pouvoir qu’il a de décider quel sera le meilleur jour pour lui de lancer des élections.
Ce pouvoir de déclencher des élections est une honte à la démocratie. Ce n’est pas l’avenir de la province qui dirige le choix de la date du scrutin. Ce n’est pas le bien des citoyens qui fait qu’un premier ministre décide qu’il y aura ou non des élections. C’est les chances que le parti au pouvoir a de se faire réélire. Point.
PLQ, PQ, CAQ, QS… les protagonistes n’ont pas grand chose en commun, à part le Q. Ils ne se priveront pas pour nous en parler, du Q, et nous faire les yeux doux afin qu’on vote pour eux.
Les électeurs ont le choix, presque l’embarras, pour donner un gros coup de pied bien placé au gouvernement Charest. Le PQ enfin réunifié autour de Pauline Marois qui rêve du bout des lèvres d’indépendance, alors que par ces temps de grande noirceur où le Canada sombre dans le délire ultra-conservateur c’est bien la seule issue lumineuse. La CAQ et son programme qui se résume en un seul mot «changement», mais dont on ne sait pas trop dans quel sens il va. Québec Solidaire qui veut remettre le citoyen au centre des préoccupations du Québec et rétablir la justice sociale, l’éthique, la générosité et l’intégrité, des sentiments depuis longtemps mis de côté au profit… du profit.
On aimerait beaucoup que l’amour soit au programme et que la Saint-Valentin devienne un jour de congé officiel. Mais nos chers politiciens ont bien d’autres préoccupations. N’allez pas imaginer qu’ils vont mettre les sentiments à l’ordre du jour alors que c’est l’économie qui les met en pâmoison.
En attendant la date fatidique où nous pourrons nous exprimer pour renvoyer ceux-ci passer quelques années à Sagard et mettre ceux-là sur les bancs du pouvoir, je vous souhaite une belle fête des amoureux. Que vous soyez seul ou que vous soyez deux, la vie vaut la peine qu’on soit amoureux d’elle.
Texte publié dans Branchez-vous.