Fine poutine

Sur l’itinéraire gourmand des routes de l’été, à la découverte des saveurs cachées du terroir québécois, le fin gourmet reste souvent sur sa faim.

Vous avez, comme moi, fait l’expérience de ces restaurants typiques qui longent les routes bucoliques de nos campagnes ou égayent les centres villes moribonds de nos régions.

Au menu, les mets canadiens côtoient les plats grecs et italiens, parfois ils font même bon ménage avec la cuisine chinoise. Avez-vous déjà essayé d’imaginer la tête du chef qui concocte tous ces bons petits plats? Où a-t-il appris l’art de la lasagne, du souvlaki et de la pizza toute garnie? Auprès de quel chef réputé a-t-il appris en même temps les rudiments du poulet Général Tao et de la salade César?

Avez-vous remarqué les noms évocateurs des grands espaces canadiens comme « La terrasse grecque, pizza, poutine ». « Le roi du souvlaki, spécialité de lasagne », « Buffet chinois, cuisine canadienne » qui attendent le voyageurs affamé à l’heure du dîner?

Pas de surprise pour le convive qui traverse la Belle Province du Nord au Sud et d’Est en Ouest. Le pain Pom emballé individuellement dans sa petite capote protectrice en plastique est la norme de Cowansville à Chicoutimi en passant par Drummondville et Gatineau. Et quoiqu’il arrive, il y aura toujours un hot dog ou un hamburger pour rassasier ceux qui ne veulent pas tenter l’aventure des mets exotiques.

Le plus amusant dans ce voyage au pays des papilles gustatives, c’est que si vous voulez manger des produits du terroir québécois, il faut que vous alliez à Montréal.

J’ai longtemps hésité entre la lasagne du chef et la pizza croûte épaisse. Finalement j’ai pris le surprenant steak pétillant (authentique). Il a pété longtemps dans mon estomac.

Billet publié sur BRANCHEZ-VOUS.com!

En liberté surveillée

Depuis une semaine, je suis à Los Angeles. Depuis sept jours, je constate que le concept de liberté si cher aux États-Uniens et aussi subtil que la recette du Cheese Burger de chez Pantry sur South Figueroa Street downtown L.A.

La statue de la liberté doit bien se hérisser le poil de la couronne en voyant ce que nos voisins du Sud on fait d’elle.

La liberté s’exerce sous haute surveillance, et pas qu’en Californie. Pas un faux pas n’est toléré. Pas une dérogation n’est permise. Il vous faut respecter le, ou plutôt les règlements au pied de la lettre.

Interdiction de fumer. Pas seulement à l’intérieur, mais aussi à l’extérieur. En tout cas pas dans l’enceinte officielle.

Interdiction de boire et de faire le party après minuit. On ne parle pas ici d’un party privé dans un quartier résidentiel, mais d’une fête hautement organisée par les autorités dans… le quartier consacré aux fêtes et aux spectacles de la ville qui se prétend le haut lieu du plaisir et du divertissement (C’est, je le rappelle, à Los Angeles, et non pas St-Louis ou Cincinnati que ça se passait).

Interdiction de s’arrêter quand vous marchez. Il faut dire que c’était à proximité d’un attroupement organisé par un service d’ordre pour accueillir les vedettes d’un film de vampires.

Interdiction de photographier les photographes qui attendent de photographier les vedettes sus-mentionnées qui se font attendre.

Interdiction de s’asseoir sur le bloc de béton qui décore la place. Pire… Interdiction de monter dessus pour essayer d’apercevoir Robert Pattison qui passe dans le coin.

Interdiction de demander le 2 pour 1 annoncé à l’entrée du bar. De toute façon, on s’étonne que vous commandiez de l’alcool à l’heure de l’apéro…

Partout on nous rappelle que la première valeur de l’Amérique, c’est la liberté. Partout, on nous rappelle aussi qu’elle est limitée. Et personne ne s’étonne.

(billet publié sur BRANCHEZ-VOUS.com)

On ne voudrait pas y vivre…

… alors pourquoi y travaille-t-on? Je parle de ces centres villes remplis de tours à bureau.

C’est une des particularité typiquement nord-américaine quoique le monde entier semble vouloir l’imiter.

Les centres villes se vident à 5 heures. Les gens quittent les bureaux, les autoroutes se bouchent, les ponts se bloquent, les files de voitures « avec pas » de passagers s’allongent, et les gens s’impatientent de rentrer dans leur petit paradis entouré de lumière et de verdure.

Si ce petit paradis est si important dans nos vies, pourquoi est-il si loin? Pourquoi le quitter si tôt le matin pour l’enfer des transports pas assez en commun et la tristesse de la moquette brune? Car l’environnement en lieu de travail est aussi navrant que les quartiers où il s’exerce.

Je vous écris de Los-Angeles, Downtown. La ville du rêve américain. J’ai traversé des quartiers où les oiseaux chantaient, des quartiers fleuris, des quartiers au bord de mer, des quartiers nonchalants et des quartiers fébriles, des quartiers riches et des quartiers pauvres. Et je suis arrivé dans le quartier des affaires, celui des immeubles de verres et de béton qui se dressent les uns contre les autres. La foule du soir a pris la place de celle du jour. Mais les deux s’en iront dormir dans leurs banlieues confortables et leurs quartiers accueillants.

Vous allez dire que chez vous, c’est pas pareil. C’est pas vrai. C’est pareil. Même à Québec, le centre ville a été défiguré par une autoroute qui lui rentre dedans et quelques immeubles sans âme et sans architecture. Même à Montréal, le centre ville est déserté de ses habitants. Et ce ne sont pas les hordes d’étudiants qui le squattent qui lui donnent une vie de quartier.

On a inventé les congés payés, la semaine de 40 heures, les portes automatiques et la toilette qui flushe toute seule, on peut maintenant créer des lieux de travail où il fait bon vivre, des quartiers des affaires où il y a une vie de quartier, des centres villes qui redeviennent le centre d’intérêt.

(publié dans le blogue d’opinion de BRANCHEZ-VOUS.com)

C’est du foot, un point c’est tout

Je profite de ce dimanche dominical, veille de l’entrée en matière de mon elftal préférée, celle qui est complètement orange, pour vous entretenir d’un sujet qui m’est cher : la langue. Vous allez me dire que la langue ne sert pas à grand-chose si on veut gagner la Coupe du monde 2010, sauf dans les gradins quand elle pousse des cris d’encouragement et chante « alleï, alleï, alleï,… » Lire la suite « C’est du foot, un point c’est tout »