Ne me critiquez pas

La critique est aisée, mais l’art est difficile. C’est du moins ce que disent ceux qui se prennent pour des artistes.


Il y a peu, un film pour un public très large, pour ne pas dire extra large, un film que je ne nommerai pas pour ne pas lui faire ombrage et qui rassemble sans surprise une brochette gagnante de comédiens surexposés, bref un film dont tout le monde a entendu parler parce que c’est l’été et qu’il n’y a rien à la télé a été lancé avec l’habituelle orgie de promotions, de tapis rouges, de tapage publicitaire, d’entrevues télé, de sourires caméras, de poses lascives pour les photographes et autres complaisants communiqués de presse copiés/collés à qui mieux mieux dans les journaux populaires.

Je n’ai pas vu le film dont il est question, je ne vous dirai donc pas qu’il est mauvais ou qu’il aurait mieux fait d’avoir été réalisé par un réalisateur plutôt que par un humoriste. Ce serait pure malhonnêteté intellectuelle, ce que j’abhorre, vous le savez.

Mais je peux vous dire que j’ai lu toutes les critiques le concernant. Et il faut être courageux pour être critique. Car si le monde est petit, le Québec n’est pas grand et la planète artistique qui le peuple est microscopique. Tout le monde connaît tout le monde dans l’autobus du showbusiness. Tout le monde parle de tout le monde. Et tout le monde aime tout le monde. Sauf les critiques. Et quand ceux-ci, qui n’en sont quand même pas à leurs premiers visionnements de film, ont le malheur de poser un regard sévère sur certains aspects de l’œuvre de la vedette X ou de la star Y, la communauté «artistique» tricoté serrée resserre les rangs pour vilipender le vilain qui a osé la critiquer (dont c’est quand même, je le rappelle, le métier).

Les «artistes» ont la sensibilité à fleur de peau. Ils n’aiment pas que la critique les malmène. Ils préfèrent s’en remettre au jugement du public qui lui, quand il doit dépenser 15 $ pour se cultiver, sait faire la différence entre un navet et un bijou.

Moi même, je me prends des fois pour un artiste. Je vous demanderai donc de ne pas me critiquer sinon vous me verrez dans l’obligation de vous traiter de « cave ».

Chronique publiée sur BRANCHEZ-VOUS.com!

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