Le paradis, pardi!

Je vis sur une île entourée d’eau. En ces temps d’automne qui recommence sa ronde et d’hiver qui prend son élan, on pourrait penser que c’est le paradis.

Mais sur mon île, il n’y a pas de palmiers, sauf dans les couloirs des centres d’achat. L’eau est loin, souvent inaccessible, pas vraiment bleue, pas vraiment propre et surtout jamais assez chaude. Sur mon île, il n’y a pas de sable ailleurs que dans les parcs pour les enfants, le béton est armé et l’asphalte coule à flot. À la place des plages, il y a des autoroutes. Et sur les rives bucoliques, des tours, des usines et des terrains vagues. Lire la suite

Les Québécois sont des Flamands

Quand j’ai quitté ma Belgique natale et que je suis arrivé la première fois à l’aéroport international de Montréal, un soir de tempête de neige du siècle dernier, j’avais en tête tous les clichés : la cabane, les tabernacles, les castors, la police montée, le blizzard comme dans Lucky Luke, les trappeurs et les chemises à carreaux.

J’avais laissé derrière moi Bruxelles, les moules, les frites et la tendre guerre entre les Flamands et les Wallons, pour venir m’installer au Canada, terre de vos aïeux, des grands espaces, de la charte des droits et libertés et des casques bleus. Je ne m’attendais certainement pas à vivre une réplique du complexe conflit linguistique belge qui me donnait envie, chaque matin, de jeter mon radio-réveil par la fenêtre. Lire la suite