Guerre et paix

 

C’est aujourd’hui et demain que se réunissent à Lisbonne les pays membres de l’OTAN, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, l’alliance armée des pays dits occidentaux. On y parlera de nos bons soldats en Afghanistan. Mais aussi d’un nouveau concept stratégique…

Je sais, le sujet est loin de nos préoccupations quotidiennes, les parcomètres sur le Plateau, un aréna à Québec, les pirouettes de sa majesté de Laval, le mariage du Prince Chose, le prix de l’essence,… Mais l’avenir de l’OTAN devrait nous intéresser au moins autant que celui de Pinnochio Charest.

Les membres de l’OTAN, dont le Canada fait partie, vont en effet profiter de la séance de Lisbonne pour adopter, entre la morue et le Porto, un nouveau concept stratégique qui remet fondamentalement en cause les termes originaux du traité adopté en 1949. Rappelez-vous vos cours d’histoire et, pour les plus vieux d’entre vous, rassemblez vos souvenirs. Au sortir de la deuxième horreur mondiale, les pays bordant l’Atlantique Nord qui avaient fait cause commune contre l’abjecte dérive totalitaire avaient décidé à l’époque de créer une alliance qui avait pour objectif la défense mutuelle et, accessoirement, la vente de Coca Cola et de culture américaine.

Le temps a passé, la guerre froide a fondu comme neige au soleil, le rideau de fer s’est ouvert, les ennemis d’hier sont devenus les partenaires économiques d’aujourd’hui et les terroristes d’aujourd’hui sont la cible de nos offensives commerciales de demain…

Selon son nouveau concept, l’Alliance ne sera plus un bouclier militaire en charge de protéger ses membres dans un espace défini face à une menace rouge. L’OTAN deviendra le bras armé au service des intérêts de ses membres partout où ils pourraient être menacés. La nuance est importante.

Si je comprends bien, mais je ne suis pas un expert, l’OTAN s’autoproclame superflic de la planète avec la bénédiction de Stephen Harper qui va pouvoir acheter encore plus d’avions de chasse, de chars d’assauts, de fusils mitrailleurs, de canons et de beignes pour nourrir ses troupes. Ce nouveau rôle semble en contradiction avec la Charte des Nations Unies et le droit international. Mais vous ne voulez quand même pas qu’on aille manifester notre désaccord dans les rues?

On n’a donc pas fini d’entendre parler de soldats, de célébrer la bravoure de nos troupes, de raviver la flamme du souvenir, de planter des coquelicots et d’encourager nos jeunes à s’engager dans une carrière formidable où ils vont pouvoir faire du bateau, sauter en parachute, voyager en hélicoptère et, en passant, mitrailler des populations d’infidèles et de barbares qui ne connaissent même pas l’existence du hockey…

Chronique publiée suer BRANCHEZ-VOUS.com

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