Le québécois est-il du français?

Les mots se ressemblent. La grammaire devrait être la même. Le vocabulaire diffère parfois et les expressions n’ont pas toujours le même sens. À l’origine, la parlure était commune. Mais peut-on dire aujourd’hui que le québécois et le français sont une seule et même langue?
Ah le vilain chroniqueur qui soulève l’épineuse question de la qualité de la langue…

Dimanche soir, j’ai créé bien malgré moi une petite controverse et quelques émois qui ont failli partir un débat en disant que, s’il écrivait en français, Michel Tremblay aurait plus de succès… en France. Mais le débat n’a pas eu lieu.

Sur Twitter, Dany Turcotte qui a la mèche courte a été un des premiers à exploser en me demandant, et je cite, plus de respect…

Le célèbre faire-valoir de Guy A. Lepage à l’émission Tout le monde en parle ne s’est pas posé la question de savoir ce que je voulais dire lorsque j’ai écrit; « Michel Tremblay aurait sans doute plus de succès en France s’il écrivait en français ». Il n’a pas voulu élargir le débat sur une réflexion concernant l’exportation de la culture locale, l’identité linguistique et l’ouverture aux autres. Il n’a pas cru bon de reconnaître que la langue de l’auteur de « La Grosse femme d’à côté est enceinte » est du joual de Montréal difficilement compréhensible pour un lecteur néophyte, surtout s’il a appris à lire à l’ombre de la Sorbonne.

Pour Turcotte, Tremblay écrit en français, that’s it, that’s all.

C’est un peu court jeune homme.

Le journaliste Louis-Bernard Robitaille, invité de la célèbre émission dominicale, notait que Michel Tremblay avait plus de succès traduit à l’étranger qu’en version originale à Paris. Le public a fait ôôôôô, mais la discussion a badiné vers d’autres propos. Si Tremblay a plus de succès en italien ou en suédois que dans sa version originale, ce n’est pas seulement parce que les lecteurs français sont snobs. C’est peut-être aussi et surtout parce que le texte de Tremblay ne les rejoint pas.

Il n’y a pas de raisons de s’en offusquer.

C’est pourtant simple à comprendre. Dans les librairies parisiennes, les lecteurs ne comprennent pas le sabir de Tremblay. Celui-ci utilise des mots que les Français ne connaissent pas, il écrit d’une façon certes colorée, mais que seuls les initiés et les habitants de la Belle Province entendent.

Ne demandez pas à un Québécois d’apprécier un livre écrit en wallon, en occitan ou même en verlan. Pourquoi alors se scandaliser des Français qui ne lisent pas le joual?

Il semble pourtant que lorsqu’on veut ouvrir le débat sur l’exportabilité de la culture québécoise on risque l’opprobre publique avant même d’avoir eu le temps de sortir un argument.

Au moins on s’entend tous sur le succès de Céline, du Cirque du Soleil, de Robert Lepage ou de Pascale Picard. Ceux-là ont transcendé leur québécitude pour percer le marché mondial. Ils se sont fait un nom dans le monde, comme d’autres Québécois reconnus sur la scène internationale mais trop souvent absents de la couverture pure laine de nos médias tricotés serrés, je pense encore ici à Patrick Watson, Socalled, Arcade Fire,…

Ajout mardi 16.11.10, 22 h 51. M. Tremblay, un de nos lecteurs, nous a envoyé ce message : « Je constate que vous ne maîtrisez pas bien l’orthographe de Français (qui désigne la personne originaire de France) et le français qui est sa langue. On doit donc écrire, le Français parle français. Le Québécois parle québécois. »
Nous avons donc apporté les corrections aux erreurs que son œil de lynx a notées. Merci.

Chronique publiée sur BRANCHEZ-VOUS.com

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