Le brutes

D’habitude, je n’aime pas trop la police, sauf à la télé dans la peau de Claude Legault. Tout ce qui porte un uniforme me donne en général de l’urticaire et en particulier la fâcheuse envie de lui ramollir la matraque. Mais hier, lors de la manifestation anti-brutalité policière, c’est du côté des forces constabulaire que pour une fois mon cœur a penché.

Était-ce la fatigue d’un hiver trop long? La morsure du temps aurait-elle ramolli le contestataire qui sommeillait autrefois en moi d’un œil rebelle? La raison conservatrice l’aurait-elle emporté sur la passion vindicative? La bière prise plus tôt en terrasse sous les rayons d’un printemps timide aurait-elle anesthésié mes ardeurs manifestives?

Toujours est-il que la vision de ces hordes de mécontents sans arguments, parfois cagoulés de noir souvent enroués, m’a ramené à la dure réalité.

Au lieu de défiler joyeusement et pacifiquement, les protestataires en goguette que j’ai vus avançaient d’un pas menaçant chaussés souvent de combat-boots. À la place de montrer aux passants un sourire débonnaire et le visage placide des militants de la paix, plusieurs d’entre eux portaient le masque sombre et honteux des anonymes malveillants. Quelques téméraires, au lieu de libérer des colombes ou de jeter des fleurs ont eu la brillante idée de lancer des projectiles et de détruire, ô originalité, les vitrines des commerces qui avaient eu la malchance de se trouver sur leur chemin.

Il n’en fallait pas plus pour que le Service de police de la Ville de Montréal sonne la charge, lance la cavalerie légère, dépêche les hélicoptères, détache les maîtres-chiens et leurs cerbères, expédie les groupes d’intervention, mette sur la route les autos patrouilles et fasse même appel aux agents en vélo.

C’est facile de prédire que la centaine de personnes interpelées plaidera le fait que les policiers ont usé d’une force démesurée dans leur intervention. Ça leur donnera même une autre raison de manifester l’an prochain aux premiers jours du printemps, quand il ne fait pas trop froid dans les rues de la ville. N’était-ce pas ce qu’ils voulaient?

On ne joue pas au chat et à la souris avec un régiment de tigres quand on est un rat.

Chronique publiée dans URBANIA
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