Kate et William. William et Kate

Vous n’avez pas idée comme on s’en fout.

Savoir le temps qu’il va faire sur Londres pendant la noce, où les futurs mariés vont convoler, dans quel quartier la mère de Kate est née, le trajet que va emprunter le royal cortège dans les rues en liesse d’un Londres déjà congestionné en temps normal, ce qu’en pensent les étudiants de St-Andrews où les tourtereaux se sont rencontrés, les anecdotes d’un gardien de la Tour de Londres, quand les jeunes amoureux vont avoir des enfants, les dessous croustillants de l’idylle princière, les ressemblances entre Kate et la mère de William, la couleur de la bague, la taille du rubis, et j’en passe, que des exemples glanés dans les téléjournaux nationaux de la dernière semaine à des heures de grandes écoutes. Ça ne nous intéresse pas plus qu’un tournoi de dominos ou un concours de tartes aux pommes.

Y a rien de plus important sur notre bonne vieille terre?

Difficile pourtant d’échapper à la fièvre du royal mariage. Elle est plus virulente que celle du hockey et plus pandémique que celle des élections.

En 2011, des lustres après l’époque féodale des serfs et des suzerains, des siècles après la décapitation de la monarchie française par un peuple avide de liberté, près de trois décennies après le rapatriement de la constitution canadienne contresignée par Elizabeth the Queen et trente ans après l’union de feue Diana avec l’inébranlable Charles, j’ai du mal à comprendre l’engouement planétaire pour un mariage qui a plus de probabilités de se conclure par un divorce que de donner une portée de six ou sept héritiers.

En tant qu’ex-premier minoritaire des loyaux sujets de sa divine majesté Elizabeth II en ses terres du Canada, l’honorable et très contrôlant Stephen Harper devait faire partie des convives de la noce. Mais il a décidé de décliner l’invitation. Par souci d’économie, sans doute. À moins que lui aussi, il ne s’en foute. Ça nous ferait au moins un point commun. Mais ce sera le seul.
Une dépêche vient de m’apprendre qu’il est interdit de se moquer du mariage du prince et de la roturière. Au prix qu’il coûte et à la quantité de journalistes d’expérience qu’il monopolise, c’est normal. Je m’abstiendrai donc d’en rire.

Chronique publiée dans BRANCHEZ-VOUS

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Qui se paye la tête de qui?

Il suffit de partir quelques jours dans le bois ou loin à l’étranger pour se rendre compte de l’absurdité de nos campagnes électorales.

On ne revient pas indemne d’une retraite pour le week-end pascal en des contrées où le nom de Stephen Harper n’a pas plus de sens que celui d’un chef de tribu amazonienne et les sourcils d’Ignatieff ne disent rien au commun des mortels.

C’est un choc de replonger dans le vif du sujet et d’atterrir dans un univers placardé de pancartes électorales toutes plus laides les unes que les autres et, surtout, installées n’importe où, n’importe comment.

Mettez-vous à la place du touriste qui débarque au Canada. Comment peut-il retrouver son chemin dans ce fouillis d’affiches bariolées qui squattent le moindre poteau?

S’il faut tourner à gauche ou à droite, regardez entre la face du libéral, celle du conservateur et celle du bloquiste. Est-ce qu’on peut se stationner? Vérifiez entre la pancarte orange, la bleue et la rouge.

C’est non seulement une insulte à l’esthétique, mais c’est une gifle à l’intelligence de l’électeur. Le politicien qui s’affiche ainsi s’en fiche de partager ses idées et celles de son parti (s’ils en ont). Il ne montre que sa face, sans nous montrer s’il y a quelque chose entre les deux oreilles. Le politicien, mais ça s’applique aussi à la politicienne, pense qu’on va voter pour son sourire qui se décline en une seule variante mais en des milliers d’exemplaires. Il croit que la répétition de son nom et de son air naïf immortalisé par un photographe professionnel suffira à nous donner envie de l’élire pour nous représenter.

Et après on s’étonne qu’on soit cynique.

Mettre sa face partout avec autant d’insistance, c’est comme si vous tentiez de séduire l’élu(e) de votre cœur en placardant des photos de passeport de vous sur sa boîte aux lettres, sur sa porte de maison, dans le pare-brise de son VUS, dans le couloir de son bureau,…

Sans poésie et sans cœur, votre idylle imaginaire risque de se terminer par une paire de claque voire un coup de pied au cul. Pourquoi est-ce que ce serait différent avec nos chers politiciens et politiciennes?

Chronique publiée dans BRANCHEZ-VOUS.com

Le NPD prend la tête. Le Bloc la perd.

Un récent sondage donne le parti de Jack Layton en tête au Québec devant le Bloc québécois. Loin derrière, se trouvent nez à nez les conservateurs et les libéraux. Qu’est-ce que ça veut dire ?

Les vrais experts politiques vous ont déjà étalé leurs analyses savantes et leurs interprétations bien pensées.

Les candidats du Bloc et leur chef en tête ont poussé des hauts cris en déclarant pêle-mêle que le NPD était l’anté-christ, que Layton était le meilleur allié de Harper, qu’une voix pour le NPD en était une pour les conservateurs et j’en passe.

Ils se sont ensuite calmés en minimisant la portée des sondages. Surtout celui-là.

Pourtant la montée du NPD n’est ni un leurre ni un feu de paille. Au Québec particulièrement, le parti du bon Jack renforce ses acquis et prend du galon, et je ne parle pas seulement d’essence. Il est évident que face à la montée de la rectitude réformiste et aux mensonges de l’équipe conservatrice, la population qui ne veut pas se retrouver avec un gouvernement majoritaire ultra-religieux au pouvoir se tourne vers des valeurs plus sociales et humanistes.

Les électeurs effrayés se rappellent tout à coup que le parti conservateur n’est en fait que l’ancien parti réformiste travesti. Pour faire contrepoids au virage extrême que Harper veut leur faire prendre vers la droite, les électeurs penchent vers la gauche. C’est ce qu’on pourrait appeler un juste de retour du balancier.

Ce ne sera pas suffisant pour renverser la vapeur.

Cette tendance, si elle se maintient, ne se reflètera pas dans les résultats des élections puisque, je vous le rappelle, nous sommes encore pris avec un système électoral archaïque qui ne reflète pas la réalité des votes de la société.

Si les électeurs veulent vraiment bouter Harper hors du pouvoir, ils doivent non pas voter avec leur cœur, mais avec leur tête. Un site permet de trouver le candidat dans chaque circonscription qui a le plus de chance à prendre la place du candidat conservateur. On ne vote plus pour gagner, on vote cette fois pour ne pas perdre… En attendant mieux.

Mon conseil, si vous en voulez un, n’attendez pas le 2 mai, profitez du week-end pascal pour voter par anticipation!

Chronique publiée dans BRANCHEZ-VOUS.com

Félicitations, vous venez de gagner 260 0000$

À l’attention de monsieur, si vous êtes un homme, ou de madame, si vous n’êtes pas un monsieur.

À l’occasion de l’expansion de ses activités de boniments, l’entreprise 9054-2853 Canada a organisé une grande tombola assortie d’un tirage au sort en faveur de toute personne physique mais pas forcément sportive avec ou sans morale résidant au Canada, possédant une adresse électronique et ayant acquis le droit de vote. À l’issue de cette loterie, tous les gagnants participants à leur insu ont été tirés au sort par un logiciel de pointe parfaitement fictif parmi plus de 35 millions d’adresses de courriels d’individus et d’individuettes de nationalité canadiens et canadiennes.Votre adresse a été tirée du lot et est attachée au code PCC-02-05-2011. Ce code vous désigne comme l’heureux (l’heureuse) gagnant(e) du (de la) premier (première) prix (prise) de cette formidable loterie généreuse représentant la somme de deux cent soixante milles dollars canadiens (260 000 $) sus-mentionnés, taxes comprises, ce qui est mieux que des dollars américains vu le taux de chance qu’on a.Il s’agit d’un gain majoritaire et sans intérêt. Il n’y aucune inquiétude à vous faire à ce sujet. Vous pouvez nous faire confiance, si vous avez reçu ce message c’est que vous êtes l’heureux ou l’heureuse pigeon(ne) marqué(e) par le sort parce que le hasard fait bien les choses. Nous vous demandons de nous envoyer un message de confirmation ainsi que le code PCC-02-05-2011 et toutes les informations requises afin de nous permettre de profiter encore un peu de vous et de votre crédulité. Ceci n’étant ni un spam, ni un virus, ni un message malveillant, ni une promesse électorale, veuillez compléter les informations secrètes qui nous intéressent et que nous vous demandons de dévoiler afin de pouvoir croire que vous allez bénéficier de votre gain parce que vous attestez que vous êtes l’heureux (heureuse) candide(de) désigné (niaise).

Une fois de plus, nous vous adressons nos sarcastiques félicitations et nos profiteuses salutations. Très cordialement.

Maître Yves Remord
Directeur des affaires injustes et des profits juteux, 9054-2853 Canada.

Notez bien votre chiffre chanceux: PCC-02-05-2011. Envoyez-le avec votre numéro d’assurance sociale, vos numéros de compte en banque, votre code secret pour vérification, une copie de votre extrait de naissance pour être certain que vous êtes né, une photo de vous, un chèque en blanc dûment signé, une procuration sur tous vos comptes bancaires et le numéro de votre cadenas de vélo.

Chronique publiée dans URBANIA

Libre comme?

Il ne faut pas confondre la liberté et la loi du plus fort.

La liberté dont certains se drapent comme d’autres portent le blouson de cuir ou la veste de chasse n’est pas la même pour tout le monde. Cette liberté dont les acharnés de droite et les libertariens en campagne se sont faits les chantres, cette liberté que les adeptes de la radio poubelle s’époumonent à déformer en croyant que le joli poème de Paul Éluard « Liberté j’écris ton nom » doit se beugler « Libârté je crie ton nom », cette liberté qu’une certaine couche de la société appelle « mes droits » et que le Réseau Liberté-Québec essaye de nous fourguer poliment mais avec insistance, bref, cette liberté est en fait un dérivé égocentrique du « je me moi ».

La liberté d’entreprise prônée par les adeptes de ce tout à l’ego se fait au détriment des autres, surtout les plus petits. Elle se traduit par une walmartirisation de la société de surconsommation, une boulimique fièvre acheteuse et un tourbillon sans fin qui entraîne le citoyen à se transformer en consommateur qui n’a plus le temps de vivre parce qu’il court les soldes.

La liberté individuelle que souhaitent avec tant d’insistance les groupuscules qui éclosent dans des médias de plus en plus dirigés par le souci de vendre leurs idées plutôt que le désir d’informer et d’éduquer, cette liberté individuelle, disais-je, est en train de changer notre civilisation moderne en société égocentrique qui a perdu le sens civique au profit, c’est le cas de le dire, du sens des affaires.

Je n’aime pas cette liberté. La liberté de mettre des enfants en prison. La liberté de pouvoir posséder un fusil sans l’enregistrer. La liberté de mettre plus d’argent dans l’armée et moins dans les arts. La liberté de contrôler l’information et de surveiller la liberté des autres. La liberté de couper dans la culture parce qu’elle n’est pas rentable. La liberté de ne pas laisser aux femmes la liberté de choisir d’enfanter ou non. La liberté d’interdire. La liberté de censurer. La liberté qui se calcule à ce qu’on peut garder pour soi et non pas à ce qu’on peut laisser aux autres.

Je préfère plutôt la liberté de rire et d’aimer, celle de penser et de rêver, celle de sourire, d’échanger, la liberté de croire et d’espérer, celle de créer, d’imaginer, d’inventer, d’apprendre et de s’informer, la liberté d’être généreux, d’être ouvert, d’être curieux, la liberté de faire du vélo en roue libre, de vivre libre comme l’air, d’aimer et de le partager,…

Cette liberté, oui, j’écris son nom.

Et vous êtes libre de ne pas être d’accord avec moi.

Chronique publiée dans BRANCHEZ-VOUS.com

FW : une vie meilleure

GAGNEZ une vie meilleure en envoyant cette lettre à 10 personnes.

Cette chaîne de lettres a été commencée en avril 2011 par un citoyen effrayé à l’idée d’avoir un gouvernement réformiste conservateur majoritaire.
Ne brisez pas cette chaîne !!!!

Un électeur de Beauport persuadé que ça ne servait à rien d’aller voter n’a pas renvoyé cette lettre. Si les sondages sont le reflet de la réalité, le 3 mai prochain, il va se retrouver avec un F35 dans son garage, une prison dans sa cour et un faramineux déficit dans son compte en banque.

Renvoyez ce message si vous ne voulez pas qu’un malheur vous arrive !!!

Ne gardez pas ce message dans votre ordinateur après le 2 mai sans quoi vous pourriez vous retrouver plongé dans un conservationnisme extrêmement majoritaire et pas rigolo du tout.

Un caporal célibataire de la région de Québec a reçu ce message et l’a renvoyé à ses 14 amis Facebook! Quatre jours plus tard, des tulipes fleurissaient dans son jardin, cinq jours plus tard, il rencontrait la femme de sa vie, la semaine suivante, elle lui annonçait qu’elle était enceinte de jumeaux et le soir même il apprenait de la bouche de son sergent-chef que sa division ne serait pas envoyée en Afghanistan.

Un peintre en bâtiment de Laval a reçu ce message dans sa boîte de courriel! Il l’a renvoyé le jour-même à dix de ses amis et deux de ses ennemis. Quelques jours plus tard, il a trouvé un tableau original de Marc-Aurèle Fortin dans sa cave alors qu’il ne savait même pas que c’était un peintre connu, le lendemain, il retrouvait les clés de sa tondeuse qu’il avait perdues l’été dernier et le jour suivant il recevait en cadeau des billets pour aller voir Céline Dion à Las Vegas.

Un ouvrier d’une scierie du Saguenay a reçu ce message mais ne l’a pas renvoyé en pensant qu’il s’agissait d’une blague. Quatre jours plus tard, sa femme refusait de faire l’amour avec lui, le dimanche suivant, sa collection complète de films pornos brûlait dans l’incendie de son cabanon et, jeudi dernier, en allant voir le premier match des séries entre Montréal et Boston dans une taverne de Québec, il tombait en panne d’essence dans le Parc des Laurentides.

La directrice d’une garderie de Thetford Mines a reçu ce message d’une vieille tante qui pensait que ça lui ferait plaisir d’avoir un pays qui ne met pas les enfants dans les prisons d’adultes. Au lieu de le renvoyer, elle l’a mis dans la corbeille de son ordinateur. Quelques jours plus tard, son disque dur a attrapé un virus, le lendemain, tous les enfants de sa garderie avaient la varicelle et, le mois d’après, le prix des couches jetables augmentait.

Ce message a fait le tour du Canada 1297 fois, ne brisez pas la chaîne !!!!

Si vous envoyez ce message à dix de vos amis en leur rappelant qu’ils doivent aller voter le 2 mai, la chance frappera à votre porte comme si elle était candidate à la prochaine élection. Vous recevrez en prime un coupon rabais pour un avenir meilleur et une garantie prolongée de matins remplis d’espoir.

RENVOYEZ CE MESSAGE TOUT DE SUITE!!! ON NE SAIT JAMAIS CE QUI PEUT ARRIVER DEMAIN!!

Lettre publiée dans URBANIA

Débat ou des buts?

Les chefs des principaux partis au pays se sont donc retrouvés deux fois plutôt qu’une cette semaine pour débattre devant les caméras dans un studio qui résonnait comme une église sans fidèles. Ils se sont démenés du mieux qu’ils pouvaient pour convaincre le téléspectateur qui n’avait pas encore zappé sur Teletoon de voter pour eux ou plutôt de ne pas voter pour les autres. Les avez-vous écoutés? Dans les deux langues nationales? Avez-vous ensuite écouté les experts disserter et les spécialistes spécialiser?

Pourquoi en reparler alors que tout a été dit? Pourquoi revenir sur le sujet alors qu’il a été battu, débattu et rabattu? Pourquoi, alors qu’hier il y avait du hockey?

Justement. À cause du hockey.

Notre sport national est devenu une telle obsession qu’il a fallu changer la date du débat sur l’avenir du pays pour ne pas interférer avec le premier match des séries entre nos Canadiens chéris et les vilains Bruins de Boston. La rondelle a une si grande importance dans notre société qu’elle fait plus souvent la une de nos journaux que les changements de lois ou les frasques de nos élus.

C’est pourquoi, je propose que le prochain débat politique se passe sur une patinoire plutôt que dans un hangar désaffecté.

Chaque parti alignerait six candidats. Les formations s’affronteraient chacune leur tour et l’équipe gagnante formerait le prochain gouvernement. Imaginez: Ignatieff en supériorité numérique, Duceppe plaqué par Layton et Harper en fusillade… Je gage que pour une fois, le débat ferait plus de cotes d’écoute que Tout le Monde en Parle et le Banquier….

Et les candidats auront enfin la chance d’être applaudis pour ce qu’ils font le mieux… patiner.

Chronique publiée dans BRANCHEZ-VOUS.com!