Libre comme?

Il ne faut pas confondre la liberté et la loi du plus fort.

La liberté dont certains se drapent comme d’autres portent le blouson de cuir ou la veste de chasse n’est pas la même pour tout le monde. Cette liberté dont les acharnés de droite et les libertariens en campagne se sont faits les chantres, cette liberté que les adeptes de la radio poubelle s’époumonent à déformer en croyant que le joli poème de Paul Éluard « Liberté j’écris ton nom » doit se beugler « Libârté je crie ton nom », cette liberté qu’une certaine couche de la société appelle « mes droits » et que le Réseau Liberté-Québec essaye de nous fourguer poliment mais avec insistance, bref, cette liberté est en fait un dérivé égocentrique du « je me moi ».

La liberté d’entreprise prônée par les adeptes de ce tout à l’ego se fait au détriment des autres, surtout les plus petits. Elle se traduit par une walmartirisation de la société de surconsommation, une boulimique fièvre acheteuse et un tourbillon sans fin qui entraîne le citoyen à se transformer en consommateur qui n’a plus le temps de vivre parce qu’il court les soldes.

La liberté individuelle que souhaitent avec tant d’insistance les groupuscules qui éclosent dans des médias de plus en plus dirigés par le souci de vendre leurs idées plutôt que le désir d’informer et d’éduquer, cette liberté individuelle, disais-je, est en train de changer notre civilisation moderne en société égocentrique qui a perdu le sens civique au profit, c’est le cas de le dire, du sens des affaires.

Je n’aime pas cette liberté. La liberté de mettre des enfants en prison. La liberté de pouvoir posséder un fusil sans l’enregistrer. La liberté de mettre plus d’argent dans l’armée et moins dans les arts. La liberté de contrôler l’information et de surveiller la liberté des autres. La liberté de couper dans la culture parce qu’elle n’est pas rentable. La liberté de ne pas laisser aux femmes la liberté de choisir d’enfanter ou non. La liberté d’interdire. La liberté de censurer. La liberté qui se calcule à ce qu’on peut garder pour soi et non pas à ce qu’on peut laisser aux autres.

Je préfère plutôt la liberté de rire et d’aimer, celle de penser et de rêver, celle de sourire, d’échanger, la liberté de croire et d’espérer, celle de créer, d’imaginer, d’inventer, d’apprendre et de s’informer, la liberté d’être généreux, d’être ouvert, d’être curieux, la liberté de faire du vélo en roue libre, de vivre libre comme l’air, d’aimer et de le partager,…

Cette liberté, oui, j’écris son nom.

Et vous êtes libre de ne pas être d’accord avec moi.

Chronique publiée dans BRANCHEZ-VOUS.com

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s