Le Québec se sépare du Canada

Alors que le reste du Canada vire à droite, le Québec vote en bloc (je sais, c’est paradoxal) à gauche. Une fossé sépare plus que jamais les deux peuples fondateurs du plus meilleur pays au monde.

Le Canada a vécu hier la plus folle soirée électorale de sa courte histoire. On s’attendait à une vague orange, on a eu droit à un tsunami qui a balayé le Bloc Québécois, anéanti le Parti Libéral, remis André Arthur à sa place, renvoyé Josée Verner chez sa manucure et poussé la chef des Verts jusqu’à son premier siège à Ottawa.

Stephen Harper voulait un gouvernement réformiste-conservateur majoritaire. L’Ontario le lui a offert sur un plateau d’argent, c’est le cas de le dire. Le Canada vire tellement à droite qu’il est à la veille de faire demi tour. Cependant, ce virage radical se fera sans le Québec qui a clairement montré qu’il se désolidarisait de l’attrait réformiste pour élire, même dans les régions les plus éloignées, même à Québec, des candidats progressistes, jeunes, parfois inexpérimentés, souvent rafraîchissants, toujours animés de sentiment humains.

De là à dire que la soirée d’hier a plus fait pour la souveraineté du Québec que 20 ans de Bloc Québécois à Ottawa, il n’y a qu’un petit pas pour l’homme que le chroniqueur n’hésitera pas à franchir.

Il faut regarder la carte du Canada pour constater le bloc, je sais, c’est encore ironique, monolithique et distinct que forme désormais le Québec. Que fera Harper avec la décision populaire de la belle Province de lui tourner le dos? Dans son discours victorieux, il parlait de vouloir unifier le pays. Quand on connaît le bonhomme, on entend plutôt « contrôler », « museler », « diriger », « brimer ».

En formant l’opposition officielle, le NPD et sa formidable députation québécoise n’ont pas plus de pouvoir que le Bloc n’en avait. Il a par contre un nouvel argument: il ne se bat pas contre le Canada, il se bat contre une idéologie dont la très grande majorité des Québécois ne veulent pas. Il va avoir du travail!

Et en s’affirmant clairement comme il ne s’était pas affirmé depuis longtemps, le Québec montre sa détermination à se distinguer et confirme sa vitalité à s’éloigner du reste du Canada.

Chronique publiée dans BRANCHEZ-VOUS!

Publicités

3 commentaires sur « Le Québec se sépare du Canada »

  1. Bonjour Pascal! C’est Jennifer (anciennement de Marketel)
    Beau discours ci-haut, mais j’aimerais préciser – 60% des Canadiens n’aiment pas – non, haïssent Harper, moi incluse. Et mes soeurs à Victoria, mes frères, mon père en Ontario… Ce qui vient d’arriver est catastrophique pour nous les québécois, mais pour bien d’autres aussi. C’est trop facile (et pratique) de dire que nous, on est à gauche, et EUX sont à droite. Arrête avec ta fossé.
    Just my two cents. Bye!

  2. Merci Jennifer de cette mise au point. Il est vrai que le reste du Canada n’est pas aussi tranché que je le laisse entendre. Mais il est vrai aussi que dans l’ensemble, le Québec de distingue franchement du ROC dans ses choix politiques, culturels, idéologiques, etc.
    Thanks for your two cents…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s