La couleur de la neige

Vous êtes-vous déjà posé cette question primesautière, adjectif qui n’a rien à voir avec le printemps: où va le blanc une fois que la neige a fondu?
Alors que dans le ciel, les oies sauvages tournent la page d’un hiver trop long, que les merles dans les arbres chantent une nouvelle partition, alors que les cœurs se gonflent d’allégresse, que la sève des érables, comme le désir des hommes, jaillit sans pudeur, alors que partout le printemps joue à l’insolent, la neige, belle, pure, immaculée, s’écrase sur les gazons jaunis, se répand dans les égouts trop pleins, s’étiole sans âme dans les ruelles boueuses.

Où est passé le blanc? Il n’y a pas si longtemps, la campagne ressemblait à une page blanche où s’écrivait notre histoire. Elle a été transformée en torchon sale parsemé de poubelles éventrées, de vieux matelas humides, de papiers gras,…

La couleur du printemps est le brun.

Synonyme de fleurs ailleurs, le printemps a chez nous le parfum des ordures, le relief des poubelles, la couleur de la merde. Quand on lève le voile blanc de l’hiver, on découvre un champ de cochonneries. Si ce n’est pas moi qui les ai jetées, c’est vous.

En attendant le vert tendre et les robes fleuries d’un été torride, je pleure le blanc qui a foutu le camp.

Se pourrait-il qu’il se soit transformé en lumière?

Texte publié dans BRANCHEZ-VOUS.com

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