L’intimidation et le suicide

Lundi, une jeune fille de 15 ans s’est enlevé la vie en Gaspésie. Elle était victime d’intimidation. On accuse déjà tout le monde: l’école, les autorités, la police, les camarades de classe, le système scolaire, le ministère de l’éducation, la télé, Facebook, MSN, les parents…

L’intimidation est inacceptable. Mais le suicide aussi!

Les jeunes d’aujourd’hui sont habitués à tout régler en appuyant sur un bouton. On efface tout, on recommence à zéro comme dans un jeu vidéo. Le suicide ne devrait jamais faire partie, jamais, de la liste des solutions à un problème. Quel que soit le problème.

On n’éduque plus les jeunes à affronter les difficultés de la condition humaine. On essaye plutôt de raboter toutes les aspérités de l’existence, d’aplanir ses moindres accrocs, de la polir pour qu’elle soit lisse, sans difficulté, sans soucis, sans dangers.

L’intimidation, ce n’est pas beau, ça fait mal, c’est nul, ça blesse, c’est con, c’est condamnable. Mais ça fait malheureusement aussi partie de la vie. Ceux qui font ça ne sont pas très malins. Ils ont besoin d’attention. Ils font mal. Ils ne savent pas ce qu’ils font. Demain, ils seront comme vous et moi.

On peut prévenir l’intimidation. On peut l’atténuer. On peut apprendre aux méchants à être plus gentils. On peut punir les intimidateurs. On peut mettre des règlements, sanctionner ceci, obliger cela. Mais on ne peut pas changer l’adolescence, cette période où l’on se définit, où l’on se cherche, où l’on est con, où l’on est prêt à tout pour un peu d’amour et d’attention mais où le lendemain on ne veut plus rien savoir de personne.

La vie n’est pas facile. Il faut aussi l’apprendre si on veut passer à travers.

Les jeunes qui ont intimidé la pauvre fille n’ont certainement pas mesuré la portée de leurs paroles et les conséquences de leurs gestes. Ce sont aussi encore des enfants abreuvés de télé vide. Je ne les défends pas, je ne les accuse pas.

Mais il y a d’autres solutions que de s’enlever la vie pour échapper à leur bêtise quotidienne.

C’est le message qu’il faut absolument envoyer aux jeunes si fragiles au lieu de stigmatiser les intimidateurs.

 

Texte publié dans BRANCHEZ-VOUS.

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2 commentaires sur « L’intimidation et le suicide »

  1. Je pensais un peu la même chose aujourd’hui, dans le sens que je me demandais si les jeunes aujourd’hui sont moins capables d’affronter des difficultés émotionnelles que ceux du passé. Beaucoup des jeunes se font intimidés mais ne se suicident pas pour autant. La force intérieure n’est pas quelque chose qu’un gouvernement peut apprendre aux jeunes. Ça prend un certain caractère pour passer à travers des difficultés. Ça prend aussi un certain espoir que la vie va s’améliorer malgré les problèmes. On pense toujours que les drames sont la fin du monde à 15 ans.

  2. Sans vouloir minimiser ce qui se dit sur l’intimidation, il ne faudrait pas non plus le faire sur le suicide.

    Nous ne savons qu’une partie des difficultés et des souffrances de la personne qui se suicide. C’est un peu comme si on regardait sa vie par le trou d’une serrure et qu’on se fait une opinion sur ce qu’elle a fait ou aurait dû faire. Les difficultés sont de plusieurs ordres et de plusieurs sphères dans la vie. Cette jeune fille avait aussi une vie en dehors de l’école. Cela dit, je suis d’accord pour dire que jamais le suicide ne devrait faire partie de la solution. Jamais. C’est un moyen permanent pour une situation qui de toute évidence ne le sera pas.

    Pour revenir au sujet du jour, l’intimidation. Je suis fatiguée du discours actuel qui dit qu’il faut enrayer le problème. Je crois qu’on se trompe royalement et qu’on se met la tête dans le sable si on pense qu’avec des ressources on y arrivera. Malheureusement, ce phénomène est là pour rester. Je souhaiterais entendre : dénonçons, occupons-nous-en, agissons, protégeons nos jeunes, équipons-les à réagir de façon appropriée (je pourrais définir ce que j’entends par « de manière appropriée », mais ceci pourrait déplacer le propos) bref, faisons de l’éducation. Il ne suffit pas de brandir un drapeau pour s’opposer au phénomène, de crier, de marcher dans la rue contre l’intimidation que l’intimidation cessera. Il faut éduquer tous nos jeunes; intimidateurs, intimidés. Il faut travailler en équipe : parents/école/communauté. Il faut cesser de jeter la pierre à l’autre, souvent l’école, les enseignants, les dirigeants… bref toujours les autres. Ne parlons plus d’eux, mais plutôt de nous. Ensemble, tenons-nous dans nos interventions. Aujourd’hui, tout le monde souhaite que le monde fonctionne à sa façon. Un peu comme si tous se disent : si tout le monde fait à ma façon, ça va bien se passer. Mais voilà tous ne pensent pas de la même façon! Les parents font ceci ou ne font pas cela. Les écoles font cela ou trop de ceci. Les communautés font… 😉

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