Les étudiants et la grève

Mettons tout de suite les choses au clair. J’ai déjà été étudiant. Pas longtemps. Mais suffisamment pour apprendre deux ou trois choses qui m’ont été utiles plus tard comme par exemple pour écrire cette chronique sans fautes.

Aurélie, ma collègue du vendredi, a commis, comme c’est souvent le cas sur cette tribune, un excellent billet sur la fébrilité qui anime par les temps qui courent les associations étudiantes.

Il faut dire que, périodiquement, les étudiants aiment monter aux barricades pour un oui ou pour un non. C’est normal, la révolte est de leur âge. Moi-même, je me révolte de temps en temps pour garder la forme.

Il est légitime de vouloir que les études soient accessibles à tous, surtout à ceux qui vont les suivre avec assiduité. Mais un moment donné, tsé, faut aussi comprendre que tu peux pas toujours tout avoir gratis. Et ne me dites pas que je schématise ou que je caricature, c’est fait pour.

Je rencontre de temps en temps des étudiants pour leur parler de ce que je fais dans la vie (écrire). Et la question qui revient le plus souvent, avant la passion du métier, avant le plaisir du travail bien fait, avant l’amour d’une activité passionnante, avant la satisfaction de faire œuvre utile et l’exaltation de partager des idées, c’est, et je paraphrase à peine, «C’tu payant?»…

Vous avez remarqué le tutoiement?

J’ai parfois l’impression que les «jeunes» sont, comme les retraités, plus près de leurs sous que de leurs passions.

Les idéaux, si on se réfère aux standards télévisuels suivis en grands nombres par la tranche d’âge des 18-24 qui correspond à peu de chose près quand on n’a pas redoublé à celle qui peuple les amphithéâtres universitaires, les idéaux, disais-je donc, n’ont pas la cote, pas autant que la quête d’une maison proche de tous les commerces, le magasinage d’une auto de l’année ou la chasse aux rapprochements.

Et c’est normal. C’est la vie rêvée qu’on leur sert comme modèle.

Des fois, je m’ennuie des grands mouvements étudiants qui voulaient changer le monde, des manifestations spontanées qui trouvaient la plage sous les pavés, des jeunes qui bousculaient les traditions pour réinventer la société, des révoltés qui ne rentraient pas dans les rangs au premier sursaut de l’hiver, des grévistes qui enrayaient les rouages de la civilisation pour créer une nouvelle modernité, des penseurs échevelés qui rêvaient d’utopies.

Où sont-ils quand aujourd’hui on a besoin d’eux?

Note : Avant que vous n’envahissiez cette tribune pour dire que vous, vous n’êtes pas comme ça, sachez que l’utilisation ici du terme « jeune » ne concerne pas tous les jeunes et que si je fais des généralités, c’est pour mieux vous inviter à réagir.

Texte publié dans Urbania

Publicités

Un commentaire sur « Les étudiants et la grève »

  1. Bien que je sois la maman d’un étudiant universitaire et d’une cégépienne et que je paie en grande partie les études de mes enfants, voici mon commentaire.
    Je ne connais pas un seul étudiant qui ne se promène avec un cellulaire en main, une voiture à sa disposition, des vacances ici et là ou plusieurs autres occasions d’oisiveté et de loisirs. Nous, parents, sommes en partie responsables. Eux, de leur côté, sont habitués d’avoir des loisirs bien accessibles sans toutefois être habitués à se relever les manches, travailler, économiser et contribuer financièrement à leur développement. Le mot « sacrifice » est en train de sortir du vocabulaire générationnel par notre faute, notre très grande faute.
    Ne perdons pas de vue qu’ici, les études supérieures sont très accessibles. Par ailleurs, offrons-nous encore des milieux scolaires compétitifs et bien équipés? Non. Les ressources manquent et les équipements sont désuets. Il faut des moyens pour garder ces standards de qualité qui permettront à nos jeunes d’avoir une formation de qualité et compétitive. Il faut des sous, encore de sous. À qui de payer? L’état providence? Papa, maman? J’aimerais poser la question suivante: Étudiants, avez-vous songé vous passer de votre cellulaire quelques mois pour investir dans vos études universitaires pour le reste de votre vie? À ce que je sache, il y a encore des téléphones publics dans les établissements scolaires. Non mais… pensez-y!

    Je paraphrase M Henrard : Sachez que l’utilisation ici du terme « jeune » ne concerne pas tous les jeunes.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s