Avec pas de casque

Les préjugés ont la tête dure. Les autorités pensent qu’en obligeant le port du casque sur les pistes de ski, il y aura moins de jambes cassées dans les salles d’urgence…

On parle en effet de plus en plus de rendre obligatoire le casque sur la tête des amateurs de sports de glisse, de grand air et de liberté.

Comme si le fait d’enfermer la tête de certains écervelés dans une coquille de plastique fabriquée en Chine allait les ramener à la raison.

Il est vrai qu’il y a plus d’accidents sur les pistes de glisse que dans les salles de bingo. Quoique les salles de bingo sont peuplées de cœurs fragiles. C’est un peu normal que des personnes se fassent bobo en pratiquant le snow, l’escalade, le parachutisme ou le bobsleigh. Ce n’est pas aussi pépère que regarder les auditions de Star Académie ou faire la queue au service au volant de Tim Horton’s. Mais c’est beaucoup plus exaltant.

Les gens qui montent sur les planches le savent. Ils peuvent tomber, se tordre une cheville, frapper un arbre, se geler le bout du nez, faire rire d’eux… Comme les piétons qui traversent la rue peuvent se faire écraser par un camion distrait et les usagers des escaliers roulants peuvent manquer la dernière marche. Ça peut arriver. C’est la vie. Avec la mort tout au bout, qu’on reste assis ou qu’on vive debout.

C’est ce qu’on appelle prendre «des risques». Et qui ne risque rien… n’a rien. Nos amis politiciens, à part peut-être Luc Ferrandez, nous le démontrent chaque jour avec beaucoup de brio.

Les autorités passent énormément de temps à vouloir notre bien. Elles veulent encore une fois nous faire porter le chapeau. À 100 $ le casque, quand ce n’est pas 200 pour la version design, c’est certain que c’est bon pour l’économie, le dernier dada de Charest.

Mais les mesures coercitives sont-elles la meilleure solution pour mettre du plomb dans la tête des skieurs? Surtout à une époque où le casque est devenu un accessoire aussi cool que le bandana des années 1990…

Remarquez que depuis que le casque est obligatoire au hockey… il n’y a jamais eu autant de commotions cérébrales sur la glace.

Texte publié dans URBANIA

Duceppe: l’exécution

Je pars trois jours dans le bois et quand je reviens, un des joueurs clés de la politique québécoise, un homme qui avait le vent dans les voiles et s’apprêtait vraisemblablement à (essayer de) renflouer le PQ vacillant est abattu en pleine rue.

Car qu’est-ce d’autre qu’une mise à mort des ambitions de Gilles Duceppe que vient d’orchestrer la Presse avec la complicité des autres médias?

Quel drôle de timing tout de même… Hier, mon collègue Gérald Larose trouvait ça louche. il a raison.

Ce n’est pas du temps où Duceppe était à Ottawa que le journal de l’empire Desmarais à débusqué cette affaire de salaire qui aurait du être payé par ici plutôt que par là mais on ne sait pas très bien. Ce n’est pas non plus entre Noël et Nouvel An, quand l’actualité était tranquille et qu’on pouvait débattre en famille d’éthique et de politique, que le journal a lancé ses plus fins limiers à la recherche effrénée de la vérité. Ce n’est même pas lors de la rentrée parlementaire canadienne que le quotidien de la rue St Jacques a étalé en pleine une des apparences d’utilisation douteuse de fonds publics.

Non. Non. Non.

Le journal qui n’a jamais caché sa couleur et ses penchants a sorti la grosse artillerie alors que Gilles Duceppe commençait à pointer le nez au Québec après une longue traversée du désert et une lente remontée de la transcanadienne en direction est.

Il est vrai que La Presse à attendu l’ouverture de la chasse pour exécuter l’ex du Bloc.

Et le tireur d’élite journalistique à réussi un trou d’un coup!

Le journal pérorait en effet encore hier en annonçant, et je cite tellement c’est joli, « Duceppe capitule ».

La chasse à été bonne. Sauvera-t-elle la peau de Charest? Ne laissera-t-elle pas le champs (de tir) libre aux mercenaires de la CAQ? Permettra-t-elle au Québec de retrouver son élan?

L’avenir nous le dira. La chasse est à peine commencée. Et il reste encore de gros gibiers sur l’échiquier.

J’aime mon maire

J’habite sur le Plateau. Je devrais préciser que je suis propriétaire dans le Mile End, mais je ne veux pas avoir l’air prétentieux. Le Plateau, c’est mon quartier depuis 25 ans.

Ce n’est pas un lieu de villégiature pour touristes en bermuda, un centre financier peuplé de tours à bureau ou une cité dortoir. C’est un endroit où l’on travaille, où l’on habite, où l’on grandit, où l’on s’amuse, où l’on discute, bref c’est un milieu où l’on vit. Et depuis que Luc Ferrandez y est maire, je trouve qu’on y vit de mieux en mieux.

On a entendu toutes sortes de choses sur le Plateau Mont-Royal et sur son maire écolo.

Les plus hargneux pensent que les élus du Plateau mangent du gazon couchés dans les parcs en faisant des « aoume », qu’ils ont construit un mur de béton comme en Israël pour empêcher les gens d’entrer dans leur beau quartier, qu’ils souhaitent la fermeture des ponts, qu’ils seraient prêts à mettre des bombes dans les autos pour les faire disparaître de la planète, qu’ils considèrent les banlieusards comme une race à abattre, qu’ils font exprès de laisser la neige dans les rues pour embêter le monde, qu’ils interdiraient aux non-résidents de venir magasiner sur l’avenue Mont-Royal…

Ce sont des gens comme vous et moi.

Luc Ferrandez n’est pas le maire des Lavallois qui considèrent le Plateau comme un obstacle que doit franchir leur auto entre leur abri tempo et leur bureau. Ce n’est pas le maire des résidents de Montréal Nord qui se stationnent en double le temps d’acheter des bagels et bloquent la circulation sur St-Viateur. Ce n’est pas non plus celui des habitants de Pierrefonds, de l’Île-des-Sœurs, de Rosemère, ni même de Rosemont.

C’est un élu local qui mène des actions locales dans la mesure de ses moyens et de son pouvoir pour répondre à des besoins et des désirs locaux.

Par exemple, l’hiver, il déneige les trottoirs avant les rues pour permettre aux piétons de sa ville de rentrer chez eux plus facilement. En effet, sur le Plateau Mont-Royal on rentre plus souvent dans les maisons à pied qu’en auto. Le maire ne fait pas enlever la neige les week-ends par mesure d’économie. Résultat ? Pas de boulouboulou assourdissant des camions de déneigement le dimanche à l’heure de la grasse matinée et c’est un plaisir d’aller à la boulangerie à pieds, malgré la tempête de 25 centimètres. Au lieu de prendre le char, le déneiger, chauffer l’intérieur, dégivrer les fenêtres, patiner dans le banc de neige, rouler en file dans les vapeurs de gaz d’échappement, on prend le temps de profiter des magasins de proximité qui ont chacun leur particularité et leur personnalité.

Pour ne pas trop déranger dans leurs habitudes les navetteurs qui rentrent chez eux tout seuls dans leur auto en traversant en trombe l’avenue du Parc, la rue Saint-Denis ou la rue Papineau, le maire du Plateau fait dégager en premier ces grandes artères de transition avant même les rues résidentielles de ses citoyens qui sont pourtant ceux qui payent pour ce déneigement.

Je l’aime mon maire parce qu’il ne veut pas se faire aimer des chroniqueurs du Journal de Montréal, des auditeurs de la radio de Québec, des marchands du Dix30, des résidents de Gaspé et de la population du Québec au complet. Il veut juste que ses citoyens soient bien.

Puis toi, le quidam qui ne paye pas un sous de taxes sur le Plateau, la prochaine fois que tu viendras te plaindre de mon maire, je te demanderais de rester chez toi au lieu de venir prendre la place de stationnement que je viens de déneiger devant chez moi. Je ne vais pas garer mon auto dans ton abri Tempo en chialant sur ton maire qui donne des contrats à ses amis depuis trois décennies… Garde-toi une petite gêne.

Texte publié dans URBANIA

Golden Globes: l’oubli de Spielberg

La soirée des Golden Globes rassemble la crème de la constellation des stars mondiales. Sous prétexte de remettre des bibelots, on y croise dans une ambiance paillettes décontractées Brad Pitt, Angelina Jolie, Leonardo di Caprio, Kate Winslet, George Clooney, Claire Danes, Sidney Poitier, Morgan Freeman, Meryl Streep, et j’en oublie.

À voir certaines stars sur le tard, les Golden Globes, comme toutes les soirées hollywoodiennes, ressemblent à s’y m’éprendre à une soirée Botox où les messieurs seraient invités à venir en smoking et les femmes rivaliseraient d’audace et de ridicule avec leur robes à plusieurs milliers de dollars.

Mais on ne regarde pas les Golden Globes uniquement pour s’enivrer de vedettes, s’éblouir de paillettes, s’ébaudir à la vue de couples connus et baver devant tant de bijoux extravagants, on attend aussi impatiemment le discours de remerciement qui fera date dans l’histoire des galas.

À part celui de Morgan Freeman qui a reçu le prix Cecil B. DeMille pour l’ensemble de sa carrière et dont le « If you do what you love, then you’ll never work a day in your life » devraient faire réfléchir tous ceux qui travaillent uniquement pour l’argent, nous n’avons pas été gâté en remerciements militants, en discours émouvants ou en gestes choquants.

Pour moi, ce qui a été le plus grand moment des Golden Globes, c’est indéniablement l’oubli déplorable et scandaleux de ce bachibouzouk de Steven Spielberg qui est allé cherché le prix pour le meilleur film d’animation pour son interprétation très bing-bang-pan-pan-effets spéciaux-poursuites-explosions d’un monument de la littérature dessinée : Tintin. Ce flibustier n’a pas eu un seul mot pour Hergé, le créateur, l’auteur, le père, l’âme de Tintin.

Pour celles et ceux qui ne connaissait pas l’œuvre de Hergé, il semblait clair que ce moule à gaufres de Spielberg s’en appropriait la paternité.

Si un doryphore comme Spielberg peut se permettre devant des milliards de mille millions de téléspectateurs de dépouiller un créateur immense comme Hergé, on peut imaginer le sort réservé à tous les scénaristes obscurs qui ont porté à bout de plumes les grands films de l’histoire du cinéma et dont les noms ont été oubliés au fin fond d’un générique écrit en 10 points qui défile à la vitesse d’un train sans freins.

Texte publié dans BRANCHEZ-VOUS

Bande de Tweets

Depuis quelques temps, c’est devenu une habitude attendue et un divertissement entendu. Chaque semaine, ou presque, un pauvre type ou une innocente ingénue passent d’inconnus à stars instantanées par la magie des «médias sociaux».

La plupart du temps, ces gagnants à la lotweetrie passent aux yeux de la masse moqueuse pour des débiles profonds, des désaxés notoires ou des exutoires publics.

Après leur minute de triste gloire, ces étourdis sombrent dans l’oubli de nos mémoires surchargées d’informations jetables.

Mais il y a fort à parier qu’eux, ils n’oublieront jamais.

Ça vous amuse de partager les tweets enfantins bourrés de fautes d’orthographe d’un désœuvré du samedi soir? Vous salivez à l’idée d’envoyer promener dans le cyberespace les erreurs humaines de tel malappris ou de telle maladroite? Ça vous excite de faire circuler sur les réseaux soucieux la vidéo croche d’un ado éméché en tabarnak? Vous trouvez ça désopilant de planter sur Facebook les bitchages puérils des poupounes mal dans leur peau? Ça vous allume de retweeter d’un doigt accusateur le pauvre type qui s’est fait hacker, ou non, son compte par un plus mal élevé que lui? Vous vous délectez des images floues de gens filmés à l’insu de leur plein gré qui pètent une coche, qui se grattent le nez ou qui ont une couille qui dépasse?

Aujourd’hui, comme des milliers de suiveux, vous faites circuler le nom d’un inconnu qui a, malgré lui, l’air bête, con et/ou méchant. Demain, ce sera peut-être vous qui prendrez sa place au pinacle des zéros sociaux.

Mais si vous n’êtes pas (encore) une vedette de la twittosphère, celles et ceux qui prendront votre défense ne se bousculeront pas au portillon.

Parce que ce qui me frappe dans ces mises à mort virtuelles, c’est que dès qu’il s’agit d’une personnalité, le lynchage se transforme en lichage et le tweeteux devient têteux.

Ce qui m’étonne plus encore, c’est que certaines de ces personnalités intouchables se permettent ce qu’elles ne vous permettraient jamais, à savoir traiter untel de #crétin, unautre de #moron, undernier de #ostiedecave. Mais évidemment, ces crétins sont des inconnus qui n’ont pas le luxe d’avoir une tribune pour se défendre.

De là à dire que nous avons des tweets à deux vitesses et deux classes de twits, il n’y a que 140 caractères que je vous invite à franchir en scrutant votre TL.

En attendant, la prochaine fois que vous retweeterez, likerez, partagerez ou copie-collerez une connerie que vous n’aurez pas faite vous-même, demandez-vous si vous seriez fier de la colporter à haute voix autour de vous.… Je crois bien qu’André a oublié de mettre cette suggestion dans son billet d’hier. Et s’il l’a fait, vous n’aurez qu’à propager sur les réseaux sociaux que je ne lis pas les textes de mes collègues assez attentivement.

Texte publié dans URBANIA.