On ne rit pas avec les États

Je regrette déjà d’écrire sur le sujet. J’espère que les services de sécurité des États-Unis ne le prendront pas mal. Je ne fais que rapporter des faits. Pour vous mettre en garde, chers lecteurs. Parce qu’on ne rit pas avec les États-Unis!

Leigh Van Bryan, un jeune Irlandais qui s’en allait découvrir la douceur californienne et le rêve américain en compagnie d’Emily Bunting, sa copine britannique, vient de vivre un cauchemar de touriste. Il a été expulsé du territoire des États-Unis après avoir passé 12 heures dans une cellule américaine en compagnie d’un vrai trafiquant de drogue mexicain.Qu’avait fait le jeune écervelé? Il avait écrit une joke sur Twitter mettant la sécurité des États-Unis en cause.

Malgré le fait que Leigh ait désormais protégé son compte Twitter (@LeighBryan), nos fins limiers ont retrouvé le message incriminant : «Free this week, for quick gossip/prep before I go and destroy America» (note au FBI, à la CIA et à tous les agents de sécurité américains : je ne fais que recopier un message dont je ne suis pas l’auteur. Je m’excuse si j’ai offensé les États-Unis, le drapeau étoilé, le président, sa femme, les électeurs de Floride, la caissière du Wal-Mart du New Jersey, le flic de Berverly Hill,…).

C’est certain que traduit littéralement, le Tweet de Leigh qui pourrait se lire comme suit : «Libre cette semaine, petit potin/je me prépare avant d’aller détruire l’Amérique » (note au FBI, CIA etc. : voir plus haut) pourrait laisser croire que le type s’en va tout seul faire sauter les États-Unis pendant ses vacances. C’est du slang, du langage de jeune Irlandais en goguette. «Destroy America» c’est comme «faire les 400 coups», «to paint the town red» diraient les British, «se lâcher lousse», «faire des étincelles»… Le comique en herbe a aussi écrit quelque chose à propos de «digging up Marilyn Monroe», une blague que même Mike Ward n’aurait pas osé faire.

Il n’en fallait pas plus pour que les gardiens de l’ordre et de la sécurité soient sur un pied d’alerte.

Le mot, c’est le geste. La phrase, c’est une bombe. Et cliquer sur envoyer, c’est appuyer sur le détonateur. Leigh a été enfermé en prison comme un vulgaire terroriste avant d’être déporté.

Vous imaginez bien que s’il voulait vraiment fomenter la destruction de l’Amérique ou déterrer la pauvre vieille Marilyn, il ne l’aurait pas écrit sur Twitter.

Lorsqu’ils ont atterri à LAX, l’aéroport international de Los Angeles, le 23 janvier dernier, les deux jeunes innocents s’imaginaient donc vivre quelques jours idylliques dans l’atmosphère hollywoodienne de la célèbre ville californienne. Abreuvés de séries télés et de blockbusters, ils pensaient peut-être reconnaître au passage des lieux de tournage, voir des endroits mythiques, qui sait, croiser une vedette du grand écran. La réalité a dépassé la fiction. Interpellés par des gardes armés à leur descente de l’avion, ils ont été menottés, emprisonnés et puis expulsés. Ça leur fera au moins des souvenirs de vacances.

Morale de cette histoire : la prochaine fois que vous préparez une action terroriste, évitez de l’écrire sur Facebook ou sur Twitter. Big Brother is watching you !

Texte publié dans URBANIA
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