L’été en hiver

Les terrasses étaient pleines hier. La madame de la Météo l’avait promis. Nous aurions de très très belles journées avec des températures très très agréables, très très au dessus des moyennes saisonnières. Youpi !

Aux Jeux Olympiques de la température, on a battu plein de vieux records. Les bedaines sont sorties, les vélos ont envahi les trottoirs et les barbecues ont enfumé le monde, de Laval à Brossard en passant par NDG, le Plateau, HoMa et même town of Westmount.

Ça sentait l’été à plein nez. En fait, ça puait l’été. Parce qu’on était en mars. D’accord, on était le 21 mars. La date officielle du premier jour du printemps. Le prin-temps. Pas l’été. Pas l’été du tout pantoute. Le 21 mars. Pas le 21 juillet.

Oui c’est agréable, tout ce soleil, cette douce nonchalance, ces jupes à fleurs, ces chemisiers entrouverts. Quoique, la vue des bedaines pâles, bof. Les beaufs en sueur, rebof. Les tatous ostentatoires, rerebof. Tous ces coups de soleil écarlates,…

Mais ce n’est pas la vulgarité de l’été qui me dérange. C’est son décalage qui m’empêche d’en profiter avec légèreté.

Autrefois on nous mettait en garde: en avril, ne te découvre pas d’un fil. En mars, désormais, c’est couvre-toi de crème solaire sinon tu vas attraper le cancer drette-là sur la terrasse.

On nous a brainlavé pour haïr l’hiver. Il neige, c’est une tempête. Il pleut, c’est le déluge. Il gèle, on est tous sinistrés. Mais dès qu’il fait chaud, même quand il devrait faire froid, on célèbre avec des superlatifs magnifiques, superbes, hyper agréables, extraordinaires… Youkaïdi. Youkaïdo.

Le réchauffement climatique ne fera pas fondre la dette de Bachand, il ne ramollira pas la ministre de l’éducation, il n’engluera même pas Jean Charest dans sa fatuité. Mais il aura raison de notre insouciance.

Mars en terrasse, avril sur le grill. En mai tu es fait. En juin tu es à point. Et en juillet… Je préfère ne pas y penser.

Pendant ce temps doux d’août en plein mois de mars, Stephen Harper met les groupes environnementalistes dans le même panier que les terroristes. Resservez-moi encore un peu de ce rosé rafraîchissant, s’il vous plaît!

Texte publié dans Urbania
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