J’étais pour…

Au début, j’étais pour la hausse des frais de scolarité et contre la grève.

Je trouvais ça normal que tout le monde paye pour ce qu’il reçoit. Je n’avais pas intégré le vocabulaire lénifiant du gouvernement qui matraquait déjà que les étudiants devaient payer leur « juste part », mais une petite hausse, me disais-je, ça ne devrait pas faire beaucoup de mal. En tout cas pas de mal à mon confort.

Et puis j’ai changé d’avis.

Quand j’ai vu que la « juste part » ne s’appliquait pas aux multinationales, aux compagnies minières et aux entreprises en collusion.

Quand j’ai appris que, pour ne prendre que quelques exemples, les profits de Gaz Met étaient en 2004 de 168 millions pour 0,1 % d’impôts, Canadian Pacific 716 millions de profits pour 1,6 % d’impôts, Suncor, 1,62 milliard pour 4,4 % d’impôts,…

Quand j’ai vu que la gratuité existait pour les autoroutes et pour les ponts mais pas pour l’éducation de nos futures générations.

Quand j’ai compris que la hausse ne règlerait pas le financement des universités et la bonne gouvernance de celles-ci.

Quand j’ai constaté qu’après sept semaines de grèves, plus de 160 manifestations pacifiques et des tas d’initiatives créatives, les étudiants n’avaient pas le moindre espoir d’une mini ouverture de la part de la ministre de l’éducation.

Quand j’ai vu qu’une poignée de lobbyistes avaient plus d’écoute de la part du gouvernement que 300 000 étudiants en grève.

Quand j’ai appris que la ministre de l’éducation passait plus de temps avec les mafieux qu’avec les représentants étudiants.

Quand j’ai constaté que le gouvernement préférait épuiser la matière première plutôt que d’investir dans la matière grise qui, elle, est renouvelable à l’infini.

Quand j’ai écouté les professeurs et les étudiants et que j’ai constaté qu’il existait de nombreuses alternatives à cette hausse de 75 %. En voici quelques unes qui permettrait d’économiser des milliards à investir dans l’éducation qui pourrait vous faire aussi changer d’avis: augmenter la contribution des entreprises, rétablir la taxe sur le capital des entreprises financières, réduire la collusion et la corruption, demander leurs juste part aux minières,…

Bref, comme disait l’autre, quand j’ai compris qu’il y avait beaucoup de raisons de changer d’avis. J’ai changé d’avis.

Et si je n’avais pas changé d’avis avant, la campagne d’intimidation actuelle du Parti Libéral du Québec contre Gabriel Nadeau-Dubois me donnerait envie d’en changer illico.

Malheureusement, ce gouvernement ne changera jamais d’avis. Il n’a qu’un seul objectif: se faire réélire. Et il est prêt à créer le chaos pour y arriver.

Texte publié dans le Huffington Post

Enfants gâtés et bébés lala

La grève étudiante a permis à des générations de canapés-boomers de pouvoir traiter tout haut sans avoir peur de passer pour des parents indignes la chair de leur chair, la prunelle de leurs yeux, leurs petits enfants chéris de paresseux, de profiteurs, d’éternels insatisfaits, de geignards, d’impatients, bref d’enfants rois.

Mais qui sont ces royaux bambins que les gérants d’estrades, les cracheurs de radio poubelle et Richard Martineau sont si prompts à critiquer?

Quand on étudie attentivement le déroulement de ces dernières semaines de grèves, on constate que les tenants du carré rouge ont fait preuve de beaucoup d’imagination, de ténacité, de courage, d’énergie, de maturité, d’autonomie, de patience, de finesse. On ne peut pas vraiment dire en les voyant marcher chaque jour plusieurs dizaines de kilomètres dans les rues, se tenir debout sous la pluie ou faire des tas d’heures supplémentaires pour débattre dans des assemblées démocratiques, qu’ils ont agi comme des bébés gâtés.

Au contraire. Ils ont travaillé fort, comme des grands, pour arriver où ils sont et faire entendre leurs revendications.

Par contre, les grincheux qui ne voulaient pas perdre leur année, qui ne voulaient pas changer leurs plans de vacances, qui ne voulaient pas aller jouer dans la rue avec les autres, qui étaient désespérés à l’idée de devoir peut-être passer quelques jours d’été en classe au lieu d’être au chalet de papa et qui ont exigé « maintenant, tout de suite, sinon je pique une crise » qu’on leur ouvre rien que pour eux les portes des salles de cours… ceux-là ressemblent plutôt au portrait que les psychologues font de l’enfant roi.

Les enfants rois piquent des colères, parfois intenses. Ils ne pensent qu’à eux. Ils ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Ils sont centrés sur leur nombril. Ils détestent les frustrations. Il faut plier à leurs exigences. Et vite, ça presse, sinon ils vont piquer une colère. Il faut obéir à leurs exigences, sinon ils appellent papa, maman, la police, la DPJ, le juge, l’injonction, l’anti-émeute…

À la moindre contrariété, au premier «non», les gâtés entrent en transe.

À l’école, ce sont les fils et les filles des parents-clients qui viennent à tout bout de champ mettre en doute les décisions des profs, les choix pédagogiques des enseignants et vont faire le pied de grue dans le bureau de la directrice pour que leur cher petit bambin analphabète passe avec distinction dans l’année suivante.

Au cégep et à l’université, ce sont les rejets minoritaires qui n’ont pas suivi la majorité de leur condisciples lors des votes populaires et qui, frustrés du résultat, en appellent aux tribunaux pour obtenir ce qu’ils n’ont pas eu démocratiquement.

Dans la vie, ce sont ces citoyens plus égos que les autres qui exigent tout et son contraire avec comme seul argument que c’est leur droit.

En vieillissant, les enfants rois deviennent des petits dictateurs du quotidien. Ce sont eux qui me font le plus peur.

Notez que s’il y a des enfants rois, c’est qu’il y a quelque part des papas monarques et des mamans reines. Car tout le monde sait que la monarchie, c’est comme la connerie, c’est héréditaire.

[Ajout de lendemain de veille de manif qui a mal tourné]
Je vous prierai de ne pas faire d’amalgame entre quelques casseurs décérébrés et des dizaines de milliers de manifestants pacifiques. Si les premiers sont des mal élevés, les seconds sont d’innocentes victimes collatérales d’un dérapage gouvernemental.
Remarquez que ça tombe assez bien que ces casseurs entrent en action pile poil à l’heure du téléjournal, comme ça le bon peuple peut une fois encore se faire une idée colorée de la réalité.

Texte publié dans Urbania

Nous ne sommes pas en Égypte

Et alors? Les chroniqueurs qui défendent les positions du gouvernement Charest face à l’irrésistible montée de l’ire populaire arguent que les manifestations québécoises sont ben ben trop exagérées et bruyantes, tu comprends, on n’est pas en Tunisie ou en Égypte icitte, on a-tu un belle vie à ton goût, zéro comptant, zéro intérêt, payez tout ce bonheur dégoulinant à crédit plus tard.

C’est prendre les indignés pour des cons, leurs revendications pour de peccadilles et leurs idées pour de la schnoute.

Les Québécois ont non seulement le droit de manifester, mais ils ont surtout le droit d’avoir des aspirations autres que celles d’un gouvernement arrogant qui s’acoquine avec des bandits en cravates et des profiteurs patentés.

Le mouvement que les étudiants ont lancé ne se résume pas à la hausse vertigineuse des frais de scolarité. Ils l’expliquent très clairement dans leurs revendications. Ils veulent qu’on repense le système d’éducation, qu’on surveille les dérives dépensières des universités, qu’on mise sur la matière grise et le savoir, qu’on réfléchisse sur nos choix de sociétés.

Ils sont suivis dans ce sens par la population qui ne veut plus qu’on fasse du développement sauvage comme en 1960 où l’on donnait à des amis du pouvoir les ressources naturelles sans aucune garantie environnementale et économique, où des compagnies recevaient le permis de détruire tout sur le passage pour en extraire le maximum de bénéfices, où des multinationales obtenaient le droit de détourner les rivières pour leur propre profit et où le bien commun était privatisé pour le bien de quelques-uns.

Aujourd’hui, le peuple québécois commence à se lever, comme les Égyptiens et comme les Tunisiens pour les raisons que l’on sait, mais aussi comme les Islandais dont on entend si peu parler, mais qui ont remis en question leur système économique ultra-capitaliste et les cupides financiers qui les ont plongés dans une spirale boursière vertigineuse.

Ici, c’est contre la dictature du profit, contre la tyrannie du fric, contre l’exploitation à outrance des ressources naturelles, contre la torture de notre environnement, contre l’emprisonnement du sens de l’éthique, contre la détention abusive du bien commun que les gens commencent à se lever.

Oui, Jean n’est pas Mouammar et Charest n’est pas Kadhafi. Mais ça n’empêche pas les revendications des Québécois d’être légitimes. Et Amnistie Internationale de s’inquiéter des tactiques policières, des méthodes d’arrestation ainsi que des violations des droits fondamentaux associés aux manifestations pacifiques comme le droit à la liberté d’expression et le droit de réunion pacifique et d’association, ainsi que le droit d’être protégé contre les arrestations arbitraires.

Nous ne sommes peut-être pas en Égypte. Mais ce n’est pas une raison pour vouloir étouffer les voix qui s’élèvent.

Texte publié dans le Huffington Post

Leçon de journalisme 101

Hier, si vous avez vu la une des principaux quotidiens de Montréal, vous vous êtes peut-être demandé sur quelle planète vivent les journalistes du Journal de M…

Que fallait-il mettre en une ce lundi matin après un week-end riche en nouvelles, en émotions et en événements de toutes sortes?

Les grands gagnants du gala des prix Artis?

Le congrès de la CAQ?

Quelques vitres cassées par des casseurs sachant casser sans qu’on le leur ai demandé?

La possibilité de l’éventualité d’une hypothétique rencontre entre la ministre de l’intimidation, oups, je voulais dire de l’éducation et une fraction des associations étudiantes?

Les nombreuses arrestations arbitraires de manifestants durant le salon du Plan Nord?

La victoire de Vettel en F1 au Barhein?

Le séjour dans un hôtel de luxe aux frais des contribuables de la ministre conservatrice de la Coopération internationale Bev Oda?

La manifestation historique à l’occasion du Jour de la Terre qui a rassemblé plus 250 000 personnes à Montréal et fait sonner toutes les cloches des églises du Québec?

C’est bien sûr ce grand rassemblement exceptionnel que tous les journaux de Montréal, de la Gazette au Metro en passant par la Presse et le Devoir, ont retenu. Tous? Non… Le Journal de Montréal, qui n’a de Montréal que le nom, n’en a même pas touché un petit mot en une.

Non, ce qui a surtout retenu l’attention du journal de la rue Frontenac, c’est une personne « leurrée » (sic).

Oui, oui, le Journal de Montréal a titré sa première page sur une anecdotique affaire douteuse alors que le Québec venait de vivre le plus grand rassemblement populaire en faveur de l’environnement de son histoire, qu’un vent de renouveau soufflait de Gatineau à Gaspé et que tous les autres quotidiens ont, eux, souligné la grande manifestation émouvante et vibrante lancée par Dominic Champagne.

Qu’on n’en parle pas dans le Journal de Winnipeg ou le Quotidien de White Horse, je peux comprendre. Mais que le Journal de Montréal l’occulte, c’est un échec garanti en Journalisme 101.

Après ça, comment voulez-vous que les gens dont la source d’information n’est que le Journal de M. se fassent une idée de la réalité du monde dans lequel ils vivent?

Texte publié dans Branchez-vous

Vendredi 13

Jour de chance ou jour de malheur? Jours de toutes les superstitions ou jour de toutes les peurs? Catastrophes annoncées ou poisson d’avril à l’année? Une chose est sûre: vendredi 13, samedi 14. Et ce, dans tous les calendriers.

Comme beaucoup de choses dans notre société, les croyances entourant le vendredi 13 ont une origine biblique.

Rappelez-vous la dernière cène, celle où Jésus invite ses disciples à un barbecue dans le parc du Mont des Oliviers. Un rapide calcul nous permet de savoir qu’ils étaient treize à table. Douze apôtre plus un Jésus. D’ailleurs on a rejoué la cène la semaine passée à l’occasion du week-end de Pâques. Voilà pour le chiffre maléfique 13. Quand on vendredi, c’est tout simple, Jésus a été crucifié un vendredi. CQFD. 1 + 1 = 13.

Voilà pour la partie culturelle.

Maintenant, imaginons qu’il se passe vraiment quelque chose un vendredi 13… que pourrait-il bien se passer ici?

Voici quelques prévisions pour ce vendredi magique où les superstitions les plus folles peuvent entraîner des catastrophes aussi bien que des miracles:

Jean Charest démissionne et décide de rester en exil au Brésil.
Le vernis de Nathalie Normandeau craque et elle retrouve le sens de l’éthique qu’elle avait perdu dans le fond d’une enveloppe brune.
La secrétaire de Line Beauchamp casse une autre paire de lunettes.
Les voitures de police, telles des buissons ardents, s’enflamment toutes seules sans l’aide de casseurs.
Stephen Harper glisse sur une flaque de sable bitumineux, se tape la tempe contre un aileron de F35, perd la tête, décide de se laisser pousser les cheveux et la barbe et devient hippie.
L’échangeur Turcot s’écroule tout seul, comme ça on a plus besoin de le démolir.
Les Canadiens de Montréal se font racheter par le duo Labeaume-PKP et déménagent à Québec. Ils gardent cependant leur nom et deviennent les Canadiens de Québec.

Allez-y des vôtres.

 

Texte publié dans BRANCHEZ-VOUS.

On ne peut plus rencontrer quelqu’un par hasard

La géolocalisation tue le destin et efface les coïncidences. Si vous allez sur Foursquare et vous savez qui est là avant même d’y arriver. Comme si vous y étiez déjà sans même y être allé. C’est un afficheur, mais grandeur nature, étoile 69 à hauteur d’homme. Une sorte de machine à vous téléporter, sans vous dématérialiser ni même vous déplacer.

Avant l’afficheur, à chaque appel, c’était une nouvelle surprise. Il fallait décrocher et même parfois demander « qui c’est » ou, plus poliment, « à qui ai-je l’honneur » pour savoir qui était à l’autre bout du fil (parce qu’en ce temps-là, les téléphones étaient aussi attachés à un fil). Même si une fois sur deux, vous saviez que c’était votre mère, l’autre fois c’était un mystère, une surprise, un importun ou un important. Qui sait qui c’est ?

Maintenant vous n’êtes plus obligé de décrocher pour vous assurer que vous voulez répondre.

C’est le progrès.

Depuis qu’on a inventé l’afficheur, les surprises s’en fichent, les « ah, c’est toi? » étonnés ne sont plus de mises et vous ne devez plus inventer des excuses bidons pour raccrocher puisque vous n’avez même pas décroché.

C’est comme l’invention de l’échographie. Cette machine à regarder dans l’emballage la nature du cadeau évite sans doute bien des disputes et des nuits blanches pour chercher le prénom d’un nouveau né en effaçant d’un coup de sonde 50% des choix possibles. Mais elle élimine du même coup et à jamais la joie de découvrir dans les cris et l’émotion de l’accouchement la binette, le sexe et le nom de junior.

Outre l’appel de belle-maman que nous pouvons détecter au premier dring dring ou le sexe de bébé qui se dévoile avant même que junior ait montré le bout du nez, désormais, comme Dieu, nous savons où sont les autres. Car en un clic et autant de coup d’œil, vous savez repérer qui est où et où est qui.

Il n’y a plus de hasard, ni d’aléas, ni d’imprévus.

Je vous écrit ceci d’ici. Mais vous le saviez sans doute déjà, c’est statué sur Facebook, marqué sur Foursquare et écrit dans le ciel.

Il n’y a plus que « quand? » qui reste sans réponse. Quand le téléphone va-t-il sonner ? Quand va-t-elle enfin arriver à votre rendez-vous ? Quand est-ce qu’on mange ? Quand la mort va-t-elle nous emporter ?

Si vous me cherchez, je vais « checker in » sur une plage du Maine.

 

Texte publié dans BRANCHEZ-VOUS

Qu’est-ce que vous avez fait de mon argent?

Le client n’est pas content. Pas du tout. Il n’en a pas eu pour son argent. En fait, il n’en a pas eu pour le quart de la moitié du dixième de son argent. Et puis, ce n’est pas ça qu’il avait commandé, le client. Il n’a pas payé pour ça. Il est fâché. Très fâché.

Il aimerait retourner l’item, changer de service, demander un remplacement. Mais le service à la clientèle ne répond plus. Les portes sont fermées. La ligne est occupée. Et le site web, comme le reste du magasin d’ailleurs, est en construction.De toute façon, il n’y avait aucune garantie. Mais ce n’est pas tout. La facture est bien plus salée que ce qu’on lui avait annoncé et, détail écrit en petits caractères sur le contrat qu’il n’a pas pu signer, il va devoir rembourser une dette qu’il n’a même pas contractée.Le client pleure comme s’il venait de recevoir une dose de poivre de Cayenne en pleine face.

Est-ce qu’il peut appeler La Facture? J.E.? Michel Jean, viens vite à son secours, please! Faites revenir Jocelyne Cazin, ça presse! Est-ce qu’on peut demander un rabais? Un échange? Aller voir ailleurs? Changer de crèmerie? Virer le service à la clientèle? Demander la mutation du gérant en chef? Donner son 4% au 1% d’incompétents? Est-ce que la farce est bientôt finie? Est-ce que le client va pouvoir se réveiller enfin sur un matin qui chante, comme dans les chansons? C’était un cauchemar, n’est-ce pas? Tout va revenir à la normale?

Le client ne veut pas des F35 de merde qu’on veut lui fourguer à tout prix pour bombarder des inconnus! Il ne veut pas de publicité pourrie sur les ondes de sa radio publique! Il ne veut pas de méga échangeur Turcot façon 1960! Il ne veut pas des cailloux du grand Nord et du gaz de schiste! Il ne veut pas non plus de l’inutile îlot voyageur vide! Il ne paye pas chaque année des impôts démesurés pour que d’autres les dépensent en salaires de sénateurs superflus, en portraits de la reine d’un autre pays ou en lac artificiel pour épater une galerie de chefs d’état. Il ne donne pas une grosse partie de ce qu’il gagne à la sueur de son front pour qu’on construise d’autres prisons, pour qu’on bétonne son environnement, pour qu’on flambe ses économies dans les sables bitumineux, pour qu’on envoie une meute de flics en armures tabasser des gens qui manifestent pacifiquement.

Il veut la paix, le client. Pas grand chose. Il veut que son argent lui apporte un peu de paix. Il veut un peu d’air pur. Il veut un peu de culture, un peu de divertissement. Il a payé pour ça. Il veut un médecin pas loin qu’il n’attendrait pas trop longtemps. Il a aussi payé pour ça. Il veut des gens instruits qui lui apprennent des choses nouvelles. Il veut une démocratie forte et des droits pour tous. Il a encore payé pour ça. Grassement. Il paye toujours. Beaucoup. Il payera encore longtemps. Il veut des élus honnêtes. Mais ça, ça n’a pas de prix, on dirait. Il veut que son argent serve au bien commun, améliore le quotidien de tous, profite à chacun. C’est pour ça qu’il fait inlassablement chaque année des chèques de plus en plus gros au receleur général de plus en plus vorace.

Mais là, le client est tanné. Il veut un remboursement. Sinon il va se fâcher. Avec les 99% d’autres clients fâchés. Et cette fois, la meute de policiers anti-émeute ne pourra pas grand chose.

Texte publié dans URBANIA