Condescendant ou ascendant con?

Une amie Facebook a liké un texte du chroniqueur vedette d’un journal qui tache les doigts. Je me suis dit que ça devait être intéressant.

Après avoir perdu deux minutes à lire, j’en perds trois à le copier/coller paresseusement en changeant à peine quelques mots pour le rendre pertinent à cette tribune et justifier les émoluments qu’Urbania me verse mensuellement.

Le susmentionné chroniqueur d’opinion, a commis un texte en réponse à un lecteur qui lui demandait pourquoi il était aussi condescendant envers les étudiants. Bien sûr, lui, il trouve qu’il est l’un des rares chroniqueurs à ne pas l’être (condescendant, évidemment, pas étudiant)… Et je ne ferai pas de jeux de mot vaseux avec l’étymologie du mot condescendant, j’en ai déjà fait un dans le titre, vous pourrez en faire d’autres en famille à l’heure du souper, c’est très facile.

DES YEUX NOIRS

Visiblement, lui et moi n’avons pas la même notion de la «condescendance». Alors qu’il copie la définition du dictionnaire, il oublie de ne pas prendre un air de dédain, un ton méprisant et un style hautain en le faisant.

Bref, sa condescendance n’a d’égal que sa certitude à faire partie de ces êtres supérieurs qui n’ont de leçon à recevoir de personne surtout pas d’un jeune. Il ne fait même plus semblant de se trouver pathétique, il écrit ce que beaucoup de gens pensent de lui : «Le pauvre, il est con comme la pluie, mais au moins, il fait un effort, je devrais donc agir comme si ce qu’il disait était passionnant…»

En voyant les étudiants boycotter leurs cours pour une cause qui nous semble juste et qui, surtout, se tiennent (encore) debout, il se range du côté des paby-boomers extraordinairement condescendants. Il regarde les étudiants avec ses yeux noirs et leur parle franchement, en ouvrant son livre à lui et en faisant le contraire de les respecter, de les considérer comme des égaux.

À QUATRE PATTES
En bon chroniqueur, il s’adresse au lecteur en leur posant des questions dont les réponses sont des truismes fallacieux et des poncifs sournois.

Exemple?: «C’est beau de voir ces jeunes descendre dans la rue, mais ils se battent pour la mauvaise cause». «C’est de leur âge. On était tous à gauche quand on avait 20?ans». «Au moins, ils ne passent pas leurs journées à jouer au Nintendo, ils font l’apprentissage de la vie citoyenne, c’est un pas dans la bonne direction».

Il se moque du lecteur en disant que ceci c’est de la condescendance, mais que, lui, ô non jamais,?n’oserai s’y adonner ! En passant, il injurie l’intelligence des étudiants, la vitalité de la gauche et le droit à la manifestation!

Ce chroniqueur a tellement peur de détruire son petit égo fragile de chère vedette médiatique qu’il a perdu le réflexe d’être franc et honnête avec lui-même. Il est toujours à quatre pattes devant lui-même (je sais, ça demande un peu de gymnastique), à s’extasier devant ses moindres mots et textes. Il commet un torchon, il crie au génie comme s’il était la réincarnation de Victor Hugo.

Il se promène de tribune en tribune en déclarant que la hausse est tout à fait raisonnable et il se prend pour Louis-Joseph Papineau. Les nerfs, calvaire?!

Il a tellement de carrés rouges en travers de la gorge qu’il crache sur tout ce qui bouge sans faire aucune distinction.

Avouons que le pauvre chroniqueur a perdu tout sens de la mesure.

LA BOUCHE PLEINE

Et après… attendez-vous à ce qu’il compare la situation des étudiants avec celle des enfants d’Afrique engagés de force dans l’armée, des jeunes filles du Maroc obligées de marier leur violeur ou des enfants des pays du Tiers-Monde qui ne peuvent aller à l’école, car ils doivent bosser dix?heures par jour dans des usines.

En conclusion, il ira de son petit calcul savant où les étudiants organisent une grève de la faim la bouche pleine pour combattre une hausse de 89?sous par jour.

Il nous niaise, non? Et il faudrait en plus l’applaudir? Saluer sa «franchise», ses «vraies affaires», son «bon sens»?

Pauvre, pauvre chroniqueur. Il baigne dans l’auto-complaisance jusqu’au menton, et il va se plaindre parce qu’on rit de lui…

Si vous avez le courage de lire l’original, il est ici : http://www.journaldemontreal.com/2012/04/10/qui-est-condescendant-#.T4V_CzKQzSw.facebook

texte publié dans URBANIA
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