Comment font-ils pour rester calmes?

Un regroupement de citoyens de Montréal a décidé de passer à l’action contre la hausse vertigineuse des taxes foncières, les détournements de fonds publics, l’incurie des élus, les excuses pathétiques de Gilles Surprenant, la moustache de Luc Leclerc, la victimisation de Gérald Tremblay,….

Et ils ont décidé de le faire sans casser de gueules, sans déchirer de comptes de taxe sur la place publique, sans démolir d’installations municipales.

Faut avoir du courage! Et la foi! »Mile End pour tous et toutes », un comité de citoyens (il s’agit de mon quartier, je me dois d’être aussi transparent que Denis Coderre) a décidé de participer aux travaux de la Commission des finances de la Ville de Montréal (vous savez, la gang qui vous mijote des comptes taxes et vous les envoie par la poste deux fois par an). Ces citoyens honnêtes n’ont pas derrière eux une batterie d’avocats experts en détournement de loi ou de conseillers en bonnes manières pour intimider les élus. Ils n’ont pas d’argent caché dans leurs bas pour payer les extras. Ils n’ont même pas l’attention des médias.Ils n’ont que l’énergie des citoyens qui voient leur vie s’assombrir par une série inquiétante de dérives. Ils n’ont que le désir ardent de rétablir la justice et de favoriser enfin une véritable participation démocratique face à une mafia de profiteurs sans scrupules. Ils n’ont surtout que le besoin de ramener les dépenses publiques à un niveau raisonnable et viable pour ceux qui n’ont pas les moyens « légaux » de se payer des maisons à 1 $ (oui un dollar) dans le Upper Outremont.

À leur place, j’aurais sorti mes casseroles pour faire entendre mon courroux, j’aurais repeint la façade de l’hôtel de ville en rouge, j’aurais peut-être même bloqué la rue, mais pas trop longtemps parce que la rue, c’est le chaos disait Jean Charest.

Eux ont décidé d’agir positivement !

Ces citoyens sensés, calmes et courageux ont d’abord posé des questions aux responsables de la Ville de Montréal et ils ont attendu la période des questions pour le faire (quand je vous dit qu’ils sont patients!) : Quelles mesures la ville a prises pour empêcher que des fonctionnaires ne disposent de l’argent public pour commettre des gestes de corruption et s’enrichir de façon illégale ? Comment la direction de l’eau s’assure-t-elle que les travaux soient faits au juste prix sans dérapage ni… coulage? Est-il vrai que des employés reçoivent des boni sans évaluation? Qu’est-ce que le contribuable obtient réellement pour chaque dollar investi?

C’étaient des bonnes questions.

Mais ils en veulent encore plus. Ne vous m’éprenez pas, ils ne veulent pas en recevoir plus! Ils veulent en donner encore plus. Ils voudraient que Montréal suive l’idée de plusieurs grandes villes comme Paris, Rome, Berlin, New York ou Chicago qui se sont mises au Budget Participatif.

De que quoi que c’est que le Budget Participatif que vous vous demandez?

Je me suis aussi posé la question. Mais finalement la réponse est toute simple. C’est un processus de démocratie participative qui permet d’impliquer le public dans les choix budgétaires des administrations municipales.

Logique, c’est lui qui paye. À la maison, c’est vous qui décidez si on creuse une piscine dans la cour ou si on refait le toit qui coule. À la ville ça devrait être pareil. Ce processus a fait ses preuves dans plus de 1000 villes à travers le monde. C’est d’ailleurs le meilleur moyen de contrer la corruption, de mieux gérer les fonds publics et d’utiliser l’argent (le vôtre en passant) avec plus de transparence.

Le progressif et innovateur Plateau Mont-Royal (là encore, pour être aussi transparent que l’homme invisible, je me dois de rappeler que c’est mon quartier) a tenté l’expérience.  Pourquoi la ville centre ne s’y mettrait pas, elle aussi, se demande le regroupement « Mile End pour tous et toutes »?

Cet exercice de démocratie permet aux citoyens de participer à certaines décisions de façon éclairée en fonction de leurs préoccupations. Ils sont tout de même les mieux placés pour savoir quels sont les véritables besoins de leur communauté.

Mais les idées des citoyens, les désirs de démocratie, les propositions originales de gestion du budget en collaboration avec la population, toutes ces choses qui pourraient améliorer la qualité de ville et rétablir la justice et l’éthique ne sont pas aussi rigolos qu’une partie de golf avec le parrain de la mafia, une garçonnière remplie d’escortes ou des caisses de vin millésimé. Les médias n’en parlent donc pas. Et si les médias n’en parlent pas, les élus s’en foutent comme d’une promenade en bateau avec Tony Accurso.

Les citoyens ne sont pas plus cons que les élus ou les fonctionnaires et certainement beaucoup moins corrompus. Ne serait-il pas normal qu’ils puissent avoir un jour leur mot à dire sur ce qu’on fait avec leur argent ?

Texte publié dans URBANIA
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