Un tout nouveau montréalais…

ophelie-3semainesLe bébé de mes amis est né hier.

J’avais écrit ce texte pour le site de Habiter Montréal en pensant à lui.

Le bébé doit naître début janvier. Mais tout porte à croire que ce sera bien avant. Peut-être entre Noël et le jour de l’an. Peut-être même avant. Lire la suite de « Un tout nouveau montréalais… »

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Foutez-moi la paix!

pere-noel02C’est Noël (excusez-moi si Noël ne fait partie de votre calendrier religieux), et je n’aspire à rien d’autre qu’à un peu de calme sur terre, à l’harmonie dans les foyers et à la sainte paix entre les peuples!

Mais en ces temps sombres de pertes de croyances, de violence insolente, de retour des ventes d’Après-Noël avant Noël, de cadeaux en trois versements zéro comptant et de traditions galvaudées, il est bon de rappeler pourquoi les bureaux sont fermés et sous quel prétexte on s’empiffre de foie gras, d’huîtres et de bûches aux marrons (à moins que vous ne soyez adeptes de dindes, de tourtières et d’atocas, mais peu importe, dans les deux cas, c’est régime obligatoire en janvier).

Dans les relents de lendemain de veille et les vapeurs de cocktail maison, essayez de vous rappeler qui, quoi, qu’est-ce que vous fêtiez hier. Le monde entier, ou presque, a pris congé pour célébrer la naissance d’un bébé qui a changé la face du monde, qui a bouleversé l’histoire de deux millénaires, qui a marqué l’existence de milliards d’êtres humains et dont on se contre-crisse désormais.

En effet, aujourd’hui, 2012 ans environ (mais il semblerait que ce soit un peu plus) après la naissance de ce fils de charpentier et d’une vierge joyeuse, même si le rejeton est plus connu que les gagnants d’Occupation Double, il est moins fréquenté que ces derniers. Tout le monde connaît son nom, mais plus grand monde n’y croit… sauf s’il nous permet d’avoir un jour de congé payé.

Après des siècles et des siècles de saintes célébrations, le message d’amour a été remplacé par une overdose de calories. Le symbole de paix a été balayé par une invitation à la surconsommation. Et l’esprit des Fêtes a été mis de côté pour l’esprit des Ventes.

C’est pourquoi, vendeurs de tout acabit, responsables du service à la clientèle qui voulez m’aider, marchands de rêve à crédit, mon souhait le plus cher, c’est que vous me foutiez la paix et que nous retrouvions tous l’esprit sincère et originel de la Fête de Noël…

Ainsi soit-il.

Texte publié dans le Huffington Post.

Un monde de fake

50d280babebcf_largeSi j’avais une seule chose à retenir de cette année qui se termine enfin, c’est qu’il n’y a plus rien de vrai.

La télé, les nouvelles, Internet, les potins, les politiciens, la police, Jacques Villeneuve, la vie, on ne peut plus se fier à rien.

Et je ne parle pas seulement de la vidéo virale de l’heure qui a obtenu plus de dix millions de visionnements en moins de 24 h. Vous savez, l’aigle qui kidnappe un bébé.

Combien de gens y ont cru? Combien ont désormais peur de se promener sur le Mont-Royal? Combien ont demandé une intervention publique pour chasser les vilains rapaces qui nichent dans nos parcs et nos campagnes? Et combien vont prendre cette vidéo de potache comme prétexte pour pouvoir se promener avec un fusil en cas d’attaque de volatile ou de délire de plumitif?

Le succès fulgurant et épidémique de cette vidéo drôlement bien réalisée est à l’image de notre époque. On s’enflamme à 20.36 Mbits/secondes (c’est ce qu’indique en tout cas à l’heure actuelle mon compteur de connexion Internet). Nous vivons chaque jour plusieurs épisodes de combustions spontanées. Mais aussitôt brûlé, aussitôt oublié.

On ne sait plus ce qui est vrai ou ce qui est faux. On nous fait croire tout et n’importe quoi. Scotchés à nos écrans comme des mouches à leurs étrons, nous attendons avidement le moindre scoop ou le plus petit potin, prêts à le retweeter sans même en vérifier la véracité sur Hoaxbuster.

La statue de la Liberté a été renversée par l’ouragan Sandy. Facebook va devenir payant. On a trouvé des traces d’une licorne en Corée du Nord. Une riche rombière de Côte d’Ivoire voudrait nous faire hériter de sa fortune. On en a vu et entendu de toutes les couleurs en 2012. Tellement que je ne me souviens même plus du moitié du quart du centième de tous ces moments complètement fake.

Des liasses d’argent dans des chaussettes? Des maisons à 1 $? Du gaz dans les cailloux? La candeur de Denis Coderre? Vrai? Faux?

Et puis il y a des horreurs auxquelles on aurait préféré jamais ne devoir croire. Des crimes qui dépassent l’entendement.

2012, c’est en effet aussi l’année où n’importe quel quidam a pu visionner sur Internet le démembrement et le meurtre de Lin Jun, un étudiant chinois de 33 ans, par un débile qui ne mérite pas qu’on le nomme ici. C’est l’année du massacre de 20 enfants et 7 adultes par un malade mental bien réel qui n’aura pas l’honneur de voir son nom écrit dans Urbania. C’est encore celle de la tuerie de 12 personnes insouciantes qui allaient au cinéma par un criminel qui ne vaut même pas qu’on se souvienne de lui.

Est-ce parce que le vrai est laid qu’on s’emballe pour le faux les yeux fermés?

À la veille de la fin du monde (mais là encore, même si je ne suis pas très familier avec l’humour maya, je me demande si ce n’est pas un canular), je souhaite plus de vérité dans nos vies, plus de sincérité dans nos sentiments, plus d’honnêteté dans nos gestes.

C’est un vœu naïf peut-être. Mais ça, ce n’est pas un vœu fake

 

Texte publié dans Urbania

Bruxelles ma belle…

IMG_3305Je ne sais pas si c’est l’air du temps, le temps qu’il fait ou le temps qui passe, mais ces derniers temps, j’ai beaucoup écrit sur Bruxelles… et sur Montréal.

Il y a eu Bruxelles ville de la semaine dans URBANIA. Il y a eu aussi, toujours dans URBANIA, Bruxelles en images.

Et puis j’ai écrit récemment pour l’association du quartier Brussels Louise un texte sur les ressemblances entre Bruxelles et Montréal. Montréal est en effet à l’honneur dans le quartier Louise à l’occasion des Fêtes. Et j’ai aussi écrit pour le magazine Big Book publié à Bruxelles le portrait d’un Bruxellois qui a réussi à Montréal: Patrick Beauduin.

Si vous passez par Bruxelles et le Quartier Louise, profitez-en pour aller voir l’œuvre lumineuse Bül crée par des artistes Montréalais.

 

Une minute de silence

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Un peu de calme, s’il vous plaît. Un moment de quiétude. Loin de la furie. Loin de la folie.

Un jour sans babil. Un jour sans blabla. Une heure sans brouhaha. Du silence pour qu’on puisse s’entendre penser. Un instant de tranquillité pour se retrouver. Une minute sans bruit. La paix, SVP, pour mieux apprécier la vie. La vie qu’un fou peut enlever d’un coup de fusil.

Assourdissant massacre. Assourdissants massacres.

Face à la violence, face à la folie, je suis désarmé. Et déjà le tourbillon des mêmes commentaires qui se répètent à l’infini parce que ce sont encore les mêmes événements qui se répètent ad nauseam.

Il nous arrive trop peu souvent de faire une pause, d’arrêter la cacophonie, de couper le son et d’écouter le silence. Je vous propose de le faire ici.

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Et alors ? Qu’avez-vous entendu loin du vacarme des tristes nouvelles qui tournent en boucle? Qu’avez-vous vu loin des cris du scoop et de la poursuite de sensations à tout prix? Qu’avez-vous compris loin de la surenchère de l’info en continu?

Trop de bavardages empêche la vraie réflexion, celle tournée vers soi. Celle qui prend le temps d’y penser avant de repasser. Trop de boucan couvre le silence de ceux qui n’en pensent pas moins mais ne disent rien.

Le silence ne nous permettra pas de comprendre pourquoi. Comment, on le sait déjà. Faut-il encore rappeler que la folie tuerait moins si elle n’avait pas d’armes à feu entre les mains.

Pour trouver ce silence apaisant, il y avait autrefois les églises qui sont aujourd’hui en ruine, abandonnées, transformées en condos ou bien fermées au public. Il y a maintenant les musées, mais dépêchez-vous avant que Stephen Harper ne les fasse tous fermer ou alors ne les remplace par des monuments en l’honneur de la guerre, de la reine ou de la canadianité. Et puis il y a le calme du fond de bois. Ce calme que les chasseurs sachant chasser se font une joie de débusquer à grands coups de pan pan.

Il est bien difficile, au lendemain d’un autre massacre bouleversant, de trouver un peu de calme et de sérénité.

C’est pourquoi je vous propose pour une fois une minute de silence.

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Moi, je vais marcher dans le bois, écouter le silence, admirer la vie, essayer de trouver un peu de sérénité et de beauté.

Texte publié dans le Huffington Post

J’assume

IMG_3406Le XXIe siècle est celui de la différence. 2012 est l’année de la fin du monde. Et cette semaine est celle où j’affirme mon moi-même. Avec ses bons côtés et ses mauvais coups.

Parce que il n’y a pas de raison que je ne le fasse pas moi non plus. Ça fait des années que j’accepte les autres comme ils sont. Et surtout comme ils ne sont pas. Sans les juger, le cœur sur la main et la main tendue.

Ça fait longtemps que j’ai rangé mon idée de la normalité dans le tiroir des choses dont on ne parle pas, avec les maladies honteuses et les plaisirs coupables.

Mais là, je commence à avoir moi aussi envie d’être le centre de mon identité exceptionnelle et de mon orientation textuelle. Que vous aimiez ou pas, ça ne change rien. Mais finalement, je préfèrerais que vous aimiez.

Revendiquer sa différence est très tendance. Ces derniers temps, tout le monde sort du placard, du garde robe, de son tiroir de cuisine, de son mutisme, de sa réserve, de l’ordinaire. Les distincts en tous genres s’exposent sur toutes les tribunes et il y a tellement de minorités au balcon que bientôt, même la majorité en deviendra une (de minorité, bien sûr, pas de balcon).

Lesbiennes, gros, sobres, végétariens, roux, femmes voilées, intimidés, nerds, Belges, frustrés, anglos, adolescents boutonneux… Ils sont tous devenus des intouchables. Et ne vous avisez pas de le souligner comme je suis en train de le faire… Vous passeriez pour un beauf extrémiste, pire, un mâle hétérosexuel blanc frustré, un chroniqueur en manque d’imagination, un auditeur de radio poubelle, un vieux croûton trop sec,…

Désormais, la différence est la norme.

Si tu as tes deux jambes, si tes parents sont encore ensemble, si tu aimes l’autre sexe comme Ève aime Adam et Adam aime le hockey, si tu n’as pas de troubles d’anxiété, si tu es blanc, que tu n’a jamais été en prison, que la pire maladie que tu as eu c’est la grippe, si tu as encore ton prépuce, si ton plus gros fantasme c’est de faire l’amour avec ton conjoint ou ta conjointe dans la chambre à coucher… tu fais partie de la majorité de ces gens dont on ne peut pas parler parce qu’il n’y a rien à raconter.

Notez que c’est parce que nous sommes tous différents que nous sommes finalement tous pareils.

 

Texte publié dans Urbania

Pourquoi faire simple?

question-thumbJe viens de passer quelques jours en Europe. Loin des crises de nerfs du PLQ. Loin des crises existentielles du PQ. Loin des crises de conscience de QS. Loin du Journal de M, des toilettes de la famille Vaillancourt, des super ventes d’avant Noël et des conditions de circulation. Et vous savez quoi? Vous ne connaissez pas votre chance.

Quoi qu’on en dise, quoi qu’on en pense, quoi que Bachand essaye de nous faire croire, quoi que Legault essaye de nous faire peur, quoi que TVA essaye de débusquer, le Québec est sans doute l’endroit le plus agréable sur la terre.

Non seulement on y vit bien, mais en plus, on y vit bien (il n’y a pas de faute de frappe).

On oublie, je veux dire surtout nous les plumitifs grassement payés à étaler leurs opinions et leurs états d’âme dans les médias populaires, que la vie au Québec est simple, confortable, pacifique, distrayante, name it. On a tendance à voir la vie en noir alors qu’elle est plutôt bigarrée et variée. Une certaine presse (et quand je dis « presse » ça veut dire tous les torchons qui se complaisent à dresser jour après jour un portrait négatif de la vie au Québec), une certaine presse disais-je donc avant de devoir tout vous expliquer s’évertue tellement à noircir l’image de la société que certains lecteurs/spectateurs/consommateurs ont fini par la croire.

Et quand vous avez le malheur de voir les choses en rose, une armée de grincheux grimpe aux barricades des médias pour vous traiter de pelleteux de nuage, d’artiste BS ou d’incitateur à la violence.

Mais rien ne vaut quelques exemples pour nous rappeler que le ciel est plus bleu quand on lève les yeux.

Quand, à Montréal, on attend l’autobus plus de 5 minutes, voire 10, l’horreur, on crie à la tiers-mondisation, au chaos, au crime contre l’humanité. Il faut avoir attendu les transports en commun bondés dans le crachin humide d’automne d’une capitale européenne pour se rendre compte qu’à Montréal, c’est pas si mal.

Quand, au Québec, on doit remplir deux papiers pour obtenir un document officiel ou qu’il faut prendre un numéro pour passer au guichet d’un fonctionnaire, on hurle à l’incompétence. Il faut avoir couru les administrations européennes pour constater, finalement, l’efficacité des services publics québécois.

Quand, au printemps dernier, quelques esprits chauds entrainés par un esprit de révolte cassaient une vitrine ou deux, on criait au chaos, à la guerre civile, à la terreur… Il suffit de voir une manifestation d’agriculteurs européens pour se rendre compte que les plus excités des cagoulés du Black Bloc ne sont, finalement, que des moutons noirs frappés de tremblante.

Quelques autonombrilistes virulents s’en prennent sans cesse à la circulation en ville et particulièrement sur le Plateau Mont-Royal qu’ils qualifient de toutes sortes de noms sans imagination. Ils devraient se promener dans les quartiers de Bruxelles, de Londres ou de Paris pour constater que non seulement c’est finalement très simple de circuler sur le Plateau, mais que par-dessus le marché, c’est relativement facile d’y trouver une place à moins de 3 minutes de marche de notre destination. Pour un quartier comparable dans les grandes villes d’Europe (mais j’imagine qu’à Tokyo ou Shangaï ça doit être pareil), non seulement il vous faudra rouler moins vite qu’un piéton (j’en ai fait plusieurs fois la démonstration) mais vous devrez de plus tourner longtemps avant de vous risquer à vous stationner dans une place étroite et payante d’où vous aurez toutes les misères du monde à vous extraire.

Et que dire de tous les petits gestes quotidiens qui nous simplifient la vie comme une réservation sur Internet, un renseignement auprès d’un fonctionnaire, l’achat d’un timbre à la poste, le retrait d’argent au guichet automatique ? Tout est plus compliqué. Quand vous réservez par exemple un billet sur le site TGV, vous devez à chaque fois entrer toutes vos informations si vous décidez simplement de changer de date. Quand vous voulez payer de l’étranger pour une transaction sur un site officiel belge, vous devez rentrer une carte à puce dans une machine exclusivement disponible… en Belgique. Quand vous achetez par Internet un billet de train de la SNCF, vous ne pouvez pas le faire pour quelqu’un d’autre. Et quand vous avez à faire à une personne en chair et en os, il y a fort à parier qu’elle vous servira sans sourire, comme si vous la dérangiez.

J’aurais enfin aimé poster ce texte du Thalys, mais il n’y avait aucune connexion dans ce train à grande vitesse entre Bruxelles et Paris. J’aurais voulu le faire de la gare, mais il fallait un abonnement Internet avec un opérateur de téléphone mobile local. J’ai enfin réussi à le poster de l’aéroport, moyennant quelques émoluments et plusieurs minutes de zigonage pour se brancher…

J’arrête, parce que vous allez finir par croire, comme ces milliers d’Européens qui rêvent de prendre votre place au pays des caribous, que la vie au Québec, c’est formidable.

Texte publié dans URBANIA