J’assume

IMG_3406Le XXIe siècle est celui de la différence. 2012 est l’année de la fin du monde. Et cette semaine est celle où j’affirme mon moi-même. Avec ses bons côtés et ses mauvais coups.

Parce que il n’y a pas de raison que je ne le fasse pas moi non plus. Ça fait des années que j’accepte les autres comme ils sont. Et surtout comme ils ne sont pas. Sans les juger, le cœur sur la main et la main tendue.

Ça fait longtemps que j’ai rangé mon idée de la normalité dans le tiroir des choses dont on ne parle pas, avec les maladies honteuses et les plaisirs coupables.

Mais là, je commence à avoir moi aussi envie d’être le centre de mon identité exceptionnelle et de mon orientation textuelle. Que vous aimiez ou pas, ça ne change rien. Mais finalement, je préfèrerais que vous aimiez.

Revendiquer sa différence est très tendance. Ces derniers temps, tout le monde sort du placard, du garde robe, de son tiroir de cuisine, de son mutisme, de sa réserve, de l’ordinaire. Les distincts en tous genres s’exposent sur toutes les tribunes et il y a tellement de minorités au balcon que bientôt, même la majorité en deviendra une (de minorité, bien sûr, pas de balcon).

Lesbiennes, gros, sobres, végétariens, roux, femmes voilées, intimidés, nerds, Belges, frustrés, anglos, adolescents boutonneux… Ils sont tous devenus des intouchables. Et ne vous avisez pas de le souligner comme je suis en train de le faire… Vous passeriez pour un beauf extrémiste, pire, un mâle hétérosexuel blanc frustré, un chroniqueur en manque d’imagination, un auditeur de radio poubelle, un vieux croûton trop sec,…

Désormais, la différence est la norme.

Si tu as tes deux jambes, si tes parents sont encore ensemble, si tu aimes l’autre sexe comme Ève aime Adam et Adam aime le hockey, si tu n’as pas de troubles d’anxiété, si tu es blanc, que tu n’a jamais été en prison, que la pire maladie que tu as eu c’est la grippe, si tu as encore ton prépuce, si ton plus gros fantasme c’est de faire l’amour avec ton conjoint ou ta conjointe dans la chambre à coucher… tu fais partie de la majorité de ces gens dont on ne peut pas parler parce qu’il n’y a rien à raconter.

Notez que c’est parce que nous sommes tous différents que nous sommes finalement tous pareils.

 

Texte publié dans Urbania

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