Marre de faire ma part!

5112e5de53583_largeLassitude. Février sans doute. Retour des taxes municipales. Saison des REÉR. Impôts qui pointent à l’horizon. Désir de Sud. Rêve de printemps. Il y a des jours et des moments où on en a assez de se casser le cul, assez de se dépenser, assez de vider sa vie alors que de toute façon, c’est la mort qui nous attend. Envie de farniente. Envie de se laisser aller. Envie de laisser faire, envie de ne rien faire, envie de profiter. Envie. Comme les autres.

Je sais, il y a peu, je vous disais qu’un petit effort, ça ne faisait pas de tort, surtout pour atteindre la beauté. J’écrivais aussi sur le civisme. Je trouvais que les gens n’en faisaient pas assez. Qu’un peu d’attention dans ce monde à l’abandon ne faisait pas de mal.

L’épuisement a eu raison de ma raison. Trop donné. Trop recyclé. Trop composté. Trop pelleté. Trop bossé. Trop pensé à votre avenir au lieu de penser à notre présent. Désormais, je fais comme tout le monde. Et puis tant pis pour demain.

C’est vrai, quoi. À quoi bon composter quand on paye des taxes pour remplir des camions poubelles. Pourquoi s’évertuer à faire du vélo l’hiver alors que ce serait tellement plus simple de prendre son auto. Et puis, d’ailleurs, pourquoi garder si longtemps cette petite Toyota Echo alors qu’un VUS de l’année serait tellement plus confortable et drôlement plus « m’as-tu-VUS ». À propos de confort, c’est le moment de se mettre aussi au démarreur à distance. Y a pas de raison qu’on se gèle le cul et les couilles alors que le voisin fait tourner le moteur de son Audi chaque matin.

Les Yolos ont raison. Les Yolos, vous savez, ces adeptes de la secte You Only Live Once. Tant qu’à vivre une fois, autant vivre n’importe quoi, n’importe comment.  L’important, c’est de le vivre, non ? Et en plus, c’est rigolo.

Les générations futures ? Mais qu’est-ce que vous pensez que ça me fait, les générations futures ? Je ne serai même plus là pour les entendre gémir. Vous non plus, d’ailleurs, vous ne serez plus là.

Autrefois, on disait « Après moi, le déluge ! ». Ça, c’était bien avant les menaces climatologiques qui pèsent aujourd’hui sur le moral du citoyen moyen qui n’en peut plus de faire des petits gestes pour la planète alors que les sables bitumineux, les grosses industries sales et les embouteillages le matin.

Marre de voir les profiteurs profiter, les pollueurs polluer, les magouilleurs se pavaner à la télé, les escrocs nous crosser et les voleurs vivre avec opulence dans le confort insolent de leur conscience absente. Marre de la commission Charbonneau et de son chapelet de brigands contrits qui retournent chaque soir chez eux siroter leurs pots de vin millésimé. Marre d’un autre printemps qui finira lui aussi dans un parking de centre d’achat. Marre des conservateurs qui prennent les Canadiens pour des cons. Marre des cons qui sont cons.

Si je continue, je vais devenir cynique.

Mais avant, j’écoute encore ma fille qui joue du Mozart et puis je m’inquiète parce que fiston qui s’est rentré un exacto dans la main n’est toujours pas revenu de l’hôpital.

Tiens, ça me rappelle que les générations futures habitent déjà dans ma maison… Je vous laisse, parce qu’il faut que je sorte le compost, que je trie le recyclage, que je fasse ma part,…

Texte publié dans URBANIA.
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