L’apostasie n’est pas une sorte de suppositoire

Les-chretiens-et-la-resurrection-de-Jesus_image_articleAu lendemain de l’avènement d’un nouveau pape, revenons un peu à des questions de religion.

Qu’on y croit ou pas, si notre société est ce qu’elle est, c’est quand même en grande partie à cause de la religion qui a édicté des lois, montré la voie, lancé des conquêtes, enseigné des connaissances, bâti des cités… et parfois fait des conneries.

Certains pensent qu’en se faisant apostasier, ils feront changer le pape d’idées. Comme s’ils croyaient aux miracles.

L’apostasie, contrairement aux suppositoires, n’est pas une technique pour faire passer la pilule que B16 et, vraisemblablement, son successeur ont essayé et vont essayer de faire avaler aux croyants du monde et, avant eux, tous leurs prédécesseurs de I à XXIII en passant pas IX, VI et II.

Ces dernières années, les chrétiens outrés du Québec ont trouvé un nouveau dada. Ils se lèvent par centaines pour manifester leur désapprobation et renier leur religion. Fort de leur foi en eux-mêmes, ils se font débaptiser en série. Ont-ils raison? Ne devraient-ils pas plutôt prendre leur bâton de pèlerin pour convaincre le saint piètre et ses collègues de leur ringardise chronique? Ne pourraient-ils pas prendre toute la belle énergie qui les anime à s’apostasier et l’investir dans des bonnes actions positives, concrètes et généreuses pour mieux comprendre et partager le message d’amour du Christ? Et tant qu’à être affligés pour des questions de morale et des dérapages humains, ne pourraient-ils pas élever la voix contre les gestes graves et irréversibles que pose le gouvernement Harper?

Claquer avec fracas la porte de leur religion n’est pas plus brillant que de déclarer qu’on peut multiplier des pains sans l’aide d’un boulanger, que l’eau de source peut donner l’ivresse d’un bon vin ou qu’on peut redresser l’économie en jetant les milliards par les fenêtres.

En vérité, je vous le dis, ne vous apostasiez pas les uns les autres comme je vous apostasie. L’éternité ne durera pas toujours.

Au lendemain d’une papale élection et à quelques semaines des célébrations de la résurrection de Jésus (ce type est mort depuis près de 2000 ans et on parle de lui comme s’il était encore vivant aujourd’hui… ça nous ferait presque croire en lui), une question me taraude: avec ou sans bénédiction, qu’allez-vous faire en attendant que l’éternité ne s’achève?

Pour un ressuscité, combien de morts définitifs? Et pour un week-end qui s’annonce frisquet, combien de fins de semaine de pluie?

Texte publié dans le Huffington Post

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