Si c’est pas toi, c’est qui?

cestpasmoiLe carton de pizza tout gras, le paquet de chips chiffonné, la bouteille de bière cassée, le vieux linge détrempé, les restes à moitié digérés d’une poutine écrasée, le gobelet Tim Horton cabossé, tout ces détritus qui traînent dans les rues, si c’est ni toi ni moi qui les avons jetés, c’est qui ?

À chaque printemps, la ville ressemble à une poubelle. On n’avait rien vu venir. Parce que quelques jours auparavant, les dépôts d’immondices à ciel ouvert étaient recouverts de blanc.Les plus acharnés vont accuser les employés municipaux, les éboueurs, le maire, les ordures qui défilent à la commission Charbonneau, les babyboomers, les jeunes, les autres, mais pas eux… bien sûr.

Comme si la ville allait fouiller dans vos vidanges pour donner du travail à ses cols bleus.

Les trois grosses crottes fondantes qui trônent devant la porte d’entrée, c’est pas moi. J’ai pas de chien. Alors c’est qui ?

La barquette en styromousse de chez le Chinois du coin emportée par le vent, c’est pas moi non plus. Je mange pas de take out. Alors c’est qui ?

Les mégots méga dégueux qui s’incrustent dans les fentes du trottoir, c’est pas moi. Je fume pas. Alors c’est qui ?

La dernière fois que j’ai jeté un papier ailleurs que dans une poubelle, des hommes allaient encore sur la lune.

Laisser traîner ses cochonneries, ça fait tellement 1970…

Pourtant, encore une fois depuis que le printemps existe, que le mercure a franchi le zéro et que le soleil timide nous donne des envies de terrasses et de jupes à fleurs, on a l’impression de marcher dans les rues des bidonvilles de Calcutta alors qu’on se trouve dans une des grandes métropoles d’Amérique du Nord. Entre nous, c’est pas plus propre dans les parkings de Brossard, les parcs de Saguenay ou les bords de routes de Laval. C’est juste que là-bas, c’est plus grand et qu’il y a moins de cochons au kilomètre carré pour cochonner.

Le printemps est synonyme de renaissance, d’espoir, de changement, de libération. Pourtant, si je me fie à ce qu’il laisse comme saloperies derrière lui, ça sentira mauvais longtemps avant qu’un parfum de renouveau ne vienne souffler sur la Province de Québec.

Peut-on prendre au sérieux les revendications et les prétentions d’un peuple qui n’est pas capable de viser une poubelle ou de fermer un sac de vidanges ? Peut-on faire confiance à une population qui ne sait pas que les crottes de chiens qu’elle accroche aux barrières des jardins ne disparaîtront pas toutes seules comme dans un tour de Luc Langevin ?

Si c’est pas moi qui te dit de te ramasser… ça va encore rester traîner.

Texte publié dans Urbania
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