La suite du voyage #eurotrip2CV

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Le 21 juillet, les Belges se faisaient beaux et belles pour l’avènement d’un nouveau roi, comme autrefois.
Nous, nous avons pris la journée relax, comme un dimanche. Balade dans les rues labyrinthiques de Veliko Tarnavo (Велико Търново), l’ancienne capitale bulgare. La citadelle du XIIe siècle est imposante. Les rues en escaliers, les maisons fleuries, la ville bâtie sur des pitons rocheux creusés par les sept méandres de la rivière, au loin la banlieue stalinienne d’immeubles numérotés. Clovis qui joue avec les chats errants. Clovis qui raconte plein d’anecdotes et de choses qu’il a vues sur Facebook ou sur Youtube alors qu’on déambule dans une ville chargée d’histoire. Clovis qui se rappelle tout à coup quelque chose que j’avais complètement oublié.
IMG_5876Et puis la route 4 qui grimpe sans cesse vers Varna et la mer Noire. Les inscriptions incompréhensibles sur le bord de la route. Il faut s’habituer au cyrillique. Arrêt piquenique au milieu de nulle part. Clovis qui déclenche l’alarme d’un bâtiment abandonné en rase campagne en voulant l’approcher. Un autre arrêt près de trois Mig qui trônent le long de la route. Clovis qui grimpe comme si c’était des jouets. Ce sont des vrais.
Au loin la mer Noire qui scintille au soleil de fin de journée. Nous traversons Varna. La ville est grande. La cathédrale est belle. On sort vite de la ville à la recherche d’un camping ou d’une plage. Clovis qui discute avec des policiers. Ils ne connaissent pas de camping, nous envoient vers une belle plage et posent plein de questions sur le 2CV. La route semble aller nulle part. Au bout, Albizia, un petit hôtel tenu par Éric,  un Français. Il n’en revient pas qu’une 2CV soit arrivée jusque là. L’hôtel au prix du camping, ou presque, est juste sur le bord de la plage. En face, un petit restaurant de spécialités locales à prix… locaux aussi. Je me demande bien pourquoi chercher des campings. La calamars sont délicieux.
IMG_4978Le soleil se lève sur la Mer Noire. Une orange suspendue au-dessus du cargo amarré au large. Clovis dort encore. Montréal veille.
J’ai oublié de raconter dans mon dernier texte les cigognes dans les villages de Roumanie, les vendeurs de pastèques le long de la route, les carrioles brinquebalantes qui croulent sous le foin. J’ai oublié Clovis qui dort bercé par le bruit de la 2CV, les petits vieux assis en grappe qui font des grands signes de la main sur notre passage. J’ai oublié tous ces automobilistes qui nous collent au cul pour mieux photographier de près notre étrange véhicule, ces gamins la bouche grande ouverte qui n’en reviennent pas de notre épique équipage, ces pompistes étonnés qui se demande si ça prend de la « benzine ? ».  J’ai oublié les piqueniques saucisse -tomate-pain local et abricot comme dessert.
On voit et on vit tant de choses que je finis par en oublier. Je note. Je photographie.
La route du bord de mer n’est pas au bord de mer. Elle monte, elle zigzague, elle redescend. On vise le Sud. On croise des plages de sable bondées de slaves en vacances. Les anciens petits villages de bord mer décrits dans le Guide du Routard 1992 sont désormais bordés d’immeubles à perte de vue pour accueillir les hordes de corps de touristes. Torremolinos de l’Est. La différence avec les banlieues staliniennes grises que nous avons croisées depuis l’Allemagne de l’Est, c’est que ces tours de béton sont peintes en jaune, en rouge, en rose.
Comme si la liberté n’était qu’une question de couleur.
On s’arrête dans un camping au bord de la plage près de Sozopol, l’ancien village d’Apollonia fondé par les Grecs en 600 avant JC. Dans les toilettes, ça sent déjà la Turquie. Foule  bruyante qui fume sur le sable. La plage est un immense cendrier. Pas un mot dans une langue que nous connaissons. L’impression d’être des extra-terrestres. Et puis, surprise! Quatre jours après le camping Vampire de Bran où nous avions discuté avec des Brits qui faisaient Londres-Oulan Bator en Suzuki Swift, trois de leurs collègues qui participent au même « Rally Mongol » en petite voiture campent ici aussi. Ils pensent arriver en Mongolie dans 4 semaines… Avant que la 2CV n’ait rejoint sa destination finale…
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A propos Pascal Henrard

Associé, créateur de contenu, Esprit de Marque. Auteur (Hurtubise, Isatis, Phoenix). Chroniqueur (Huffington Post, Urbania), scénariste (Télé-Québec, Radio-Canada), concepteur-rédacteur
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