Mon fils, mon compagnon de voyage #Eurotrip2CV

Texte publié dans Urbania le 8 août.

5203a10ce3767_largeClovis, quand ce texte sera publié dans Urbania, tu seras encore dans l’avion qui te ramène à Montréal après 7 semaines de voyages. Dès que tu mettras les pieds sur la terre de tes aïeuls, tu seras pris dans le grand tourbillon des retrouvailles et tu auras bien d’autres choses à faire que de lire ce billet. Mais sache que, pendant notre #eurotrip2CV, si je répétais chaque soir en arrivant quelque part que j’étais heureux, c’est parce que je l’étais.

En plantant notre tente sous la pluie en Hollande, en voyant la pancarte de Billund, le village mythique de Legoland, en suivant notre guide dans les rues de Prague, en nous perdant dans le labyrinthe souterrain de Budapest, en soupant au bord du torrent dans les gorges de Bucaz en Roumanie, en paniquant lorsque le réservoir d’essence s’est mis à couler près de Bucarest, en courant à la recherche d’un endroit où dormir dans la vieille ville de Veliko Turnovo, en dégustant les calamars frits à Varnas sur le bord de la Mer Noire, en plongeant dans les flots bleus de la Mer Égée au pied du mont Olympe, en ramassant le bois avec les amis de Theo pour les grillades dans la montagne de Karyofyto, en arrivant trois heures à l’avance pour le spectacle de Roger Waters au Stade Olympique d’Athènes,…Nous avons vécu des dizaines de péripéties, des surprises, des fatigues, des émotions. Au sommet d’un col ou au bout d’un cul de sac, « Ça fait partie de l’aventure » est devenue notre phrase fétiche (je devrais dire « MA phrase fétiche », tu me trouvais, avec raison, un peu trop expressif).

Comme moi, tu as la tête remplie d’anecdotes et les yeux imbibés de souvenirs.

Lequel t’aura le plus marqué? Qu’est-ce qui te restera de ce périple quand tu retourneras sur les bancs d’école?

Ta maman et ta sœur te trouveront changé quand, dans quelques heures, tu franchiras les portes vitrées de l’aéroport de Dorval (je ne me résous pas à l’appeler PET). Pas seulement parce que tu auras (encore) grandi, mais surtout parce que tu seras riche de rencontres et de découvertes. (J’aimerais tant être une mouche montréalaise pour assister à ces retrouvailles…)

Labro, le chef du restaurant d’Alyki, nous rappelait lundi cette phrase de St Augustin: « La vie est un livre. Si tu n’as pas voyagé, tu n’as lu que la première page ». Comme il a raison!

Voyager avec son fils, c’est être confronté à ses propres limites. Depuis six semaines que nous guimbardons à travers l’Europe, tu m’en auras sans doute plus appris que je ne t’en aurai apporté.

Tu m’as épaté par tes connaissances et ton aisance à les partager avec les amis que nous avons rencontrés en chemin.

Tu m’as surpris par ton audace à aborder les policiers bulgares pour leur demander le chemin.

Tu m’as impressionné par ta témérité à aller vers les autres, peu importe la barrière de la langue. Comme lorsque tu partais explorer la lande avec Adonis pendant que je buvais des tsìpouros à répétition avec Theo, Traco et Savas.

Tu m’as amusé par tes questions qui n’avaient parfois pas rapport. Tu te souviens quand tu m’as demandé sur l’autobahn: « Si tu aspires tout l’air qu’il y a dans une bouteille, qu’est-ce qui reste? » Et la fois où tu m’as posé cette colle entre Prague et Vienne: « Où trouve-t-on de l’anti-matière? ». Et lorsque nous traversions à pied la frontière Roumanie-Ukraine; « Comment ça se fait qu’on sue salé? »

Mes silences te faisaient croire que je ne t’écoutais pas alors que tes interrogations me laissaient sans voix.

Pendant notre voyage, ton esprit plein d’imagination carburait plus vite que le moteur de la 2CV. Comme la fois où tu as inventé sur le chemin du temple de Poseidon la recette d’une boule puante ou lorsque tu as imaginé en sortant du parlement de Budapest le scénario d’un incroyable hold-up pour dérober la couronne du roi de Hongrie.

Plus que tout, ta franchise m’a ému comme la fois où tu m’as raconté sans préambule que des amis t’avaient dit qu’à quatorze ans tu avais déjà vécu 5 vies. Tu en as mille autres à vivre!

La curiosité qui t’anime m’inspire et, lorsque tu me racontes la mythologie grecque telle que tu l’as comprise, je m’en veux d’avoir une si mauvaise mémoire et de ne pouvoir te dire qui est le père de Zeus, de Poseidon et du troisième dont on ne se souvient plus du nom.

On dit que les voyages forment la jeunesse, on devrait aussi rappeler que la jeunesse forme l’avenir. Merci, fiston, de me redonner espoir en l’avenir!

Aujourd’hui, Clovis, tu t’es envolé.

Le voyage prend un autre virage.

C’est ton papy qui se retrouve à ta place pour rentrer au garage en passant par la Macédoine, l’Albanie, le Monténégro, la Croatie, la Slovénie, l’Italie,…

Je ne suis plus un père avec son fils mais un fils avec son père.

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Pour suivre ce voyage en images, suivez le mot clic #eurotrip2CV sur Instagram ou sur Twitter.

A propos Pascal Henrard

Associé, créateur de contenu, Esprit de Marque. Auteur (Hurtubise, Isatis, Phoenix). Chroniqueur (Huffington Post, Urbania), scénariste (Télé-Québec, Radio-Canada), concepteur-rédacteur
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