Le mystère albanais #eurotrip2CV

Bien des choses se sont passées depuis que nous avons quitté la Grèce. C’était pourtant avant-hier… Vous savez qu’en vacances, on ne chôme pas, sinon ce ne serait pas des vacances.

 Image
Commençons par le début. Quitter les Météores alors que le soleil lèche les pitons rocheux. Remonter vers le Nord, grimper des montagnes, plonger vers le lit des torrents par des routes qui serpentent sans cesse, traverser des vallées intensivement cultivées, regrimper, atteindre les confins de la Grèce, tomber sur la macé-douane (Clovis, ce jeu de mot est pour toi) en rase campagne. Se faire cuisiner par le douanier macédonien qui nous oblige à acheter une assurance auto pour son pays (55 euros pour 15 jours…) alors que j’en ai une…
Mais au fait, comment s’appelle son pays? Si je me fie aux pancartes avant d’arriver, il s’agit du FYROM
(Former yougoslavian republik of Macedonia). La Grèce ne reconnaît pas le nom de Macédoine qui est une région grecque. Les Macédoniens se sont accaparés des pans d’histoire. Les Grecs viennent de découvrir la tombe du père d’Alexandre le conquérant près de Thessalonique. Les Macédoniens multiplient les musées et les sites archéologiques pour montrer qu’ils font partie de l’Histoire. Et j’en passe.
Tout ça est bien compliqué. On sent le ressentiment des Macédoniens envers les Grecs et inversement. Les petites querelles québécoises semblent bien futiles. Et pourtant.
On s’arrête à Ohrid. Superbe ville aux accents post-yougoslaves nichée au bord d’un lac immense. C’est le week-end. Les Slaves sont en vacances. Un orage vient rafraîchir l’atmosphère.
La misère des voyageurs: connaître le prix de l’argent.
En Macédoine, il faut diviser le prix en Derham par 25? Non, par 50? Ou plus exactement par 60 pour obtenir en euros, plus ou moins. Puis multiplier par 1,4 pour avoir l’équivalent en dollars. Alors que le Leke albanais vaudrait, lui, 1/120 d’Euro. Mais on divisera par 100, ce sera plus simple.
À Ohrid, les jeep de la KFOR circulent en ville. Qu’est-ce que ça signifie? J’aimerais le savoir.
Ce matin. Albanie. Un poste frontière sur la crête d’une montagne. D’un côté le lac Orhid en contrebas, de l’autre une vertigineuse descente vers un petit village animé.
Deux mondes. La ville touristique d’Ohrid, la pauvreté endimanchée des Albanais.
On traverse des régions peuplées de quelques maisons sales, partout sur le bord de la route des laveurs d’auto. On croise des mariages, des dizaines de convois de voitures enrubannées de tulle blanc ou rose. Et des laveurs d’auto.
Arrêt à Elbasan, son marché, ses terrasses le long d’un avenue droite de HLM désordonnés, ses fortifications, ses mariages (encore) qui défilent joyeusement en klaxonnant, son lunch typique et gargantuesque à 900 Lekes pour deux… et ses laveurs d’auto.
Reprendre la route en Albanie, c’est reprendre des risques. À côté des Albanais, les Grecs sont finalement des anges au volant. Tirana, enfin, au bout d’un bout d’autoroute qui s’achève brusquement sur un tas de pierre et une rue défoncée. Tirana, sorte de citée interdite pendant des années, capitale du pays le plus hermétique d’Europe, caricature de la ville soviétisée sous le soleil méditerranéen. Tirana ne nous a pas déçus. Il y plane encore le souvenir pesant d’un passé obscur. La modernité ne s’y implante pas aussi vite que dans les autres grandes villes de l’ex bloc de l’Est que nous avons traversées. Mais on sent l’Albanie fébrile. Saura-t-elle conserver ses richesses alors qu’elle en visent d’autres? Rien de moins sûr. En tout cas, en 2013, elle se marie beaucoup et lave des autos.
Arriver à Kruja au terme d’une autre ascension essoufflante pour la petite 2CV en sueur. Croiser encore des convois de mariés en liesse. Trouver un hôtel à 30 euros avec vue imprenables sur la forteresse. Se demander si on a bien compris, si ce n’était pas 30 millions de Lekes. Laisser tranquillement le dimanche s’étirer sur l’Albanie. Se demander aussi si ce pays n’est pas déjà en train de détruire son formidable potentiel touristique.
Balade le soir. Aux terrasses, que des hommes,  ou presque. Beaucoup de cafés sur les tables. Où sont les femmes? Et les bières. Au loin, l’appel du muezzin… ceci explique peut-être cela. Peut-être pas.
Au restaurant, la terrasse est pleine, mais personne ne mange. Sommes-nous trop tôt? Trop tard? Pas le bon jour? Pas le bon resto? Quelles sont les habitudes albanaises? Qui sont les Albanais? Difficile à saisir. Et pourquoi tant de laveurs d’auto?
ImageImage

A propos Pascal Henrard

Associé, créateur de contenu, Esprit de Marque. Auteur (Hurtubise, Isatis, Phoenix). Chroniqueur (Huffington Post, Urbania), scénariste (Télé-Québec, Radio-Canada), concepteur-rédacteur
Cet article, publié dans Personnel, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s