Guerre et farniente #eurotrip2CV

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Il faut faire le tour des remparts de Dubrovnik. Monter, descendre, longer la mer d’une tour à l’autre, survoler les toits de tuiles, passer du regard d’un clocher à un autre, accompagner le vol chantant des martinets. Malgré le soleil écrasant et la chaleur étouffante, c’est le clou de la visite de la ville.
IMG_5517Mais c’est à l’aube que Dubrovnik est la plus belle. Vide, calme, sereine. Pendant que papa récupérait des milliers de marches d’escalier gravies la veille, j’ai trouvé une place pour nager aux pieds des remparts. Seul dans une eau parfaite agitée par un petit vent qui portait le vol joyeux des martinets. Hors des hordes de touristes, c’est sans doute une des plus belles villes du périple.
Nous avons quitté Dubrovnik par la côte. Pendant 10 km, le bord de mer croate devient bosniaque. Il faut passer la douane deux fois. Attendre deux fois. Présenter ses papiers deux fois. Et puis rentrer un peu dans les terres croates et repasser la frontière bosniaque, mais cette fois pour « de vrai ».
La route bosniaque longe la rivière Neretva jusque Mostar. Elle est d’un bleu intense. La campagne est luxuriante. On se croirait en Italie. Ou en Provence.
Image Mostar. Des clochers et des minarets. Une banlieue d’immeubles soviétisants. Un vieux centre ville touristique. Et les cicatrices de la guerre bien visibles. Des murs couverts d’impacts de balles, des maisons en ruine,… La vision des traces encore fraîches d’un conflit meurtrier ravive les souvenirs de mon père.
Petit garçon, il a vécu de près la guerre, la deuxième, la bataille des Ardennes, les tirs de mitrailleuses, les maisons détruites (dont la sienne), les courses dans les ruines, les collections de munitions, les jeux dangereux,…
Les même jeux de guerre que les petits bosniaques jouaient dans les ruines de Mostar. Qu’est-ce qu’il pense en voyant l’expo des photos prises dans les années 1990 pendant la guerre de Bosnie? Il repense aux images qu’il a vues en vrai. Autre guerre, même horreur.
ImageLes touristes qui se bousculent sur le vieux pont de Mostar détruit par la guerre et reconstruit en 2004 pensent-ils à cette histoire encore chaude?
 J’aimerais tant comprendre les conversations animées des gens aux terrasses. Peut-être parlent-ils de la pluie et du beau temps? Il fait près de 40 degrés, on étouffe, on fond, on se liquéfie.
Alors que le soir tombe sur Mostar, des centaines de jeunes en costumes folkloriques déambulent dans les rues de la ville. Il y a de la musique, de l’insouciance. Peut-être même un air de réconciliation.
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Quitter Mostar, remonter la Bosnie vers la frontière croate. Retrouver la douceur de la mer. Pourtant ici aussi… la guerre. La côte dalmate est encore plus belle que ce qu’on en dit, découpée au couteau dans les montagnes qui se jettent dans une eau parfaite (encore).
Et puis Split. La ville de l’empereur Dioclétien. Demain, on visite.

A propos Pascal Henrard

Associé, créateur de contenu, Esprit de Marque. Auteur (Hurtubise, Isatis, Phoenix). Chroniqueur (Huffington Post, Urbania), scénariste (Télé-Québec, Radio-Canada), concepteur-rédacteur
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