Y a-t-il plus de cons qu’avant?

525ed8ead309e_largeLa prolifération des radios jambons, la multiplication des chaînes d’information incontinentes et l’explosion ostentatoire des réseaux sociaux nous donnent l’impression que le monde est plus laid que jamais. Est-ce vraiment vrai?

Par les temps qui courent, on pourrait effectivement avoir le sentiment qu’on vit dans un monde épouvantablement dangereux, extrêmement pourri, envahi par la racaille et contaminé par la connerie.

On dirait qu’il y a plus d’extrémistes dans les mosquées, plus de massacres dans le monde, plus de bandits en cravate, plus de fusillades dans les écoles, plus de corrompus chez nos élus, plus d’assassins dans les maisons, plus de violeurs dans les ruelles, plus d’accidents sur les routes, plus d’alcooliques au volant, plus de racistes dans les salons, plus d’intimidation dans les cours d’école, plus d’OGM dans notre assiette, plus de trolls sur notre TL,…

C’est faux!

En fait, c’est pas tout à fait faux, mais presque. Il y a certainement plus d’OGM dans nos assiettes et plus de trolls sur notre TL, mais il y a moins d’alcooliques au volant, moins de massacres dans le monde, moins de meurtres en ville, même moins de corrompus chez nos élus (en tout cas, on compte sur vous pour qu’aux prochaines élections il n’y en ait plus),… Ce n’est pas moi qui l’affirme, c’est un fait.

Le problème, ce n’est pas qu’il y a trop d’horreurs, mais c’est qu’on en voit trop. Le monde n’est pas plus moche, c’est notre vision du monde qui s’est enlaidie.

Chaque jour nous sommes exposés à un nombre croissant d’images d’une réalité déformée relayé allègrement par les médias traditionnels et leurs dérivés asociaux. Le bruit entraîne le bruit.

Sur Internet et les réseaux, c’est une guerre d’épouvante qui se joue à grands coups de vidéos violentes, de titres chocs et de commentaires affligeants. Tout pour altérer la réalité du monde. Dans le but de calmer les esprits, Youtube parle même de transformer sa plateforme de commentaires afin d’éviter les débilités « disgracieuses » et de dépolluer l’espace d’expression. Mais est-ce la solution? Faut-il couper le sifflet aux commentateurs et jeter aux ordures les radios poubelles?

Faut-il limiter la liberté d’expression pour préserver notre santé mentale? Y a-t-il moyen de réduire les abus sans réduire les droits? Qui définira les bornes à ne pas dépasser? Et qui censurera les propos déplacés?

Et si, au lieu de légiférer, nous étouffions les cons qui tiennent le crachoir en les inondant de nos propos intelligents? Et si nous camouflions la laideur surexposée sous des images à profusion d’arcs-en-ciel, de chatons, de fleurs, de bébés et de feuilles balayées par le vent d’automnes?

Note : ne me demandez pas le sens du panneau ci-dessus photographié cet été à Ljubljana, j’essaye encore de le comprendre.

Texte publié dans Urbania

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