Noël, ce n’est pas un cadeau

cadeauxCette année, vous allez encore vous plier comme du papier d’emballage à la tradition et vous allez arriver à Noël épuisé, mais les bras chargés de cadeaux.

C’est l’intention qui compte me direz-vous. Mais, quand on compte vraiment, combien vaut-elle, cette intention?

Pas beaucoup, pour ne pas dire grand-chose.

Alors qu’il ne vous reste même pas une semaine pour trouver le « cadeau idéal » et que des millions de quidams et de quidmessieurs (pour une fois qu’on voit autant d’hommes que de femmes dans les magasins, on ne va pas faire de sexisme) se bousculent dans les centres d’achat animés d’une frénésie contagieuse, prenez le temps d’observer l’attitude des consommateurs.

Que voyez-vous, outre le fait que la carte de crédit est plus populaire que la carte de vœux et que les gens courent comme des dindes sans tête?

Vous l’avez sans doute constaté au cours des nombreux partys que vous avez subis depuis que vous savez que le Père Noël n’existe pas : les gens achètent pour offrir aux autres des millions de bébelles qu’ils n’achèteraient même pas pour eux…

C’est le constat d’une société de surconsommation en soldes. On consomme pour consommer et non par nécessité ou par altruisme. En d’autres mots, le plaisir d’acheter est plus grand que le plaisir d’offrir.

Et ce bilan est un désastre… écoloconomique.

Imaginez les millions de cadeaux mal-aimés, les montagnes de présents sans avenir, à peine reçus déjà abandonnés.

Bien sûr, Noël fait rouler l’économie. Toutes ces bébelles, il faut bien les fabriquer, les emballer, les distribuer, les mettre en marché, les vendre… Du Bangladesh aux Galeries d’Anjou, ça crée des milliards de jobs. Est-ce que ça crée plus de bonheur? Plus de paix entre les peuples?

La dépense en vaut-elle la chandelle? Le prix du cadeau prend-il de la valeur sentimentale? Combien donneriez-vous pour toutes les choses que vous allez recevoir? Sans doute une fraction de leur prix affiché en magasin. C’est sans doute pour ça qu’on préfère les Boxing Day et les Black Friday aux jours normaux.

C’est aussi la preuve que ce ne sont pas les choses qui ont de la valeur, mais leur prix.

Pour obtenir l’indice de satisfaction d’un cadeau, il faut soustraire le prix que vous seriez prêt à payer à celui qu’il vaut réellement. Généralement, quand on multiplie le résultat obtenu par la quantité de mousseux ingéré pendant le souper, ça permet d’obtenir un sourire, un « Merci » voire, dans les meilleurs cas, un « Oh! Quelle surprise, je ne m’attendais pas à ça » ou un « Mais il ne fallait pas » spontané.

Vous rappelez-vous ce que vous avez reçu l’an passé? Et ce que vous avez donné?

Cette année, à Noël, j’offre… vous ne croyiez tout de même pas que j’allais l’écrire ici, mes enfants ont appris à lire.

Texte publié dans URBANIA 

 

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