Ouvert le dimanche

Il n’y a pas si longtemps, le dimanche était un jour sacré, un jour de congé, un jour de repos.

Rappelez-vous, si vous avez plus de vingt cinq ans, le septième jour de la semaine était en effet consacré aux balades dans les parcs, à la sieste sur le canapé, aux visites des musées, aux gueuletons en famille, aux histoires de cultes, à l’oisiveté, à la vacance, à rien. Lire la suite de « Ouvert le dimanche »

Caricature d’Obama: les Belges sont-ils racistes?

Le week-end dernier, De Morgen, un quotidien flamand au tirage assez important, a publié un photomontage d’un goût douteux montrant le couple Obama avec des visages simiesques.

S’agit-il d’un dérapage raciste? D’un carambolage médiatique? D’un autre exemple de la perte de contrôle de l’information?

Pour bien comprendre, il faut connaître le contexte. Et pour juger, avant d’accuser, il faut savoir de quoi on parle. Malheureusement, une image vaut mille maux. Et c’est l’image que le monde entier a jugé, pas le contexte.

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Le photomontage qui représente  le couple Obama sous les traits de deux singes a été publiée dans une vraie fausse rubrique satirique intitulée « The Obama Herald ».

La (mauvaise) blague voulait, pour ceux qui comprennent le flamand, que le photomontage ait été envoyé par le président russe pour se moquer de son homologue américain.

Les omni-commentateurs qui ont vu l’image sans comprendre son contexte ont été choqués. ils ont cru que c’était la caricature éditoriale du journal. Ils se sont précipités sur leurs claviers pour traiter tous les Belges, leurs ancêtres, leurs cousins et leurs voisins, de racistes. La photo a fait le tour de la planète. Les médias toujours prompts à se moquer des autres médias ont repris la nouvelle à toutes les sauces sans prendre le temps d’en analyser les tenants et aboutissants.

De Morgen s’est excusé. Mais le mal était fait.

Il y a bien eu un apprenti humoriste flamand pas drôle, un rédacteur en chef pas attentif. Mais encore une fois, les réactions ont été disproportionnées.

C’est le grand danger de notre époque. Je l’écrivais pas plus tard qu’il y a peu: « Il ne faut plus seulement faire attention à ce qu’on dit. Il faut aussi faire attention à ce que les autres vont imaginer qu’on a dit… »

Dans ce cas-ci, il était assez facile de savoir qu’un simple copier/coller de la photo en ferait une arme de destruction virale et massive.

Je ne voudrais pas être le comique qui a réalisé ce photoshop de potache…

Bébé Spider-Man?

Vous vous souvenez de la pub d’Évian avec les adultes qui se prennent pour des bébés qui dansent? Lancée en avril 2013, cette pub diffusée sur Internet a été vue par plus de 73 millions d’Internautes.

Si je me rappelle bien, tout a commencé en 1998 avec les bébés nageurs. Un magnifique spot où l’eau était la vedette et donnait des ailes, de l’élan et de l’allant à des bambins nus et hilares.

En 2009, on a recyclé les bébés, mais on a jeté l’eau du bain. Les poupons se sont mis à faire du roller dans les allées de Central Park et le positionnement d’Évian a pris un nouveau tournant.

Cette année, Évian va encore plus loin et nous annonce la venue de bébé Spider-Man.

La bande annonce est en ligne depuis hier… Le film sera lancé le 2 avril. Parions que nous serons tous attachés à l’écran de notre ordi pour voir jusqu’où la marque d’eau en bouteille va cette fois aller pour nous divertir.

Les bébés d’Évian sont devenus un rendez-vous incontournable qu’on veut être le premier à voir et à partager.

En lançant sa bande annonce 10 jours avant le lancement de son film, Évian nous met déjà l’eau à la bouche…

 

 

La créativité sur la ligne morte*

Pour être créatif, il ne suffit pas d’avoir des idées, il faut aussi avoir du temps pour les exprimer.

Ce petit film de 2011 est un classique. Il nous rappelle que pour aller au-delà de la première idée, pour enrichir l’imaginaire et embellir la création, il faut aussi pouvoir y mettre le temps.

C’est toujours bon de le partager et le repartager… de temps en temps.

*dead line

Road trip avec Arcade Fire

Arcade Fire a entamé avant même que la neige n’ait fondu une tournée mondiale qui les emmènera aux États-Unis, au Mexique, au Chili, en Argentine, au Brésil, en Allemagne, en Espagne, en France, en Norvège, en Italie,…. et enfin à Montréal le 30 août.
701d78b4af1a11e3bad01215527ad906_8Le groupe qui a vu le jour dans le Mile End termine son grand voyage à Montréal à la fin de l’été. Nous n’allions pas attendre si longtemps pour découvrir comment Win, Régine et leurs amis ont mis Reflektor en lumière…

Pour aller voir Arcade Fire à Bridgeport (Connecticut) il faut se lever tôt. Bien avant le soleil.

À 6 h 30, le café Olimpico est déjà ouvert. Il fut un temps où l’on y croisait Win Butler qui sirotait son latté avec des amis. J’ai pris mon allongé en vitesse au comptoir avant d’enfiler les kilomètres vers la mer. Dans l’auto, ma fille qui ne s’était pas levée si tôt depuis longtemps, s’étirait en même temps que les premiers rayons du soleil.

DSC_0031Sortir de la ville le matin, c’est comme nager à contre courant. Passer un pont vide alors que de l’autre côté, la banlieue s’engouffre vers la cité. Arriver au poste de douane de Lacolle sans personne. Traverser les Adirondacks enneigés. Voir au loin, de l’autre côté du lac Champlain, les montagnes du Vermont couvertes de neige et baignées de soleil.

On déjeune à Peru (NY), deux œufs jambon. Un café sans goût.

DSC_0116L’Interstate 87 descend plein Sud en grimpant dans les montages. On ne se lasse pas du paysage grandiose. Près de 150 kilomètres de vie sauvage. Dans les haut-parleurs, Reflektor à fond.

Après Lake George, la neige commence à se raréfier. À Albany, il n’y en a presque plus. On prend ensuite la 90 vers le Massachusetts. Puis la petite route 8 qui serpente dans les forêts du Connecticut jusqu’à la mer.

On traverse des petits villages de bûcherons, d’anciennes villes industrielles défigurées par la crise. On croise des antiquaires, des McDo, des bureaux de poste, des maisons abandonnées,…

1661711_1460376840858571_1586996384_nBridgeport. Une ville américaine avec un centre ville de parkings et de béton. La Main Street est à l’abandon. Quelques vitrines sales. D’autres placardées. La ville ne regarde pas la mer. Elle est traversée par des autoroutes et des échangeurs. Elle est bordée d’usines, d’immenses réservoirs de pétrole, de cheminées fumantes. L’Arena Webster Bank se trouve là, près de la zone industrielle, au bord de l’Highway 95 qui s’en va vers New York.

J’ai déniché un petit hôtel au bord de la plage à 12 kilomètres. Un autre monde. Un air de printemps. Un vent salé de vacances.

Nous sommes arrivés tôt à l’Aréna. Nous ne voulions rien manquer. Des tas de gens avaient suivi les consignes et s’étaient déguisés pour le spectacle. Des couples avec des masques de carnaval, des princesses, des filles en paillettes, des gars en veston cravate, des chapeaux extravagants, des hipsters à grosses lunettes, des nerds avec des plumes,…

926118_595587830517022_1966933646_nDans la salle qui se remplissait au compte goutte, nous avons croisé Régine, Win, Will,… Ils se baladaient au milieu du public clairsemé cachés sous les immenses masques de carnaval qui les personnifient. Mais étaient-ce vraiment eux?

Et puis le show a commencé. Kid Koala a essayé de faire lever le party. Ça a amusé les gens et dérouillé les jambes. Il était suivi de Dan Deacon qui a parti le bal de plus belle. Il a demandé à la foule obéissante de faire quelques chorégraphies. Il a invité les gens déguisés à se lancer sur le plancher de danse… Ce que certains, et non des moindres, ont fait avec plaisir.

Mais nous n’étions pas là pour des DJ, aussi bons soient-ils. L’Aréna était désormais plein à craquer. Les fidèles prêts à communier.

Quand le rideau est tombé (de nos jours, le rideau tombe pour s’ouvrir…) et que les premières notes de Reflektor ont résonné, la foule a commencé à se défouler. La lumière venait de partout. La musique nous a tous emportés dans un vaste mouvement lancinant et rythmé.

J’ai oublié les jambes ankylosées, l’attente avant le début du spectacle, les gens qui se bousculent pour être plus près encore. Nous étions au cœur de l’action. Nous étions le cœur de l’action.

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Ophélie n’en manquait pas une. Elle avait dans les yeux des miroirs qui reflétaient son bonheur d’être là. Ça valait 626 kilomètres.

On trouve un peu partout sur Internet des extraits et des photos du spectacle. Ophélie et moi, on a mis aussi les nôtres, pour participer à ce vaste mouvement collectif de partage de nos expériences. Mais rien ne vaut la réalité de se retrouver au pied du stage et de voir le sourire évident des membres d’Arcade Fire qui s’amusent sur scène autant que nous dans la salle.

cf867dd8af1e11e3a8fb123eec3cbe7a_8De retour à l’hôtel, la lune se reflétait sur la mer. Reflektor encore. Et dans la tête et dans les yeux.

Quand nous avons passé la frontière pour rentrer le lendemain, le douanier nous a appris que l’autobus avec Arcade Fire venait de nous précéder. Ma fille et moi, nous avions fait le même road trip…