Élections: en bas de la ceinture

fleche3 jours. Un mois et des poussières. Six semaines à entendre ça. Six semaines à les écouter se chamailler comme des bébés. Et vas-y que je te traite de ceci. Et toi espèce de cela. La mienne est plus grosse que la tienne. Oui, mais la mienne, elle frétille. Menteur! Menteur toi-même! Drogué*! Corrompu! Voleur! Raciste! Capitaliste! Anti-syndicaliste! Mafioso! Pelleteux de nuages! J’en passe.

Quand les discours politiques glissent en dessous de la ceinture, c’est encore une fois le peuple qui se fait baiser.

Les experts en communications publiques, les fabricants d’images et les manipulateurs de discours de toutes les couleurs ont mis les bouchées doubles et les factures triples pour que les chefs se trouvent beaux et que les partis se trouvent bons. Ça ne veut pas dire qu’ils font dans la finesse et la dentelle. Il suffit de voir leurs slogans de campagne pour s’en convaincre. Et quand je dis «con vaincre», je ne suis pas loin de la vérité.

Les commentateurs de secondes zones ont déjà pris le clavier par les cornes pour discréditer tout ce qui bouge, sans même interroger le fond des intentions et la portée de leurs paroles. Derrière l’anonymat de leurs blablas et à l’ombre de leurs écrans, ils ont l’impression de mener un combat juste alors qu’ils pourrissent le climat de leurs commentaires cyniques et leurs certitudes tranchées.

Ça ne sera pas long qu’on déterre les vieilles affaires, faute de parler des vraies. Si ce n’est pas demain, ça sera après que les uns brandiront les squelettes du garde de robe, pendant que les autres remettront les erreurs de jeunesse au menu du jour ou ressortiront les anciennes déclarations fracassantes.

Et tous ces bruits de toilettes camoufleront le grand vide des projets de chacun et le manque de courage politique généralisé.

La politique se joue dans la ruelle, à grands coups de méchants slogans, d’accusations non fondées et de rumeurs subtilement manipulées.

Naïvement, j’ose croire que les coups en bas de la ceinture feront plus de mal à celui qui les donne qu’à celui qui les reçoit. Pour ça, il faudrait que l’électeur lise entre les grands titres et que les médias aillent au-delà de la phrase assassine. Mais ça ne fait pas vendre quand le contenu est trop dense.

Notez qu’avant de publier ce texte dans le Huffington Post,  je l’avais écrit en 2007 pour un média qui n’existe plus. En ce temps-là, on avait Charest, * Boisclair et Dumont. Il y a des choses qui ne changeront jamais.

A propos Pascal Henrard

Associé, créateur de contenu, Esprit de Marque. Auteur (Hurtubise, Isatis, Phoenix). Chroniqueur (Huffington Post, Urbania), scénariste (Télé-Québec, Radio-Canada), concepteur-rédacteur
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