Élections: pousser égal

ChicaneOn parle, on suppute, on analyse, on décortique, on opinione, on déblatère, on columnise, on évalue, on éditorialise, on se gargarise… Mais en attendant, on ne fait rien. Et au bout du décompte, les élections donneront une fois de plus ce qu’elles ne donneront pas.

Si, au lieu de jaser, on agissait?

Les tribunes sont remplies de gérants d’estrade qui ont un avis sur tout et surtout un avis. Mais pas un ne se lèverait pour aller faire ce qu’il suggère.

Le sujet à la une de nos médias et dans les discours de nos candidats ne devrait pas être les piscines, le Delaware ou l’Arabie Saoudite. Ce devrait être le changement du mode de scrutin. Proportionnel ou pas proportionnel? Garder les vieux comtés qui assurent des postes à des députés qui ne l’ont pas toujours mérité ou changer le découpage de la carte électorale pour donner une chance aux petits partis qui ne sont jamais représentés ailleurs que sur le bulletin de vote?

Il me semble pourtant que ce n’est pas compliqué. Les derniers scrutins ont démontré que les voix des électeurs n’ont pas toutes la même valeur. Je n’ose même pas imaginer le résultat du prochain… Un souverainiste à Pointe-Claire a plus de chances de gagner au Banquier que d’élire un péquiste. Et un écolo en Beauce à plus de chance d’attraper le virus du Nil que de voir un député vert le représenter à l’Assemblée nationale.

Si une élection démocratique devait représenter l’opinion de chacun, elle devrait aussi inciter les 40 % d’apathiques qui préfèrent le canapé à la boîte de scrutin à aller voter.

Au lieu de tergiverser sur la façon de ne pas faire ce dont on parle, je propose ici quelque chose de simple à comprendre.

Imaginez une liste électorale avec six ou sept colonnes (celles des partis qui se présentent à travers la province). Dans chaque colonne le nom des candidats de ces partis en commençant par les grosses têtes. Vous avez le choix de cocher le chef de parti ou un de ses colistiers. Vous votez pour celui que vous aimez. On fait le total des voix, on divise par le nombre de sièges et on partage proportionnellement les sièges par rapport aux résultats. À peu de choses près c’est ça.

Ce système simple donne à chaque candidat sa chance et à chaque électeur son choix. Vous habitez Westmount, mais vous voulez voter pour un magnat des médias? Pas de problème, cochez PKP. Vous restez en Gaspésie, mais vous aimeriez élire Françoise David? Et hop, une croix devant le nom de la candidate de Québec solidaire. Vous résidez dans la magnifique région de Charlevoix et vous voudriez élire un homme qui a fait fortune en Arabie? Choisissez sur votre bulletin le nom de doc Couillard.

À la fin, les partis doivent s’entendre pour former un gouvernement majoritaire. On met donc de l’eau dans sa Molson Ex et on organise des alliances pour former un gouvernement de coalition vraiment représentatif des choix de la population.

C’est simple, non? C’est juste pour tout le monde, n’est-ce pas? Ça ressemble presque à la démocratie.

Je ne dis pas que c’est LA solution. C’est UNE solution. Mais avant de proposer une solution, il faudrait encore que nos chers politiciens comprennent qu’il y a un problème. C’est pourquoi des mouvements comme meilleuredemocratie.com existent.

Texte publié dans le Huffington Post

A propos Pascal Henrard

Associé, créateur de contenu, Esprit de Marque. Auteur (Hurtubise, Isatis, Phoenix). Chroniqueur (Huffington Post, Urbania), scénariste (Télé-Québec, Radio-Canada), concepteur-rédacteur
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