Élections

Hier, je participais au Cabaret des auteurs du dimanche sur le thème des élections. Je n’avais pas vraiment envie d’entendre parler de politique, encore moins de m’exprimer sur le sujet. Mais je me suis plié à l’exercice. J’ai surtout apprécié les excellents textes drôles, engagés, touchants, bien documentés,… de Stéphane Plante, Mario Bélanger, Olivier Bruel, Mathieu Bouillon, Jules Falardeau, Manuel Foglia, Ghislain Taschereau et Fred Dubé. Cabaret Voici le texte que j’ai écrit (et lu) pour l’occasion:

>Je ne voulais pas me tromper dans l’exercice auquel on m’a demandé de me livrer. Je suis donc allé vérifié la définition du mot ÉLECTION dans un de ces dictionnaires accessibles en ligne. La définition n’est pas bien compliquée, mais elle en dit long, je vous épargne l’étymologie et les détails lexicaux.  

ÉLECTION un choix quon exprime.

Le choix n’est pas facile. À gauche, à droite, ici et là,… Trop de choix ? Peut-être ? Alors, comment faire le bon ? Toutes ces promesses de jours meilleurs. Tous ces projets. Toutes ces attentes. Peser le pour, peser le contre. Essayer d’imaginer de quoi sera fait demain. Délier le vrai du faux. Tenter de comprendre, appréhender, prétendre. Et après ?

La décision sera irrévocable. Une fois prise, il ne sera plus possible de reculer. En tout cas pas tout de suite. En tout cas pas trop vite. Une fois choisi, on ne pourra pas changer d’avis. Ça ne se fait pas de changer d’avis. Et quand ça se fait, ça ne se fait pas sans mal, sans cris, sans casseroles, sans chemises qu’on déchire. Changer d’avis, virer, flusher, renvoyer, ça ne se fait jamais sans manifestation ni révolution.

ÉLECTION : un choix quon exprime.

Si je choisis, ce n’est pas pour les cris bien sûr. Pas pour le mal ou les casseroles qui volent. C’est pour le mieux. Pour l’avenir. Pour la vie. Ma vie. Nos vies. Pour des lendemains qui chantent. Pour de nouveaux horizons. Pour de nouvelles perspectives. Pour que les rêves deviennent réalité. Pour que le quotidien ne soit plus banal et que le futur soit plus présent.

Mais est-ce que je sais vraiment si mon choix est la meilleure décision ? Est-ce que je peux me tromper ? Est-ce que je ne vais pas me faire avoir ? Est-ce que je ne me suis pas déjà fait avoir ? Une fois ? Deux fois ? Plein de fois… On se fait tous avoir un jour ou l’autre. Les mensonges, les promesses non tenues, les espoirs déçus. Ça existe. Ça existe de plus en plus. Il ne faut pas croire tout ce qu’on nous montre à la télé. C’est du cinéma, du grand art, de la comédie, de la mise en scène. La réalité est beaucoup plus terre à terre.

ÉLECTION : un choix quon exprime.

Pourtant je me laisse encore séduire. J’écoute les paroles, paroles, paroles. J’écoute même les silences. Je me laisse bercer d’illusions. Je veux croire que les nuages qu’on pellette amènent toujours au septième ciel. Je crois encore. Je suis convaincu. Et puis j’hésite. J’hésite. J’hésite encore. Indécis parmi les indécis.

Je croyais pourtant être sûr de moi, sur le point de faire le choix pour de bon. Si je m’abstiens, je n’aurai ni mal ni bien. Si je ne fais pas entendre ma voix, si je me tais, si je ne dis rien, je n’aurais pas de regrets. En tout cas pas celui de m’être trompé ou de m’être fait tromper. Peut-être le regret de ne pas avoir essayé.

ÉLECTION : un choix quon exprime.  

Et pourquoi pas faire un autre choix ? Changer de voie ? Changer de programme ? Plus de ceci ou de cela ? Plus de stabilité ? Plus de sécurité ? Moins de peur ? Plus de cœur ? Plus d’expérience ? Moins de dépenses ?

Quand on a le choix, on a l’embarras.

Choisir, ça peut tout changer. Mais qu’est-ce que ça peut changer ? On ne le saura jamais. Un choix qu’on fait, c’est un choix qu’on ne fait pas. La prochaine fois, il faudra en faire un autre. Pour faire changement. Si c’est le changement qu’on veut.

Mais pourquoi vouloir toujours tout changer ?

Des questions encore. Jusqu’au dernier moment. Jusqu’à la fin. Jusqu’à la mort. Ai-je fait le bon choix? Parmi ceux qui existent et même ceux qui n’existent pas encore. Demain, je peux reculer, et puis je peux aussi ne rien dire, ne plus jamais rien décider. Laisser les choix en plan. Laisser les autres décider à ma place. Laisser mon sort dans d’autres mains. Attendre que le destin vienne et fasse le reste.

Entre nous, il y a un bon bout de temps que j’ai voté. J’ai pris mon courage à deux mains et j’ai fait une croix sur mon passé pour mettre une voie sur mon avenir. Plus que celle de demain, l’élection dont je vous parle a changé ma vie. Et celle que j’ai plébiscitée n’a pas eu besoin de longs discours pour devenir l’élue de mon cœur.

La prochaine fois, je voterai encore pour toi, Hélène.

Un choix quon exprime. <

En passant, merci Olivier Bruel pour l’invitation.

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Photo Mario Bélanger

A propos Pascal Henrard

Associé, créateur de contenu, Esprit de Marque. Auteur (Hurtubise, Isatis, Phoenix). Chroniqueur (Huffington Post, Urbania), scénariste (Télé-Québec, Radio-Canada), concepteur-rédacteur
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