Ne sommes-nous pas en train de nous noyer dans un verre d’eau?

n-PUBLICITE-SEXISTE-SAQ-large570Au moindre petit coup de vent, une tempête de gens outrés qui montent aux barricades secoue les médias sociaux qui débordent dans les médias traditionnels qui font perdre le Nord et le bon sens à notre société en perdition.

Une pub amusante et rafraîchissante de la SAQ annonçant (enfin) l’arrivée du printemps a créé depuis jeudi un mini-tsunami. Elle montrait une personne qui, en entrouvrant sa veste sur un t-shirt montant pudiquement jusqu’au cou, laissait paraître dans la courbure de la fermeture éclair la silhouette d’un verre à vin. On ne pouvait même pas deviner si la personne était une femme ou un homme tant ses formes sous le t-shirt étaient inexistantes.

Les puritains outrés y ont vu une image «sexiste» voire «pornographique». Même la nouvelle députée de Québec solidaire à peine assermentée, Manon Massé, y est allée de son message moralisateur en interpellant le premier ministre pour qu’il fasse interdire cette affiche «choquante». Comme si c’était la seule «vraie affaire» qu’il fallait régler tout de suite.

La SAQ a obtempéré manu militari.

Ils sont de plus en plus fréquents les cas de censures immédiates ou de jugement sans pardon parce qu’une poignée de gens outrés s’expriment à outrance.

Qu’est-ce que ça dit sur notre société?

Qu’elle ne prend plus le temps de réfléchir? Certainement. Qu’elle attend la moindre occasion pour grimper aux rideaux et s’offusquer pour une virgule? C’est clair. Que, dépassée par les enjeux internationaux (Syrie, Congo, Centre-Afrique, Ukraine,…), elle préfère s’attarder à l’hyperlocal et monte en épingle des broutilles pour se donner de l’importance? Sans doute. Et quand on analyse la sortie démesurée de la nouvelle députée de Québec solidaire Manon Massé, on ne peut que le déplorer.

Aujourd’hui, on censure une affiche anodine qui annonce l’ouverture des terrasses, le retour des beaux jours et la montée de la température. Demain, interdira-t-on les mini-jupes? Demandera-t-on de fermer le dernier bouton du chemisier? Fermera-t-on les SAQ parce qu’elles pourraient inciter aux rencontres sociales, aux soupers en amoureux ou, pire, aux étreintes torrides?

Texte publié dans le Huffington Post

A propos Pascal Henrard

Associé, créateur de contenu, Esprit de Marque. Auteur (Hurtubise, Isatis, Phoenix). Chroniqueur (Huffington Post, Urbania), scénariste (Télé-Québec, Radio-Canada), concepteur-rédacteur
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