On ne prend pas toujours un train

Depuis le décès de Mathilde Blais sous le viaduc St-Denis/Des Carrières, la voie ferrée du Canadien Pacifique qui sépare Rosemont du Plateau Mont-Royal fait plus que jamais peur aux Montréalais.

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L’immense terrain privé, qui appartient à la compagnie albertaine de chemin de fer, coupe la ville en deux et impose à la population ses manières de circuler.

Ils sont des milliers, voire des dizaines de milliers de citoyens à devoir faire chaque jour un détour et à s’engouffrer dans les six tunnels dangereux qui ont été construits à une autre époque sous la voie ferrée fréquentée par les wagons du CP. À pieds, en vélo, en auto, en taxi, en autobus, ces souterrains sont les seuls liens possibles pour les habitants qui veulent aller du Nord au Sud et inversement.

On l’oublie, mais le CP contrôle cette balafre qui sépare, tel le mur de Berlin, deux quartiers parmi les plus densément peuplés de Montréal. S’il vous prend l’audace de vouloir traverser la voie, la milice du CP vous fera payer une amende de 146 $. Et n’essayez pas de lui demander d’aménager des passages à niveau ou de planter des fleurs.

Ça fait des années que les résidents réclament des aménagements. Il semblerait que cette année le CP soit enfin prêt à les écouter. En espérant qu’il ne reporte pas la rencontre comme il l’a déjà fait plusieurs fois.

La mort de Mathilde Blais qui n’avait pas d’autres choix que de s’engouffrer dans le tunnel pour aller à son travail – je vous rappelle qu’il était interdit de rouler sur le trottoir, règlement assoupli depuis par les arrondissements – n’aura peut-être pas été vaine. Elle ouvrira peut-être la porte du CP et le cœur de ses dirigeants.

La population a besoin de franchir les voies ferrées pour aller au boulot, à l’école, à l’épicerie ou chez des amis. Il faut lui simplifier la vie et favoriser ses déplacements de manière sécuritaire. Les ponts et les viaducs coûtent cher aux contribuables et ne sont pas adaptés aux personnes âgées, aux parents avec des jeunes enfants, aux handicapés, aux cyclistes.

Avec les 49 millions $ que Hunter Harisson, son patron, a encaissés en 2012, et des revenus trimestriels de 1,5 milliard $, n’est-ce pas au Canadien Pacifique de faire maintenant ses devoirs de bon citoyen et de mettre une petite portion de ses immenses profits au service de la sécurité et de la collectivité?

Texte publié dans le Huffington Post

A propos Pascal Henrard

Associé, créateur de contenu, Esprit de Marque. Auteur (Hurtubise, Isatis, Phoenix). Chroniqueur (Huffington Post, Urbania), scénariste (Télé-Québec, Radio-Canada), concepteur-rédacteur
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