Tu feras ce que tu veux mon fils

HommeC’est la rentrée, le retour à l’école, le temps où les petites frimousses retrouvent leurs amis, leurs profs, leur routine, leurs devoirs. L’époque où les papas et les mamans s’activent à inscrire leurs rejetons dans milles activités parascolaires aussi créatives qu’éducatives. Les parents d’aujourd’hui aiment laisser leurs enfants faire et devenir ce qu’ils veulent. C’est pour ça que notre société a tant de comiques et si peu d’infirmières, tant de vedettes et si peu de philosophes, tant d’artistes et si peu de plombiers.

Autrefois (vous savez, cette époque révolue où l’on mourrait à 50 ans et l’on n’avait pas le droit de manger de tartare le vendredi) autrefois, disais-je donc avant de devoir expliquer pourquoi il faut de temps en temps connaître le passé pour prédire l’avenir, il était de bon ton d’avoir un médecin dans la famille. C’est peut-être de là que vient l’expression «médecin de famille». Et ceci explique peut-être aussi qu’il y en ait si peu aujourd’hui.

À cette époque, les bonnes familles, je parle de celles qui savaient faire des enfants en grand nombre pour renforcer les bases de la société et cultiver les forces vives de la nation, engendraient aussi un militaire, pour défendre le pays, un notaire, pour régler les différents entre les gens, un bricoleur pour les petites réparations, un professeur, pour enseigner aux générations futures, parfois même, dans les meilleures d’entre elles, elles produisaient aussi un curé pour le salut des âmes et le profit de l’Église ou un politicien pour avoir une rue à son nom. Notez que si tous ces métiers sont au masculin, c’est que c’était l’usage grammatical qui prévalait en ce temps-là et, qu’à l’époque, le seul métier pratiqué par les femmes, à part nonne, c’était celui de mère de famille.

On fait moins d’enfants qu’avant. On vieillit plus longtemps aussi. La société change. On travaille moins, on gagne plus (avant de grimper aux rideaux pour dire que c’est faux, demandez à votre arrière-grand-père, s’il vit encore, combien il gagnait et combien d’heures il travaillait par semaine). On part plus souvent en voyage, on mange mieux, on a plus de choix à la SAQ, les jeunes font plus d’études, on a plus de chaînes de tivi dans notre poste et beaucoup beaucoup plus de n’importe quoi sur internet, on a de plus grandes maisons avec moins de monde dedans, on a des voitures plus puissantes et plus grosses, on lit plus (ça c’est quand il y a des livres dans les écoles), on a internet haute-vitesse illimité,…

Tant mieux. C’est le progrès.

De nos jours, on a plus de choix. Mais ces choix sont influencés par la pression qu’exercent les médias sur la masse.

Aujourd’hui, mon fils, tu seras comédien, humoriste, joueur de hockey ou douchebag dans une télé-réalité. Parce ce que se sont les seuls modèles qu’on te montre.

Texte publié dans le Huffington Post.

A propos Pascal Henrard

Associé, créateur de contenu, Esprit de Marque. Auteur (Hurtubise, Isatis, Phoenix). Chroniqueur (Huffington Post, Urbania), scénariste (Télé-Québec, Radio-Canada), concepteur-rédacteur
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