Arrêter le temps

imagesSe rappeler du 11 septembre 2001. Se rappeler qu’on devait changer. Changer de rythme. Changer de tempo. Arrêter le temps, le temps de reprendre le temps. Ne pas se laisser emporter par la rentrée de toutes les rentrées, scolaire, culturelle, télévisuelle, politique, sportive,… Trouver la première sortie et échapper tout de suite à l’inéluctable.

Changer de point de vue pour changer de point de vie.

En finir avec l’injustice indissociable de l’égoïsme. En finir avec l’arrogance des puissants qui sont des impuissants émotifs et des incompétents affectifs. En finir avec ces moliticiens, mélange de mollesse clientéliste et de politicaillerie profiteuse. En finir avec les chialeurs chroniques, les commentateurs qui radotent et les exégètes sans arguments.

Se rappeler du 11 septembre comme d’un moment où le soleil était plus fort que la poussière, où derrière la violence aveugle surgissait la lumière, où tout à coup la somme des individualistes devenait pure générosité désintéressée, par nécessité mais aussi par élan inconscient d’altruisme bien ordonné. Se souvenir du 11 septembre qui devait changer le monde, nous ouvrir les yeux, rapprocher les gens, questionner notre mode de vie, bouleverser nos habitudes surconsommatrices. Oublier l’ultra sécurité de l’état, le gouvernement Harper fort comme une bande de soudards en campagne, les barrières qui freinent les élans, les idées pauvres et les discours plombés de la droite passéiste et triste. Ne pas se laisser abattre par le cancer des habitudes et continuer le combat inlassablement.

Aimer, même trop même mal*.

Voir dans le geste d’un peintre la vie qui prend son envol. Découvrir la magie d’un matin dans le soleil éblouissant et oublier la laideur du quotidien. Retrouver le goût de l’insouciance qui nous faisait courir quand nous étions gamins pour le plaisir simple d’aller jusqu’au bout de notre souffle, sans casque, sans jambières, sans horaire. Entendre dans une note de violon toutes les promesses du monde. Sourire à la vie comme à une inconnue, pour le bonheur de les voir toutes les deux nous sourire aussi.

Se rappeler que la rentrée, ce ne devrait jamais être une course contre la montre pour arriver le premier à Noël, mais plutôt une longue marche émerveillée, un lent recueillement, un pas après l’autre, pour profiter de chaque minute, pour apprendre de chaque seconde. Parce que ce n’est jamais le but qui compte. C’est le chemin.

Tenter, sans force et sans armure, d’atteindre l’inaccessible étoile*

Arrêter le temps. Un 11 septembre. Comme il y a 13 ans. Et ne pas oublier de se rappeler qu’au dernier jour, quand on n’aura plus le temps, il sera trop tard pour le reprendre.

* Comme chantait Jacques Brel

Texte publié dans le Huffington Post

A propos Pascal Henrard

Associé, créateur de contenu, Esprit de Marque. Auteur (Hurtubise, Isatis, Phoenix). Chroniqueur (Huffington Post, Urbania), scénariste (Télé-Québec, Radio-Canada), concepteur-rédacteur
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