Une p’tite vite?

TempsOn ne me fouettera jamais pour avoir écrit ce texte. Raif Badawi, lui, a été condamné à 1000 coups de fouet et 10 ans prison pour avoir blogué.

Tout va de plus en plus vite. Trop vite. Le temps au lieu de s’étendre tranquillement tend à s’accélérer inexorablement. La machine qui devait nous libérer du temps nous encombre de contretemps.

Le temps nous manque par les temps qui courent.

Ça fait longtemps qu’on ne recherche plus le temps perdu. On n’a plus le temps. Avant, nous attendions les lettres par la poste, nous prenions le temps avant de les recevoir, parce que nous avions tout le temps le temps. Ça s’appelait vivre. Une fois par jour, on ouvrait son courrier. Le reste, on avait le temps de penser. Aujourd’hui, la vie s’emballe. Mille fois par jour, on ouvre son courriel. On appelle ça courir, être dans le jus, avoir un emploi du temps (vous ne trouvez pas que ces deux mots ne vont pas ensemble?) chargé…

Les messages aussitôt envoyés attendent des replays illico. Mais même les mails sont dépassés. Twitter a pris le pas. 140 caractères maximums pour exprimer l’ensemble de ses pensées. SMS sur le champ. Clavardage à fond de train. On se Facebooke et on déjeune. Awèye, répond à mon appel. Pas de pitié pour les temps morts. Il faut battre le fer tant qu’il est chaud et tuer le temps tant qu’il est vivant. C’est le sacrifice des temps modernes.

Une phrase-choc, mais surtout courte, une intervention laconique, un flash, une brève, un instantané, trêve de bavardages, on ne badine pas avec le temps, dans les médias c’est le règne du « clip » et puis tu cliques.

Vite, vite, vite. Faut que tout aille vite. Plus vite. Penser vite, comprendre vite, agir vite. On effleure plus souvent qu’on approfondit. Et vous savez, comme Jacques Brel, que les fleurs, c’est périssable. On survole plus facilement qu’on étudie. Et vous savez comme moi que le vol est un délit. Bref, c’est le cas de le dire, on vit trop vite notre petite vie.

À force de se précipiter, on va finir par arriver en avance à l’heure de notre mort.

Texte publié dans le Huffington Post.

A propos Pascal Henrard

Associé, créateur de contenu, Esprit de Marque. Auteur (Hurtubise, Isatis, Phoenix). Chroniqueur (Huffington Post, Urbania), scénariste (Télé-Québec, Radio-Canada), concepteur-rédacteur
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