Patrick Watson comme à la maison

IMG_20150427_224825085Patrick Watson entame une tournée internationale. Je me suis précipité sur le calendrier pour savoir quand j’allais pouvoir le voir. Je savais qu’il serait à Osheaga cet été, mais c’est loin l’été et c’est grand Osheaga. J’avais envie de le voir plus intime, plus proche, plus vite. J’avais vu qu’on annonçait des concerts à Paris, à Londres, à Bruxelles. C’était peut-être un peu fou d’aller si loin pour voir un chanteur qu’on peut croiser sur le boulevard St-Laurent. Je me suis donc rabattu sur une date à Boston, un week-end. Six heures de route à peine. Patrick Watson à Boston… ça rime et en plus ça fera un beau voyage avec ma fille.

Et puis, contre toute attente, Patrick Watson a annoncé deux concerts surprise à Montréal au Théâtre Fairmount, l’ancien Cabaret du Mile-End, autant dire quasiment à la maison. Les billets ont disparu le temps que mon ordinateur gèle et redémarre. Le robot avait des ratés. Heureusement, j’ai plus d’un tour dans mon sac et plus d’un ami dans mon calepin.

Me voilà dans la mythique salle du Mile-End bondée à quelques mètres à peine de Watson et de ses musiciens.

D’habitude la tournée suit le lancement d’un disque. Ici, c’est le contraire. Avec Patrick Watson, il ne faut jamais s’attendre à ce que les choses soient ordinaires. On a déjà eu quelques extraits du futur album – j’ai failli écrire CD, mais plus personne ne dit CD, sauf… Patrick Watson. Quand je vous disais qu’il ne fait rien comme tout le monde.

Sur scène, un décor de bulles lumineuses qui s’emplissent de fumées opaques, des lasers chirurgicaux qui découpent l’air à coups de lumières, des froufrous à plumes accrochées ici et là. Une jolie mise en scène burlesco-robotique signée par la brillante Brigitte Poupart.

Manifestement content de chanter à la maison, Watson commence par Love songs for robots, le premier extrait éponyme de son futur album. D’emblée on reconnaît la voix qu’on aime, les envolées lyriques, les murmures, les rires étouffés, les notes tenues jusqu’au bout du souffle. Il égraine ensuite pendant deux heures les nouveautés parsemées de quelques morceaux bien connus.

On ne vibre pas pour de nouvelles chansons en concert comme on est habité par des refrains qu’on connaît par cœur. Le public apprivoise. Pas de grandes surprises, mais des mélodies envoûtantes, des harmonies obsédantes et des morceaux qui ne finissent jamais vraiment. Du vrai Patrick Watson accompagné par ses musiciens qui le suivent dans tous ses délires sans jamais perdre le fil.

Comment peut-il être à la fois si profond et si aérien ? Comment fait-il pour être si intérieur et pourtant si spontané? Comment fait-il pour retrouver la note alors qu’il a décroché pour nous souffler une blague deux octaves plus bas?

Patrick Watson est à l’image de la Montréal du XXIe siècle, en nuance, complexe, bilingue, aux influences multiples, techno-branchée mais terriblement humaine, proche des gens, portée sur les bonheurs simples. D’ailleurs, sur scène, Watson dit, en souriant à pleines dents : « Si on fait de la si bonne musique à Montréal c’est parce que les gens se sourient. »

C’est un sourire rêveur qu’il m’a laissé quand je suis me suis retrouvé sur l’avenue du Parc. Un sourire que je retrouverai bien vite à Boston alors que j’aurais, je l’espère, eu le temps de m’imprégner de l’album – j’allais dire le CD.

 

Texte publié dans le HuffingtonPost.

A propos Pascal Henrard

Associé, créateur de contenu, Esprit de Marque. Auteur (Hurtubise, Isatis, Phoenix). Chroniqueur (Huffington Post, Urbania), scénariste (Télé-Québec, Radio-Canada), concepteur-rédacteur
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