Le responsable des pancartes

Déambuler sur nos routes est devenu un exercice plus périlleux que choisir un premier ministre pour le Canada. Il n’y a pas une autoroute, une route, une rue ou une ruelle de la Belle Province qui ne soit parsemée de cônes oranges, de pancartes sauvages, de barrières bancales ou de flèches empoisonnées nous signalant un détournement, bientôt, à gauche, première à droite, par ici, non, par là, on ne sait pas trop où, c’est pas clair, pour ne pas dire qu’on n’y comprend rien…

Tant mieux, me direz-vous. Si ça s’active sur nos routes, ça donne des jobs à des travailleurs et il y a des entrepreneurs entreprenants qui pourront agrandir leur piscine creusée ou acheter un nouveau yacht.

Mais dans ce simulacre d’activité économique où le laborieux ouvrier est plus souvent en train de lire le Journal de Montréal dans la cabine de son camion avec le moteur qui tourne à l’arrêt que de refaire l’asphalte, la signalisation est tellement chaotique qu’un politicien pourtant habitué à louvoyer n’arriverait même pas à retrouver le chemin de son prochain souper bénéfice.

Les constructions sur nos routes, en plus de coûter bien plus cher que prévu, en plus de profiter à des contracteurs plus souvent véreux qu’efficaces, à des fonctionnaires niais et à des politiciens pas très nets, en plus d’être bruyantes, salissantes, polluantes et, surtout, trop souvent sans aucune vision d’avenir, en plus donc de tous ces inconvénients qui ne sont pas le gage d’un travail bien fait, ces constructions commandées par nos chers, c’est le cas de le dire, gouvernants sont gérées comme des boui-bouis albanais ou des bordels thaïlandais.

Avez-vous remarqué comme on ne comprend rien à la signalisation? Comme les pancartes ne veulent rien dire et sont placées n’importe comment? Comme les cônes déposés au hasard ne vous indiquent ni où aller, ni où ne pas aller, ni comment y aller, ni quand s’arrêter ou pas? Comme les panneaux prévenant l’arrivée imminente de travaux n’annoncent aucuns travaux? Comme les routes barrées ne le sont qu’une fois que vous vous cognez le nez sur une palissade?

Récemment, une famille à été décimée sur l’autoroute 10. Elle s’est encastrée dans un camion citerne. On ne connaît pas encore les causes exactes. Mais « L’accident est survenu à 1 km d’un important chantier de construction. À proximité de ce même chantier, un carambolage impliquant six véhicules et un camion semi-remorque avait fait deux morts et trois blessés l’été dernier. »

Se pourrait-il que la signalisation n’ait pas été faite adéquatement?

Il serait tellement plus simple, civique et, surtout, prudent que le responsable des pancartes fasse sa job.

Mais quand on voit ce qui se passe au sommet de l’industrie de la construction, on comprend que sa base n’ait pas envie de bien faire son travail.
Mise à jour d’un texte publié dans le Huffington Post en 2012.

A propos Pascal Henrard

Associé, créateur de contenu, Esprit de Marque. Auteur (Hurtubise, Isatis, Phoenix). Chroniqueur (Huffington Post, Urbania), scénariste (Télé-Québec, Radio-Canada), concepteur-rédacteur
Cet article, publié dans Huffington Post, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s