Le Mile-End est-il une marque?

 

MileEndBerceau du son de Montréal, quartier emblématique chargé d’histoire, secteur prisé des artistes et d’une faune éclectique, le Mile End est depuis quelques années au centre de toutes les attentions. Capitale des Hipster pour certains, centre foisonnant de créativité pour d’autres, terreau d’investissement pour les plus calculateurs, champs d’inspiration pour les artisans du possible, le Mile End profitera désormais d’un montant de 76 500$ afin d’appuyer la création d’une nouvelle association commerciale dans le Mile End. On parle d’un plan d’action économique mais aussi d’un branding particulier au quartier. Cela veut-il dire que le Mile End va devenir une marque?

Le Mile End a certainement besoin que toutes les forces en présence se concertent et se concentrent pour qu’il continue de se développer et qu’il puisse accueillir encore longtemps une mosaïque de résidants, de travailleurs et de visiteurs. Mais a-t-il besoin d’une image de marque? Ce haut lieu de la créativité montréalaise et de la culture émergente tire son succès de son anticonformisme, de son cosmopolisme chaotique, de ses coups de cœur en marge de l’institutionnalisation de la culture. Sous les projecteurs, le Mile End ne serait pas ce qu’il est.

Si l’idée d’une image de marque est intéressante, il faut qu’elle soit conçue avec lucidité et finesse en tenant compte du riche passé de ce quartier qui a vu passer tant d’artistes, de Mordecai Richler à Arcade Fire en passant par Ariane Moffat, Pierre Flynn ou Patsy Van Roost, tant d’entreprises dynamiques, de Ubisoft à Framestore en passant par la Cavalerie ou Frank&Oak, et tant de commerces florissants, de Latina à Kem Coba en passant par les Bagels (St-Viateur et Fairmount), la boulangerie Guillaume, la boucherie Vito ou Olimpico.

Ce qui attire les foules fait augmenter les loyers des commerces et les taxes des résidants. Ça refroidit les artistes émergents et les start-ups de l’ombre.

La nouvelle association aura comme objectif de continuer à faire vibrer ses artères, du Parc, Saint-Laurent, Saint-Viateur, Bernard, Fairmount, qui alimentent son cœur. Elle devra aussi se préoccuper de la mixité commerciale afin que les franchises comme celles qui pullulent dans nos banlieues ne prennent pas la place des petits commerces. Et elle devra enfin faire attention à conserver l’esprit qui fait la marque de ce quartier dans lequel je réside depuis que je suis arrivé à Montréal le 4 janvier 1988, un soir de tempête de neige.

Selon le communiqué publié aujourd’hui, «le Fonds de dynamisation des artères commerciales, aussi appelé Fonds des parcomètres, a été créé en 2011 à la demande des élus du Plateau-Mont-Royal afin de redistribuer une partie des recettes des parcomètres aux commerçants». De là à dire que les voitures stationnées font rouler l’économie de nos quartiers, il n’y a qu’un pas que le rédacteur en marche que je suis n’hésitera pas à franchir.

Photo Clovis Henrard

A propos Pascal Henrard

Associé, créateur de contenu, Esprit de Marque. Auteur (Hurtubise, Isatis, Phoenix). Chroniqueur (Huffington Post, Urbania), scénariste (Télé-Québec, Radio-Canada), concepteur-rédacteur
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