Le drame de la circulation

TrottoirIl y a quelque chose d’épatant à écouter la radio le matin. C’est la catastrophe sur les routes. Le chaos. Le désastre. Les ponts sont bloqués. Les autoroutes congestionnées. Les forces vives de la nation sont immobilisées dans leurs autos. Pendant ce temps, Le Journal de Montréal accuse un paisible quartier de Montréal d’empêcher les automobilistes de rouler comme bon leur semble.

Qu’on roule à 20 ou 30 km/h en ville, c’est normal. C’est d’ailleurs trois à quatre fois plus rapide que dans les grandes villes congestionnées d’Europe, où les gens passent parfois plus de temps dans leur voiture qu’à leur travail. La ville n’est pas une piste de course. Il est normal que les déplacements soient moins rapides que sur les grands boulevards de banlieue. De toute façon, tout est plus proche.

Ce qui n’est pas normal, c’est que des autoroutes de deux, trois, parfois même quatre voies, se transforment en gigantesques stationnements. Que s’est-il passé pour que la fluidité de notre société ait autant de ratés? Quand les autos roulent au ralenti, c’est l’économie qui ne va pas loin.

Les autorités ont tout fait pour favoriser l’étalement urbain, pour encourager les gens à avoir une auto par personne. Plus de gens qui viennent de plus loin, dans plus d’autos… il ne faut pas s’étonner que ça bloque quelque part.

Certains rêvent encore de dégager les rues et les ruelles de la ville pour en faire des voies rapides afin que la circulation circule et que les gens puissent aller encore plus vite de A à B sans passer par C.

Heureusement, de plus en plus de gens commencent à penser qu’il y a des alternatives à la société du «tout à l’auto». On voit des personnes qui partagent leur propre auto ou qui s’abonnent à des entreprises d’autopartage, d’autres qui prennent les transports alternatifs et, quand il le faut, louent un véhicule.

Désormais, ce n’est plus quatre autos par famille qu’il faut souhaiter, mais une auto pour quatre familles. De toute manière, quand on compte, les autos sont plus souvent immobilisées qu’en train de rouler.

Il faut s’attaquer au problème gigantesque de circulation qui risque de nous paralyser comme il paralyse déjà Paris, Londres ou Bruxelles. Il faut avoir un plan de transport à l’échelle nationale. Il faut que les ponts de Montréal ne soient plus le déversoir de centaines de milliers de voitures de personnes seules. Il faut que l’auto ne soit qu’un moyen de transport parmi d’autres et qu’on arrête de la mettre sur un piédestal. Il faut multiplier les alternatives, sécuriser les cyclistes et les piétons, augmenter la capacité du transport en commun…

Les solutions existent. Elles sont nombreuses. Il faut qu’elles circulent! Et il faut que les médias en parlent pour que les mentalités changent.

Pourtant Le Journal de Montréal préfère s’attaquer au maire du Plateau Mont-Royal.

 

Texte publié dans le Huffington Post.

A propos Pascal Henrard

Associé, créateur de contenu, Esprit de Marque. Auteur (Hurtubise, Isatis, Phoenix). Chroniqueur (Huffington Post, Urbania), scénariste (Télé-Québec, Radio-Canada), concepteur-rédacteur
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