La vie, l’amour, la mort au bout des doigts

imageCold Blood n’est pas seulement un spectacle de nanodanse comme l’annoncent les communiqués et le programme de l’Usine C. C’est une expérience totale dans laquelle nous sommes plongés les yeux grand ouverts dans un décor de jeux d’enfant filmé en HD et projeté sur écran géant. Comme dans un rêve.
La chorégraphe Michèle Anne De Mey, le cinéaste Jaco Van Dormael et l’auteur Thomas Gunzig nous prennent par la main et nous entraînent dans notre mort à répétition. Quelle est la dernière image qui nous marque au moment où l’on passe de vie à trépas? Que nous reste-t-il de cet instant? Quel goût, quel parfum, quelle caresse du vent, quel éclat de rire, quelle sensation, quel coup de cœur, quelle tendresse?
Jaco Van Dormael allume les tableaux les uns après les autres. Un ballet de caméramans, de danseurs, d’accessoiristes met en place chaque scène microcosmique où les mains sont les personnages et le texte de Thomas Gunzig nous guide dans l’histoire de notre fin.
C’est de la danse des doigts, des mains, du geste, c’est du cinéma en direct, du théâtre des objets, c’est de la chorégraphie de coulisses et une prouesse technique.
Parsemé de références cinématographiques, Cold Blood est tendre et merveilleux, sensible et fabuleux.
JulienLambert-®À l’envers du décor, le spectateur voit les fascinantes ficelles d’une mise en scène hors du commun. Une maquette de Boeing dans un nuage de fumée s’écrase dans une forêt de branchages. Les étoiles sont des couches de verres parsemées d’éclats de lumière. Le feu, c’est de l’eau et des reflets d’éclairage. Les claquettes sont des dés à coudre. La route sur laquelle une auto file est un rouleau de tissu qui défile. Une lampe de poche déclenche les éclairs d’un orage. Une main entortillée autour d’un tuyau de métal se prend pour une danseuse à 10 euros.
Le spectateur emporté par la poésie des mots simples de Gunzig est enchanté par l’inventivité des décors et la naïveté des mises en scène.
L’infiniment petit est immensément grand.
Cold Blood est présenté à l’Usine C jusqu’à dimanche. S’il reste une seule place, précipitez-vous dessus!

A propos Pascal Henrard

Associé, créateur de contenu, Esprit de Marque. Auteur (Hurtubise, Isatis, Phoenix). Chroniqueur (Huffington Post, Urbania), scénariste (Télé-Québec, Radio-Canada), concepteur-rédacteur
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